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Gabon : 16 ans après sa mort, Omar Bongo toujours au cœur de la vie politique du PDG

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Le 8 juin 2025, au siège du Parti démocratique gabonais (PDG), situé au quartier Louis, les militants du plus ancien parti du pays se sont réunis pour rendre hommage à Omar Bongo Ondimba, président fondateur de la formation politique, disparu le 8 juin 2009.

Placée sous le thème « Recueillement et reconnaissance dans l’R dutemps », la cérémonie célébrant le 16e anniversaire de la mort d’Omar Bongo Ondimba, président-Fondateur du Parti démocratique gabonais (PDG) a été marquée par un profond esprit de fidélité et de mémoire envers l’homme qui a dirigé le Gabon pendant plus de quatre décennies. « Camarades, en ce jour du souvenir, nous n’allons pas pleurer, mais célébrer une œuvre éternelle. Car, c’est avec les lumières du passé que l’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir », a déclaré Angélique Ngoma, secrétaire générale du PDG. Un message profond, accueilli avec émotion et enthousiasme par les militants.

Pour cette commémoration, un documentaire sur le président Omar Bongo Ondimba a été diffusé, suivi de panels, au cours desquels plusieurs militants ont partagé des anecdotes vécues avec le défunt. Des moments de vraies émotions . « Le président fondateur est donc toujours avec nous. Et le PDG, sa création politique, est bel et bien vivant. Oui, camarades, le PDG est vivant et en reconstruction », a affirmé le président du PDG, Blaise Louembé.

Gabon : 16 ans après sa mort, Omar Bongo toujours au cœur de la vie politique du PDG

Cette cérémonie a été surtout l’occasion pour encourager et interpeller chacun à demeurer fidèle au parti, et même à inviter d’autres à le rejoindre. En effet, ces derniers mois, plusieurs démissions, parfois importantes, ont secoué la formation politique. Mais comme l’a rappelé Angélique Ngoma, « c’est à la manière dont nous arriverons à préserver cet héritage, malgré les difficultés du moment, que nous montrerons que nous sommes ses dignes successeurs. »

Albert Bernard Bongo, né en 1935 au Gabon, a dirigé le Gabon de 1967 jusqu’à sa mort en 2009, soit plus de 41 ans au pouvoir. Il fonde le Parti démocratique gabonais en 1968. Converti à l’islam en 1973, il devient Omar Bongo, puis ajoute Ondimba en 2003. Sous sa présidence, le Gabon passe d’un régime de parti unique à un système multipartite en 1990, tout en lui permettant de conserver le pouvoir grâce à la modification de la Constitution.

Son règne est marqué par une grande stabilité politique, mais aussi par des accusations de corruption. Il est le père d’Ali Bongo Ondimba, qui lui succède à la présidence de la République et du PDG en 2009. Malgré les critiques, Omar Bongo reste une figure majeure de l’histoire politique gabonaise et africaine.

C’est cet héritage politique et historique que les militants du PDG entendent préserver, quel qu’en soit le prix.

Gabon : Les jeunes maîtres du taekwondo très actifs à Okala

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Cris de kihap, gestes millimétrés et saluts de respect ont résonné dans la cour de l’école publique d’Okala, métamorphosée pour l’occasion en un véritable dojo à ciel ouvert dans la discipline de cet art martial. Le 07 juin dernier, ce quartier nord de Libreville a donc vibré au rythme, haut en intensité, d’un passage de grades, réunissant une vingtaine de jeunes pratiquants, âgés de 4 à 14 ans, pour la démonstration de l’étendue de leur évolution martiale.

Présidé par un jury composé de techniciens chevronnés et de maîtres gradés, à l’instar de Perol Obame, président  de la Commission  des athlètes et directeur  adjoint  de sports-études  au Comité national olympique gabonais, l’événement a confirmé le sérieux de l’encadrement et la rigueur exigée par les standards internationaux.

Sous le regard expert d’Amar Cissé, ceinture noire de taekwondo et international gabonais (vice-champion lors de la Coupe du président de l’Union africaine en Ethiopie en avril dernier), les enfants de son club (Big Man Okala) ont enchaîné avec la discipline « poomsae » (formes traditionnelles). À cela, se sont ajoutés des techniques de jambes avancées – dont de spectaculaires coups de pied retournés (bandae dollyo chagi) et assauts (kyorugi), images de combativité.

Une séquence interactive de questions-réponses a permis aux jeunes pratiquants de mettre en lumière leur compréhension du monde, du code moral du taekwondo, mais aussi des enjeux citoyens, traduisant un apprentissage au-delà du combat.

Gabon : Les jeunes maîtres du taekwondo très actifs à Okala

Une relève inspirée par les légendes

Pour nourrir l’ambition et insuffler la persévérance, le nom d’Anthony Obame, premier médaillé olympique du Gabon et figure tutélaire du taekwondo national, a été évoqué comme un modèle d’endurance, de travail et de réussite. À travers lui, les jeunes athlètes trouvent une source de motivation et une trajectoire vers l’excellence.

Le sport et l’éducation forment un binôme indissociable. C’est pour cette raison que les responsables techniques ont insisté sur un message fort : la pratique des arts martiaux ne doit en aucun cas éclipser les études. Au contraire, la discipline du tatami vient renforcer celle des bancs de l’école. Il s’agit, selon eux, de former des champions complets, aussi bien dans l’arène sportive que dans la vie académique.

Cap sur le Baby Champion 2025

En prélude à la 28e édition du tournoi Baby Champion, prévue les 21 et 22 juin prochains au Palais des sports de Libreville, une rencontre amicale s’est déroulée, le dimanche 8 juin, dans la même enceinte. Cette confrontation visait à jauger le niveau des deux équipes engagées, tout en renforçant leur esprit de cohésion avant le grand rendez-vous.

Placée sous le signe de l’excellence et de la transmission, l’édition 2025 du Baby Champion intégrera, pour la première fois, le projet JET (Jeunes et talents sportifs), une initiative ambitieuse portée par la Fondation Ma Bannière, de la Première dame Zita Oligui Nguema, avec le soutien institutionnel de la présidence de la République.

La génération montante du taekwondo gabonais semble plus que jamais prête à prendre la relève, sabrant l’avenir à coups de valeurs, de passion et de discipline.

Gabon : le mariage coutumier entre tradition et pression économique

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La saison sèche est arrivée, avec son lot de cérémonies ensoleillées, de festivités familiales et de mariages coutumiers à la gabonaise. Mais derrière le faste de ces événements, un malaise persiste : la question de la dot.

En Afrique, mariage traditionnel rime avec dot. Le 21 décembre 2024, l’Assemblée nationale gabonaise a adopté une loi encadrant le mariage coutumier et fixant la dot à 1,5 million  FCFA. Une somme importante dans un pays confronté à la vie chère et à un chômage élevé. Pourtant, la mesure officielle ne suffit pas à alléger les exigences familiales. Car, en plus de ce montant, des listes constitutives de la dot demeurent toujours plus longues et imposées : congélateurs, lits, cartons de poisson salé, électroménagers, tissus… Cette inflation matérielle transforme ce rite ancestral en une charge commerciale.

On peut alors se demander : quel est le sens d’un congélateur dans un mariage coutumier ? Dans les années 60, la dot se composait d’éléments simples mais symboliques : une enclume, des noix de cola, du sel. Des biens qui reflétaient des valeurs fondamentales : respect, travail, alliance entre familles.

Mais aujourd’hui, ces objets ont été remplacés par des exigences marchandes, souvent dénuées de toute signification culturelle.

Le sociologue camerounais Fred Eboko résume cette dérive dans un entretien accordé à Jeune Afrique : « La dot parle autant de richesse que de pauvreté et de paupérisation aujourd’hui. Le mariage est devenu l’occasion d’exhiber ce qui manque le plus au commun des Africains : l’argent. L’épouse, pour laquelle tout ce théâtre est conçu, n’est qu’un prétexte. »

Dans ce contexte, de nombreux jeunes renoncent au mariage. Faute de moyens pour satisfaire aux exigences coutumières, ils s’installent dans le concubinage, une union de fait sans reconnaissance légale.

La conséquence immédiate d’une dot trop élevée est la fragilisation ainsi que la stabilité juridique et culturelle des couples. Teeld Bascheidzé témoigne : « Il y a des hommes qui, à cause du montant exigé par la belle-famille et des listes exhaustives, renoncent au mariage.»

À l’inverse, certains pays ont choisi de réhabiliter la symbolique de la dot. Au Bénin, une réglementation, entrée en vigueur en mai 2025, plafonne la dot à 300 000 FCFA pour les jeunes filles et 80 000 FCFA pour les femmes remariées.

Finis les cadeaux luxueux, les banquets ostentatoires et les listes interminables. Objectif : alléger les charges, préserver la dignité et remettre le sens au cœur de l’union.

Peut-être que le Gabon gagnerait à s’inspirer de ces approches modestes. Repenser la dot, non comme une transaction commerciale, mais comme un acte de respect entre familles, pourrait favoriser l’accès au mariage, valoriser la femme et renouer avec les fondements culturels originels.

Aujourd’hui, se marier au Gabon n’est plus une question de volonté, mais de… capacité financière.

Tanzanie : le gouvernement bannit les devises étrangères au profit du shilling local

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Coup d’arrêt à la dollarisation informelle de l’économie tanzanienne. Le gouvernement de Dodoma a officiellement interdit, il y a quelques jours, toute utilisation des devises étrangères, notamment du dollar américain, dans les transactions commerciales sur le territoire national. Une décision aux répercussions notables, principalement dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et du commerce international.

Cette mesure découle des nouvelles réglementations sur les changes — the Foreign Exchange Regulations — récemment promulguées. Désormais, tous les prix des biens et services devront impérativement être libellés en shillings tanzaniens (TZS). Toute tentative de fixer, proposer ou régler un prix en devise étrangère est considérée comme une infraction à la législation monétaire, au même titre que le refus d’accepter le shilling local comme moyen de paiement.

Une souveraineté monétaire renforcée

À travers cette réforme, les autorités tanzaniennes souhaitent renforcer la souveraineté économique du pays et stabiliser sa monnaie nationale. L’usage informel de devises étrangères, en particulier du dollar, était devenu courant dans certaines régions, notamment dans les zones à forte affluence touristique ou dans les transactions impliquant des investisseurs étrangers.

Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de protéger le shilling contre la volatilité des marchés internationaux, de mieux contrôler les flux financiers, mais aussi de réduire la dépendance vis-à-vis des monnaies étrangères, souvent perçue comme un frein à la politique monétaire nationale.

Des conséquences pour les acteurs économiques et les voyageurs

Les entreprises opérant sur le sol tanzanien, notamment dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie de luxe, devront désormais abandonner toute tarification en dollars. Les clients étrangers, eux, devront acquitter leurs achats en shillings ou utiliser des moyens de paiement électroniques, cartes bancaires ou portefeuilles numériques, seuls dispositifs encore tolérés pour les transactions multidevises.

La Banque centrale de Tanzanie (BoT) a rappelé que les services de change autorisés demeurent en activité, permettant aux visiteurs d’échanger légalement leurs devises contre des shillings, conformément aux taux officiels.

Démolition des habitations à Plaine-Oréty : « Le procès sans appel de l’ordre ancien derrière la crise des déguerpis »

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Ainsi pense Jocelyn Louis Ngoma, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Gabon (FETRAG), qui analyse la situation des déguerpissements des habitants du site situé derrière l’Assemblée nationale. Interrogé par la rédaction de Gabonclic.info, le syndicaliste jugé sévèrement l’ancien régime, qui aurait favorisé les installations anarchiques. Mais aussi les « fonctionnaires véreux », qui auraient détourné les indemnisations versées par l’Etat. Et, enfin, les personnes qui ont vendu les terrains sachant que le site était déjà réservé pour des projets étatiques.

Gabonclic.info. Monsieur Ngoma, quel est, selon vous, le véritable enjeu derrière la crise née des déguerpis du site de Derrière-l’Assemblée nationale ?

Jocelyn Louis Ngoma : ce qui se passe là-bas dépasse largement un simple conflit foncier. C’est le procès sans appel de cinquante ans de mauvaise gouvernance, de corruption et d’injustice héritées de l’ordre ancien. Derrière chaque parcelle, chaque délogement, il y a une part sombre : des fonctionnaires véreux qui ont fabriqué de faux squatteurs pour détourner des indemnisations ; des héritiers cupides qui ont vendu illégalement des terrains, alors que leurs parents avaient pourtant été indemnisés et, parfois, relogés en échange du terrain qu’ils occupaient. Et, au milieu de cela, des victimes réelles, notamment les locataires et les acquéreurs de bonne foi, piégées par une jurisprudence foncière confuse et manipulée.

Vous évoquez aussi la présence d’étrangers dans ce conflit ?

Oui, c’est une vérité trop souvent tue. Certains ressortissants étrangers ont acquis illégalement des terrains, via ces héritiers cupides. Ces expatriés ne sont pas marginalisés. Bien au contraire, ils affichent un mépris manifeste envers les Gabonais, y compris les plus hautes autorités, jusqu’au président de la République lui-même. Cette arrogance est une des causes profondes des tensions sociales.

Quel rôle l’État a-t-il joué dans cette situation ?

L’État n’est pas exempt de responsabilité. La SEEG (Société d’energie et d’eau du Gabon, ndr), entreprise publique, a alimenté en électricité et en eau ces habitations illégales. Des chefs de quartiers, rémunérés par l’État, ont été désignés dans cet environnement. Cette tolérance officielle révèle des dysfonctionnements structurels et une complicité tacite. Nous sommes tous responsables. C’est ensemble, l’État comme les citoyens, que nous devons trouver la solution.

Que faut-il faire pour rompre avec ce passé et avancer dans le développement ?

Il faut une rupture véritable, pas seulement symbolique. La rupture promise le 30 août 2023 est aujourd’hui menacée par ce lourd héritage. Redistribuer les postes selon des logiques géopolitiques ne suffira pas à apaiser les tensions sociales, ni à assurer un développement durable. Il faut le dire clairement : on ne construit pas un pays avec les émotions. Nous avons besoin d’une prise de conscience collective, d’équité, de vérité, de justice, et du respect sincère des valeurs républicaines. Pour réussir, une campagne massive d’éducation populaire et de communication claire doit être menée, afin que les populations comprennent les enjeux et deviennent des actrices engagées de la transition.

Quelle est votre position pour des éventuelles sanctions ?

Des sanctions exemplaires doivent frapper tous ceux qui ont détourné les fonds publics, créé des squatters fictifs ou qui ont exploité les populations à des fins personnelles. Il ne peut y avoir de justice sans responsabilité. L’ordre ancien doit être jugé, ses acteurs condamnés, pour que le Gabon tourne enfin la page de la mauvaise gouvernance.

C’est le seul moyen pour restaurer la confiance, préserver la rupture politique de l’ordre ancien, et éviter que la Cinquième République ne soit polluée avant même d’avoir tenu ses promesses.

Interview réalisée par Darrelle Mamba

Digitalisation des services municipaux : Hermann Immongault échange avec les délégués spéciaux d’Akanda et d’Owendo

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Accompagnés de leurs collaborateurs respectifs, Jean-Claude Sipamio Berre et Andri Sandri Nombo ont, tour à tour, présenté au ministre de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation un état des lieux de leurs communes respectives ainsi que les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur gestion quotidienne.

Malgré certains défis, plusieurs initiatives majeures ont été lancées dans les communes d’Akanda et d’Owendo, notamment la signature d’une convention avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) pour la digitalisation des services municipaux, le raccordement des communes au Réseau de l’administration gabonaise (RAG) via la fibre optique, ainsi que le lancement d’un projet innovant de QR Code pour les taxis, en collaboration avec des opérateurs locaux. Ces actions s’inscrivent sous les orientations du chef de l’État, qui place la digitalisation des services de l’Etat au cœur de la politique de la Ve République, tout en renforçant la décentralisation. L’objectif étant d’améliorer la qualité des services publics au profit des citoyens.

Face à la tutelle, les délégués spéciaux ont dressé un état des lieux des activités de leurs communes respectives et exposé les principales difficultés rencontrées, notamment l’élaboration d’une feuille de route numérique minimale pour les communes, l’identification d’actions numériques à impact rapide en faveur des citoyens, l’encouragement à la mutualisation des ressources et compétences entre communes, la mobilisation des partenaires techniques et financiers pour accompagner cette transition et, enfin, le renforcement des capacités des ressources humaines impliquées.

Le ministère de l’Intérieur, via la direction générale des Collectivités locales, réaffirme ainsi son engagement à soutenir toutes les communes dans leur transformation numérique, en favorisant innovation, proximité et efficacité au service des populations.

Pour concrétiser ces efforts, Hermann Immongault effectuera une visite de terrain sous quinzaine, afin d’évaluer directement la situation dans les différentes mairies.

Ces projets numériques visent à faciliter la vie des citoyens en leur permettant d’effectuer leurs démarches administratives en ligne, rapidement et sans déplacement. La digitalisation améliore également la transparence et la communication avec les autorités locales. Par exemple, le QR Code pour les taxis renforcera la sécurité et la qualité du service. L’objectif est de rendre l’administration plus accessible, efficace et proche des habitants.

Rappelons que cette rencontre entre le ministre Hermann Immongault et les Délégués spéciaux d’Akanda et d’Owendo, mardi dernier, est la suite logique de celle du 2 juin 2025.

Journée mondiale de la liberté de presse Gabon : un seul Quotidien d’informations pour toute une nation

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Alors que le Gabon s’interroge sur l’avenir du journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle, une question obsédante plane : comment parler de liberté de la presse dans un pays qui ne compte qu’un seul quotidien depuis plus de soixante ans ?

C’est avec un regard tourné vers le futur que le Gabon a célébré, en différé, le vendredi 30 mai dernier, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le thème retenu cette année – l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur les pratiques médiatiques – a réuni à Libreville un panel riche et diversifié composé de journalistes, d’organisations des médias, de responsables du ministère de la Communication et des Médias, ainsi que d’experts du numérique.

Ouvrant la journée, le ministre Paul-Marie Gondjout a insisté sur « un usage maîtrisé de l’IA dans les médias », soulignant à quel point cette technologie pouvait bouleverser les équilibres du secteur. Magloire Christophe Blampain, expert en innovation, a illustré cette idée en mettant en lumière les potentialités de l’IA dans « l’automatisation de certains contenus, l’assistance à la vérification des faits, le traitement de grands volumes d’information. »

Si les gains en efficacité et en réactivité sont évidents, les intervenants ont aussi mis en garde contre les risques d’une désinformation accrue et de l’érosion du discernement humain. L’IA, selon eux, doit rester « un outil, pas un substitut ».

À l’issue de la journée, plusieurs recommandations concrètes ont été émises. Parmi elles : renforcer la formation des journalistes aux outils numériques, introduire des modules sur l’IA dans les cursus académiques, proposer des ateliers en rédaction et, surtout, élaborer un cadre éthique clair. Transparence sur les contenus générés par des algorithmes, valorisation des langues nationales, lutte contre les biais culturels : autant de défis à relever dans une approche responsable et adaptée au contexte gabonais.

L’intelligence artificielle, levier d’émancipation journalistique ?

En plaçant l’intelligence artificielle au centre des débats, le Gabon montre une volonté affirmée de ne pas rester passif face aux mutations du paysage médiatique mondial. Ce choix témoigne d’un certain courage : celui d’envisager l’avenir avec lucidité plutôt qu’avec peur.

Les avantages de l’IA dans le journalisme sont indéniables : traitement accéléré de l’information, veille automatisée, aide à la vérification des faits, lutte contre les fakenews… Mieux encore, elle peut ouvrir des perspectives inédites dans la couverture de sujets locaux, souvent négligés par manque de moyens. Si bien utilisée, l’IA peut renforcer la liberté de la presse en rendant les rédactions plus autonomes, plus rigoureuses, mieux équipées pour investiguer.

Mais cette avancée technique ne saurait masquer une autre réalité, bien plus inquiétante : celle d’un paysage médiatique désertique.

Un seul quotidien pour 2,4 millions de Gabonais : à quand une presse plurielle ?

Comment prétendre défendre la liberté de la presse lorsqu’un seul journal quotidien – L’Union – existe depuis les indépendances en 1960 ? Cette anomalie interpelle. Elle est d’autant plus grave qu’elle est devenue une banalité dans le débat public. Toute une nation, chaque matin, attend les pages d’un unique journal, aux lignes éditoriales peu changeantes. L’information y est souvent uniforme, la pluralité des opinions, absente.

Ce constat glace. Il trahit un refus structurel de diversifier les voix. L’État semble peu enclin à encourager la naissance d’autres quotidiens, probablement par crainte de critiques, par refus de transparence, ou tout simplement parce qu’il continue de considérer la presse comme un organe de contrôle plutôt qu’un espace de débat. Le manque de volonté politique est flagrant.

Mais les freins ne sont pas que politiques. Ils sont aussi économiques. À l’heure actuelle, la seule structure qui imprime les journaux au Gabon est Multipress du GIE Ediprint (qui comprend aussi le journal l’Union), un quasi-monopole. Les coûts d’impression sont si élevés qu’ils deviennent dissuasifs : environ 300 à 500 francs CFA par exemplaire pour une impression standard. Ce qui représente un gouffre pour les petites rédactions.

Résultat : des titres ferment, les éditions papier disparaissent les unes après les autres, et les rares médias encore debout se réfugient dans le numérique, faute de mieux.

Ce recul de la presse papier n’est pas seulement une conséquence de la transformation digitale. Il est aussi le symptôme d’une crise profonde : celle d’un environnement hostile à la liberté éditoriale. Il revient au gouvernement, s’il se veut sincère dans sa célébration de la liberté de la presse, de rendre l’impression accessible, d’accompagner les éditeurs, de briser les monopoles, de créer des conditions pour l’émergence de nouveaux quotidiens. Gabon Matin de l’Agence gabonaise de presse appartenant à l’Etat, s’y était essayé, mais a fait long feu.

Entre espoir technologique et inertie politique

L’intelligence artificielle, si elle est bien encadrée, peut devenir un formidable catalyseur de liberté pour les journalistes gabonais. Mais elle ne saurait être un cache-misère. La véritable révolution à opérer reste celle de la pluralité. Une pluralité des titres, des opinions, des formats. Car sans diversité médiatique, sans une véritable concurrence journalistique, la liberté de la presse au Gabon restera un slogan vidé de sa substance.

Le 30 mai dernier, entre débats prometteurs sur l’IA et silence pesant sur l’unicité du paysage médiatique, le Gabon a peut-être esquissé l’avenir de son journalisme. Mais il ne pourra s’y engager pleinement qu’en acceptant de regarder en face l’anomalie fondatrice : un seul quotidien pour un peuple entier.

Gabon : Débandade au PDG, mais où vont donc tous ces démissionnaires ?

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La débâcle au Parti démocratique gabonais prend des tournures de plus en plus énigmatiques avant le saut dans le vide, en fin de semaine dernière, de deux hiérarques originaires de l’Ogooué-Ivindo. La démission surprise de Raphaël Ngazouze et de Rigobert Ikambouayat-Ndeka annoncent « la fin des haricots » à l’ancien parti au pouvoir. Même scénario à Okondja et ailleurs. Mais de quel côté se dirigent tous ces démissionnaires ?

Moins de deux mois après l’élection présidentielle ayant porté Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du Gabon, plusieurs cadres et militants de base des formations politiques les plus emblématiques s’alignent sur la ligne de départ de ce qui pourrait être le prochain parti majoritaire. En effet, la métaphore est riche d’enseignements et pourrait constituer l’ossature d’un film d’aventures. Des cadres et autres hiérarques du Parti démocratique gabonais (PDG), baluchons sur les épaules, jetés sur une route hypothétique, mais seulement guidés par un instinct de survie politique, sans aucune connaissance de la finalité de leur aventure. Les scénaristes devraient s’inspirer de tels drames pour orienter les futurs acteurs politiques.

Le départ du PDG, en fin de semaine passée, de Raphaël Ngazouze (ancien ministre sous la Transition), de Rigobert Ikambouayat-Ndeka et, le 23 mai, de vingt-et-un (21) militants du département de la Djoué (Onga), de la Sébé-Brikolo (Okondja) dans le Haut-Ogooué, vient s’ajouter à la longue file de ceux qui tapent violemment à la porte du futur parti présidentiel (?) qui pourrait être l’épicentre de la politique de Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais faut-il encore que ce nouveau creuset soit créé. Car, comme le chant de l’Arlésienne, toute la classe politique parle du nouveau parti mais personne n’en connaît ni le nom, encore moins les principaux dirigeants.

Mais déjà, plusieurs voix s’élèvent pour estimer que quelle que soit la coloration de cette formation politique à venir, le chef de l’Etat doit garder la tête froide face à cette ruée. Car, le jeu des vases communicants qui se fait actuellement, présentant le PDG et d’autres formations politiques alliés, jadis soutiens de l’ancien régime, représentant un vase et l’éventuel parti en création comme le réceptacle, n’a qu’un seul et même dénominateur commun : être le plus proche possible du soleil.

Dans cette vision politique, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui démontre les meilleures intentions pour le Gabon, en ce début de septennat, pourrait se retrouver avec un boulet à traîner tout au long des sept années à venir. Il est donc à craindre que le chef de l’Etat, qui fait la démonstration que non seulement le Gabon est en chantier, mais se donne encore les moyens de lutter contre les fossoyeurs de l’économie, ayant mis à mal les finances publiques en annihilant toutes les possibilités de développement du pays.

Puisqu’il n’est un secret pour personne que ceux qui ont été à la manœuvre, depuis des années, pour inoculer le poison de la corruption et de la mal-gouvernance à Ali Bongo, se faisant passer pour des experts en sciences politiques, tout en s’en mettant plein les poches, sont les mêmes qui reprennent aujourd’hui des chemins de traverse pour tenter d’aller « vendre » leurs expertises au nouveau pouvoir.

Des chants de sirène qu’évidemment Brice Clotaire Oligui Nguema doit éviter d’écouter, pour ne point connaître les mêmes aléas que ses prédécesseurs.

« Y a quoi même là-bas ? »

La démission spectaculaire de l’actuel délégué spécial d’Oyem de l’Union nationale (UN) est le summum de cette course à l’aveuglette. En effet, Jean Christophe Owono Nguema, connu pour sa droiture et son abnégation pour la cause de cette formation politique, a surpris plus d’un Gabonais en signant, le 22 mai dernier, sa lettre de divorce avec l’UN.  On en arrive à se poser la question, comme l’artiste gabonaise Sylvie Nzamba : « Y a quoi là-bas ? »

Dans les films westerns, la ruée vers le Far West n’avait d’autre but que la recherche des mines d’or. En est-il de même pour la ruée vers… « l’inconnu », actuellement à la mode dans la sphère politique gabonaise ? Sinon, pourquoi cette course effrénée pour être parmi les premiers à atteindre ce but imaginaire ?  « Y a quoi là-bas ? », si ce n’est que le mirage qu’ils poursuivent.

Gardien de cette mine d’or – les caisses de l’Etat- le président de la République se doit d’ouvrir le bon œil pour prévenir et annihiler les ambitions démesurées et l’appétit dévorant de ceux qui ne prennent pas de gant pour signer leur lettre de démission des partis qui, pour la plupart, ont fait d’eux ce qu’ils sont, mais qu’ils remercient aujourd’hui en le rejetant de toutes leurs forces.

Axe routier Bifoun–Ndjolé : Les commerçantes bloquent la Nationale 2 pour dénoncer l’abandon du chantier

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À bout de patience, ces dames de la région de Bifoun ont, hier lundi 9 juin 2025, érigé des barricades sur le pont d’Ebel-Abanga, paralysant la circulation pour alerter les autorités sur la lenteur inadmissible des travaux de réhabilitation de la RN2. Derrière cette colère, un silence gouvernemental assourdissant.

Ce lundi 9 juin 2025, le calme habituel sur l’axe routier Bifoun–Ebel Abanga a été rompu par une mobilisation inattendue mais déterminée des femmes commerçantes. Excédées par la dégradation avancée de la route nationale n°2, entre Bifoun et Ndjolé, longue de 56 km, ont pris les devants. À l’aide de branchages, de pierres et de pneus usés, elles ont bloqué le pont d’Ebel-Abanga, empêchant toute circulation dans les deux sens. Au sommet du pont, un drapeau gabonais flottait, signe d’une action « citoyenne » et non partisane.

Les manifestantes n’en sont pas à leur première alerte. Elles dénoncent un chantier « à l’arrêt depuis de nombreux mois » et une route dont l’état catastrophique freine leurs activités économiques quotidiennes. « Nous en avons assez des promesses jamais tenues. Nos produits se gâtent à cause des retards, et nos véhicules tombent sans cesse en panne à cause de l’état déplorable de la route », s’indigne Odile Ntsame, porte-parole des manifestantes. Une autre commerçante de renchérir : « On nous promet toujours que les travaux reprendront bientôt, mais rien ne change. Cette route est essentielle pour notre activité économique ».

Axe routier Bifoun–Ndjolé : Les commerçantes bloquent la Nationale 2 pour dénoncer l’abandon du chantier

Face au mutisme des autorités locales et à l’inertie visible sur le terrain, les habitantes de la région espèrent que cette démonstration de force débouchera enfin sur une reprise des travaux. Pour l’heure, la circulation reste fortement perturbée.

Une route pourtant financée

La mobilisation des populations soulève une question cruciale : comment expliquer l’arrêt des travaux sur une route déjà financée ? En réalité, la réhabilitation de l’axe Bifoun–Ndjolé n’a jamais été laissée à l’abandon sur le papier. Dès les années 2010, l’Agence française de développement (AFD) avait investi environ 78 milliards de francs CFA pour moderniser une portion de la RN2, incluant Ndjolé–Medoumane, un tronçon proche de Bifoun, avec une livraison initialement prévue en 2015.

Plus récemment, en février 2025, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), via le Plan national de développement de la transition (PNDT), a relancé le projet de rénovation de l’ensemble du tronçon Bifoun–Ndjolé (56 km). Le chantier a été confié à la société SOGEA-SATOM, à qui une avance de 8 milliards de francs CFA a été versée en avril 2024. Mais malgré ce financement important, les résultats sont décevants : seulement 3 km réhabilités en 11 mois, soit à peine 13 % du tracé.

Pourquoi les travaux n’avancent-ils pas ?

Le problème ne semble pas résider uniquement dans les financements. Le plus grand échec de ce projet reste la communication institutionnelle. Ni le gouvernement, ni l’entreprise adjudicataire ne communiquent sur les raisons du ralentissement ou de l’arrêt du chantier. Ce silence crée un vide qui se remplit de frustrations, de doutes et désormais de révoltes populaires.

Si les riverains en viennent à bloquer les routes, c’est parce qu’ils se sentent littéralement abandonnés. Aucune information officielle sur les obstacles rencontrés, ni explication sur les retards, encore moins un calendrier révisé publié. Dans un tel contexte, la manifestation de ces commerçantes devient un dernier recours pour se faire entendre.

Un signal d’alarme que le gouvernement ne peut plus ignorer

Ce blocage de la RN2 entre Bifoun et Ndjolé dépasse la simple gêne à la circulation. Il incarne l’échec d’un système où les grands projets d’infrastructures, bien que financés, peinent à se concrétiser sur le terrain. Il met en lumière une fracture entre les décisions prises à Libreville et la réalité vécue dans l’arrière-pays.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de ses partenaires techniques. Faute de réaction rapide et concrète, d’autres voix pourraient s’élever sur les routes du pays.

Crash Gabon Express : Vingt et un ans d’oubli, vingt et un ans d’injustice

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Alors que le Gabon commémore les 21 ans du crash de l’avion Gabon Express, les familles des victimes n’ont toujours pas obtenu justice. L’indifférence des autorités et le silence des tribunaux.

Il y a vingt et un ans, le 8 juin 2004, un avion de la compagnie privée Gabon Express s’écrasait en mer, à une centaine de mètres seulement d’une plage au nord de Libreville. L’appareil, qui assurait une liaison domestique entre Libreville et Franceville, venait à peine de décoller de l’aéroport international de la capitale. À son bord : 30 personnes. Le bilan fut tragique : 19 morts et 11 rescapés.

Le choc fut immense. La douleur, abyssale. Et aujourd’hui encore, elle reste vive pour les Gabonais. L’an dernier, lors d’un rassemblement du collectif des proches des victimes, le ton était empreint de désespoir, mais aussi de dignité. « Vingt ans après, c’est difficile à supporter et à comprendre », soupiraient-ils.

« Vingt ans après, nous n’avons pas encore fait notre deuil. Nous demandons que les plus hautes autorités comprennent notre douleur, notre souffrance », confiait Maxime Obiang Nze, président du Collectif, le 8 juin 2024. Chantal Otounga, la secrétaire générale, exprimait son incompréhension : « Nous ne comprenons pas que 20 ans après ce dossier n’ait pas connu une issue judiciaire. Pourquoi ça bloque ?… »

Un silence judiciaire complice ?

Mais pourquoi, après plus de deux décennies, aucune lumière n’a été faite sur ce drame ? Pourquoi la justice gabonaise, censée être garante des droits, de la vérité et de la réparation, piétine-t-elle à ce point ?

Selon le droit gabonais, les victimes et leurs familles ont droit à une justice équitable, diligente et transparente. En réalité, ce crash emblématique est devenu le symbole d’une justice à deux vitesses, où les drames du peuple peuvent être ignorés sans conséquence.

Car jusqu’à ce jour, aucune enquête judiciaire n’a abouti, aucun procès n’a eu lieu, aucune responsabilité n’a été reconnue. L’appareil était-il assuré ? Son état mécanique était-il conforme aux standards de sécurité ? Comment a-t-il pu subir une telle avarie si rapidement après le décollage?
Autant de questions brûlantes qui, en 21 ans, n’ont reçu aucune réponse officielle.

Lueur d’espoir sous le régime de la Transition ?

Pour l’association des parents des victimes, il est urgent que ce dossier soit enfin traité avec la rigueur qu’il mérite. Le collectif, usé mais debout, veut croire qu’un tournant est possible.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, depuis la Transition jusqu’aujourd’hui, a affiché une volonté de rupture avec les injustices passées et l’établissement d’un État de droit effectif. Ce 8 juin 2025, les regards des familles et des citoyens se tournent vers lui.

Saisira-t-il l’opportunité d’inscrire la justice dans l’Histoire en rouvrant le dossier Gabon Express ? Mettra-t-il fin à 21 années de silence, 21 années d’attente et de souffrance ? Le doute n’est pas permis. Le Gabon ne pourra guérir qu’à la condition de regarder ses plaies en face. Et ce crash, oublié de l’État mais pas des cœurs, attend toujours vérité, justice et mémoire.