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[Gabon : Journée mondiale de la drépanocytose] Prunelle Love, une battante face à la maladie

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Ce 19 juin 2025, à l’occasion de cette affection héréditaire, Prunelle Love, jeune gabonaise, vivant avec cette maladie depuis la naissance, partage son expérience. Un témoignage fort qui met en lumière les réalités d’une affection encore trop peu comprise.

La drépanocytose est une maladie héréditaire du sang. Les globules rouges prennent une forme anormale, ce qui empêche l’oxygène de circuler correctement dans le corps. Cela provoque des douleurs intenses, une grande fatigue et parfois des complications plus graves.

Au Gabon, environ un habitant sur cinq est porteur du gène. Prunelle Love a été détectée porteuse de cette pathologie dès l’âge de six mois. « Je ne me souviens pas des premières crises, mais mes parents ont raconté que je me tordais de douleur », confie-t-elle.

Vivre avec la drépanocytose demande des précautions quotidiennes : hydratation, prudence face au froid, limitation des efforts. « Dès que je sens quelque chose d’anormal, je prends mes médicaments pour éviter une crise », explique-t-elle. Grâce à cette attention, elle n’a pas eu de crise depuis deux ans, après en avoir été victime, préalablement, tous les six mois.

Même si la maladie est connue, ce ne sont pas tous les hôpitaux qui sont assez qualifiés pour la prise en charge des patients. Certains centres sanitaires, comme les hôpitaux spécialisés des grandes endémies, sont plus qualifiés pour cette forme de pathologie. Pour le cas de Prunelle Gloire, elle explique les phases de crises possibles. Selon elle, certaines douleurs sont mal comprises ou minimisées. « C’est pourquoi je me fais suivre dans la même clinique depuis des années », dit-elle. A cela s’ajoute le coût des traitements, parfois mal couverts par l’assurance sociale : « Avant, j’avais une assurance privée. Aujourd’hui, certains médicaments ne sont plus pris en charge », explique-t-elle.

[Gabon : Journée mondiale de la drépanocytose] Prunelle Love, une battante face à la maladie

Outre la douleur, Prunelle a dû faire face à la stigmatisation : rejet à l’école, licenciement au travail, remarques blessantes. « On m’a traitée de sorcière… On disait que je ne dépasserais pas 20 ans », se souvient-elle.  Aujourd’hui, elle s’engage dans la sensibilisation et encourage les tests d’électrophorèse pour éviter la transmission de la maladie. « La drépanocytose est génétique. Il faut connaître son statut », conseille-t-elle.

Son message aux jeunes malades est aussi clair : « Ne baissez pas les bras. La drépanocytose ne vous définit pas. Vivez pleinement et soyez des témoins vivants. » Un témoignage fort, en cette Journée mondiale, qui rappelle que derrière cette maladie invisible, il y a des vies, des luttes.

[Gabon : Santé] Plus de 6 000 cas de tuberculose recensés l’année passée

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Selon le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), des milliers de cas, incluant à la fois de nouvelles contaminations et des rechutes, ont été enregistrés en 2024 dans notre pays. Un chiffre qui témoigne d’une présence persistante de la maladie, malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires et leurs partenaires.

Dans les grandes agglomérations, comme Libreville et Port-Gentil, la situation est particulièrement préoccupante. Selon une étude du PNLT menée en 2024, « Les patients viennent plus du 6ᵉ arrondissement de Libreville, notamment de Nzeng-Ayong, mais aussi de la commune d’Owendo », a déclaré Dr Stredice Manguinga Guitouka, directeur général du PNLT, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose.

Sur le plan mondial, les données sont tout aussi alarmantes. Un constat accablant rappelé par Alain Baulard, docteur en biologie moléculaire et directeur de recherche à l’Inserm, à l’occasion de la journée internationale : « Cette maladie détruit 1,4 million de vies chaque année. C’est près de 4 000 personnes qui meurent chaque jour ».

Une maladie qui circule par l’air et qui n’épargne personne

Maladie infectieuse grave, la tuberculose se transmet par voie aérienne, notamment lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle, surtout dans des espaces clos et mal ventilés. Contrairement aux idées reçues, elle ne concerne pas uniquement les populations dites vulnérables. Toute personne, quel que soit son âge ou son statut social, peut être touchée

Des symptômes parfois silencieux mais révélateurs

Les signes cliniques sont souvent discrets au début mais doivent alerter. Une toux persistante qui dure plus de deux semaines, des fièvres, surtout le soir, des sueurs nocturnes, une perte de poids rapide ou encore une fatigue chronique sont autant de symptômes à ne pas négliger. Face à ces signaux, il est essentiel de se faire dépister, les centres de santé publics proposent ce test gratuitement.

Dans un contexte où la prévention reste le meilleur rempart, certains gestes simples peuvent contribuer à freiner la chaîne de transmission. Le port du masque en cas de toux, l’aération régulière des espaces de vie et de travail, la consultation rapide d’un professionnel de santé dès l’apparition de symptômes, ainsi que le soutien aux malades pour qu’ils suivent leur traitement jusqu’au bout sont autant de réflexes à adopter.

La lutte contre la tuberculose repose sur une mobilisation collective. Le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé et diverses ONG, mène régulièrement des campagnes de sensibilisation et de dépistage sur l’ensemble du territoire national. Cependant, les autorités soulignent que l’engagement de chaque citoyen est crucial pour espérer enrayer la maladie.

Bien qu’elle soit encore redoutable, la tuberculose se soigne. Le traitement existe et s’avère efficace lorsqu’il est correctement suivi. Pour briser le silence autour de cette maladie, chacun a un rôle à jouer : informer, se protéger et accompagner les malades jusqu’à leur guérison

[Gabon : Infrastructures hospitalières] A peine six ans après sa reconstruction, la Fondation Jeanne Ebori bientôt en ruines

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Libreville – Symbole d’un renouveau sanitaire promis sous le régime d’Ali Bongo Ondimba, le Centre hospitalier universitaire Mère et Enfant de la Fondation Jeanne Ebori (CHUMEFJE), ex-Fondation Jeanne Ebori, affiche déjà des signes inquiétants de délabrement. Un constat alarmant qui jette une ombre sur la durabilité des investissements publics en matière d’infrastructures.

Inaugurée en grande pompe au cours du second mandat controversé de l’ancien chef de l’État, cette structure dédiée à la santé de la mère et de l’enfant se voulait un modèle d’excellence médicale. Mais six années à peine après sa remise en service, le rêve d’un centre hospitalier de référence semble se heurter à une réalité beaucoup moins reluisante.

Des dysfonctionnements préoccupants

Entre ascenseurs hors service, ralentissant le transfert des malades, plafonds détériorés dans plusieurs étages, toilettes devenues impraticables ou fuites d’eau persistantes, les infrastructures donnent aujourd’hui l’image d’un établissement abandonné à son triste sort. Ces défaillances compromettent non seulement la qualité de l’accueil, mais également la sécurité et l’hygiène des patients et du personnel soignant.

[Gabon : Infrastructures hospitalières] A peine six ans après sa reconstruction, la Fondation Jeanne Ebori bientôt en ruines

Un personnel mobilisé mais impuissant

Malgré un engagement constant des agents de santé à offrir un service de qualité, les conditions matérielles dégradées constituent un frein majeur à l’efficacité des soins. Le personnel, bien que consciencieux, se heurte au quotidien à des réalités logistiques qui ternissent leur mission.

Une gestion sous la loupe

Face à cette situation, les regards se tournent vers la tutelle. La nécessité d’un audit approfondi de la gestion administrative et technique du CHUMEFJE s’impose avec urgence. La santé publique ne saurait se contenter d’effets d’annonce, elle exige des actions concrètes, une maintenance rigoureuse des équipements et une politique de suivi et de maintenance à la hauteur des attentes des usagers.

[Gabon : Infrastructures hospitalières] A peine six ans après sa reconstruction, la Fondation Jeanne Ebori bientôt en ruines

Loin d’être un simple dysfonctionnement passager, cette dégradation progressive pose une question de fond sur la gouvernance hospitalière au Gabon. Garantir l’hygiène, la sécurité et la dignité des malades ne sont pas un luxe, mais une obligation. Le CHUMEFJE, jadis vitrine sanitaire nationale, ne doit pas devenir un énième symbole de promesses non tenues.

[Gabon : Affaire des déguerpis de Plaine Orety] Brice Clotaire Oligui Nguema ordonne une prise en charge sociale des populations non indemnisées

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Dans un tournant majeur de l’affaire qui touche les habitant déguerpies derrière l’Assemblée nationale, le collectif des personnes déguerpies a tenu une déclaration de presse ce mercredi 18 juin, à la suite d’une rencontre, deux jours plus tôt, avec le chef de l’État.

Au cours de cette déclaration, le porte-parole du collectif, Ndong Ovono Grevice, a salué une « décision forte et courageuse » du président de la République, qui a annoncé un accompagnement social pour les populations expulsées, à condition qu’elles n’aient pas été indemnisées par le passé. « Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé que toutes les personnes installées sur les terrains de l’État, ne disposant pas de titres fonciers, seront désormais prises en compte dans l’accompagnement social, à condition de n’avoir jamais été dédommagées. C’est une décision forte et courageuse qui redonne foi en l’État, foi en notre avenir », a déclaré Ndong Ovono Grevice.

Cette déclaration fait suite à plusieurs jours de protestation et d’interpellation publique de la part des populations concernées. Nombre d’entre elles avaient dénoncé des déguerpissements expéditifs, opérés sans relogement ni compensation et réclamaient un dialogue direct avec les plus hautes autorités du pays.

La rencontre du 16 juin à la présidence de la République semble marquer un tournant décisif, à la fois dans la gestion du dossier et dans l’écoute des préoccupations sociales par les plus hautes instances.

Cette mesure a été largement saluée par les membres du collectif, qui y voient une reconnaissance de leur situation et une volonté présidentielle d’instaurer un État plus humain et plus juste. L’accompagnement social évoqué devrait permettre à ces citoyens de bénéficier d’un soutien administratif, financier et éventuellement de solutions de relogement ou d’insertion.

Gabon : La fin des dépenses publiques superflues avec Henri Claude Oyima au ministère de l’Economie ?

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Poser la question, dit-on prosaïquement, c’est déjà y répondre. D’autant plus que, loin d’être une option, c’est le passage pratiquement obligé pour un partage équitable du fruit collectif. Ce changement de donne induira forcément des changements notables sur tous les plans. L’exécution des promesses de campagne du président de la République est à ce prix.

Questions : n’est-il pas temps de mettre fin aux errements blâmables de naguère d’une classe dirigeante qui menait grand train en siphonnant les finances publiques au détriment du plus grand nombre réduit à vivre dans la pauvreté absolue ? A Libreville, le credo est désormais connu : l’heure est à l’action et à une gestion plus orthodoxe des richesses nationales. Quitte à susciter colère et récriminations pour les uns et applaudissements pour les autres qui espèrent un réel essor vers la félicité.

Face à cette urgence, le nouveau ministre de l’Economie, Henri Claude Oyima, a l’obligation de nettoyer au karcher les écuries d’Augias.

Peu importe l’angle d’observation, le nouveau type de fonctionnaires du Gabon de la Ve République émergera de son département ministériel. Lesquels doivent avoir en ordonnée l’éthique, et en abscisse l’orthodoxie pour permettre de résoudre l’équation du développement du Gabon. Le nerf de la guerre y étant prépondérant. Dans cette veine, selon nos informations, c’est la peur panique au sein de certaines régies financières.

Leur train de vie dispendieux

Bon nombre de fonctionnaires de ce département ministériel n’y dormiraient plus du sommeil du juste. Dans les quartiers sous-intégrés, les cris stridents émergent : « haro sur les fossoyeurs de la République ! Ceux-là dont les ressources officielles ne justifient nullement leur train de vie dispendieux » ; « rendez le Gabon à tous les Gabonais « ; « partagez équitablement le revenu national ! « , etc. Comment y arriver ? La méthode Henri Claude Oyima fait une classification des dépenses : essentielles, importantes et accessoires, tout en pointant des incongruités.

En scannant le chapitre des baux administratifs, croit savoir la clameur populaire, on se rend très vite compte que certains fonctionnaires, bailleurs de l’Etat, sont plus riches que leur puissant locataire. Pas que ! Aussi curieux que cela puisse paraître, ils ont été normalement payés en lieu et place des opérateurs économiques qui ne l’ont pas été depuis cinq ans. Plus grave, sur 165 participations de l’Etat dans les entreprises publiques et privées, la rentabilité est de 0,4%, autant dire zéro ! Ce n’est pas tout ! Ces dividendes étaient logés – au détriment du Trésor public – dans les structures annexes, notamment la Caisse de dépôt et consignation ou le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS). Toutes les deux en situation déficitaire, dit-on ici là dans les couloirs de l’immeuble Arambo. Il y a donc urgence à ramener « tout ça » dans la caisse principale, c’est-à-dire le Trésor public, constamment sous pression pour le règlement des dépenses de l’Etat.

Raboter certains chapitres

Aussi, il faudra raboter certains chapitres en fonction de leur caractère, incompressible ou subsidiaire : les subventions, les compensations et les exonérations. Lesquelles échappent au Trésor public. Quant aux missions, elles doivent coller effectivement au nombre de jours effectués. Est-ce tout ? Il ne serait pas étonnant que tous les fonctionnaires de son département ministériel, mis en débet, soient démis de leurs fonctions respectives. Une telle démarche répondrait à un devoir d’exemplarité imposé à tous les dépositaires de l’autorité publique. Lesquels doivent être tenus pour responsables de la mauvaise gestion de la ressource humaine.

Le nouveau Gabon auquel nous aspirons tous est à l’aune de ces changements. Henri Claude Oyima devra avoir la carapace solide pour supporter les cris d’orfraie et aux « fusils nocturnes », qui ne manqueront pas, des jouisseurs mafieux de la République mécontents.

[Gabon : Décentralisation] Une réforme essentielle mais semée d’embûches

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Sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la première réunion de la Commission nationale de la décentralisation (CND) s’est tenue, le 17 juin 2025. Cette rencontre avait pour but de concrétiser une réforme attendue depuis 29 ans, mais jamais appliquée de manière effective.

D’emblée, il convient de rappeler que la décentralisation consiste à transférer certaines compétences de l’État central vers les collectivités locales, telles que les mairies et les assemblées départementales. Cela permet à ces dernières de gérer directement des services publics comme la santé, l’éducation de base, la voirie ou encore la gestion des déchets.

L’objectif est clair : rapprocher l’administration des citoyens. À terme, cette réforme pourrait améliorer l’efficacité des services publics et favoriser un développement plus équilibré du territoire. Elle représente un levier important pour lutter contre les inégalités régionales et redonner du pouvoir aux territoires.

[Gabon : Décentralisation] Une réforme essentielle mais semée d’embûches

Une réforme ambitieuse mais complexe

Ces travaux dirigés par le Vice-président de la République, mandaté par le chef de l’Etat pour mener à bien les travaux, a permis d’examiner douze mesures, réparties entre plusieurs ministères, ainsi que des projets de textes législatifs. Au cœur de cette manœuvre, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, qui pilote l’ensemble du processus technique et institutionnel.

L’un des points centraux des débats a porté sur le transfert des ressources humaines, c’est-à-dire des fonctionnaires d’État vers les collectivités locales. Car, sans agents qualifiés pour mettre en œuvre les compétences transférées, la réforme resterait inopérante. Autre enjeu majeur : le financement. Le lancement du Fonds de péréquation des collectivités locales, qui vise à équilibrer les ressources entre les régions, marque une avancée significative. Encore faut-il que ce fonds soit réellement alimenté, transparent et efficacement géré.

La mise en œuvre de la décentralisation au Gabon se heurte néanmoins à plusieurs défis. Il s’agit notamment de former et d’accompagner les collectivités locales afin qu’elles puissent assumer efficacement leurs nouvelles responsabilités, tout en veillant à ce que le transfert des compétences s’accompagne des moyens humains, techniques et financiers nécessaires. Des mécanismes de contrôle rigoureux devront également être mis en place pour prévenir la corruption et le clientélisme local. Enfin, il est crucial de garantir la continuité du processus dans un pays où de nombreuses réformes ont, par le passé, été interrompues ou abandonnées.

Un processus préparé en amont

Il est important de rappeler que le deuxième Comité technique de la décentralisation (CTD) avait tenu des rencontres du 26 au 28 février et du 5 au 8 mars 2025. Plusieurs personnalités y ont participé, parmi lesquels Zacharie Myboto, invité spécial du président de la République, qui a partagé avec les participants sa longue expérience dans les affaires publiques.

Un premier pas, mais encore loin but

L’engagement affiché par le Président de la République constitue un signal politique fort. En inscrivant la décentralisation dans son projet de société, il manifeste une volonté claire de transformer la gouvernance du pays. Mais entre l’annonce et la concrétisation sur le terrain, le chemin est long. Les collectivités locales devront être véritablement placées au cœur de l’action publique, dotées de moyens réels et d’une autonomie effective, pour que cette réforme devienne une réalité durable et non un simple effet d’annonce.

[Gabon : Textes législatifs] Le Sénat a adopté plusieurs nouvelles lois

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Pollution marine, décentralisation, retraite des parlementaires ou politique culturelle : plusieurs textes de loi ont été adoptés en début de semaine, lors d’une séance plénière au Sénat, présidée par Paulette Missambo.

Qu’est-ce que ces nouveaux textes législatifs peuvent changer dans le quotidien des Gabonais ?  L’un des textes phares de cette session est la loi de ratification de l’ordonnance relative au transfert des compétences et des moyens de l’État aux collectivités locales. En clair, ce texte donne davantage de pouvoirs et de responsabilités aux mairies, conseils départementaux et autres entités locales afin d’assurer le développement de leurs espaces territoriaux.

Le projet de loi sur la répression des actes de pollution marine par les navires vise à durcir les sanctions contre les bateaux pollueurs. Ce texte répond à une urgence, non seulement environnementale, mais aussi économique et alimentaire, car les communautés côtières vivent souvent de la pêche.

[Gabon : Textes législatifs] Le Sénat a adopté plusieurs nouvelles lois

Une nouvelle politique culturelle

Par ailleurs, la loi d’orientation de la politique culturelle en République gabonaise entend structurer un secteur longtemps négligé. Il s’agit notamment de mieux encadrer les artistes, de promouvoir les langues et cultures locales et de favoriser l’accès à la culture dans toutes les provinces.

Pour la modernisation de l’armée modernisée, la loi de programmation militaire 2025–2029 prévoit de fixer les priorités en matière d’équipement, de formation et de déploiement des forces armées. Même si elle est peu visible pour les civils, cette loi renvoie à des enjeux majeurs de sécurité nationale et de souveraineté.

Des retraites pour les parlementaires

La proposition de loi sur le régime de retraite et les avantages des parlementaires de la Transition a également été adoptée. Bien que légale, cette décision pourrait être mal perçue par une population qui fait face à l’inflation, au chômage et à des pensions parfois très faibles.

[Gabon : Textes législatifs] Le Sénat a adopté plusieurs nouvelles lois

Si tous ces textes ont été adoptés en termes identiques à ceux de l’Assemblée nationale, leur impact réel dépendra de leur application sur le terrain. Entre bonnes intentions législatives et réalités administratives, les Gabonais attendent des résultats concrets. Ainsi, les prochaines semaines diront si ces lois ne resteront pas de simples promesses sur papier.

[RDC : Justice] Constant Mutamba démissionne pour une affaire de détournement

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Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République Démocratique du Congo (RDC) a officiellement présenté sa démission, ce mardi 17 juin 2025, au président Félix-Antoine Tshisekedi, dans un contexte de fortes turbulences judiciaires et politiques. La présidence devrait transmettre sa décision au Premier ministre dans les prochaines heures, conformément aux procédures constitutionnelles.

Cette démission intervient trois jours après la levée de l’immunité parlementaire par l’Assemblée nationale de Constant Mutamba, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires dans une affaire de détournement présumé de près de 19 millions de dollars américains, fonds destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani.

Selon les informations émanant du parquet général près la Cour de cassation, le ministre est soupçonné d’avoir orchestré ou facilité le détournement de ces fonds publics via un montage opaque. Il est également poursuivi pour outrage aux institutions, en lien avec sa participation controversée à la libération de certains détenus, sans respect des procédures légales.

Dans un communiqué à la presse, Constant Mutamba a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, en dénonçant ce qu’il qualifie de « machination politique ». Il soutient n’avoir ni autorisé ni bénéficié du moindre décaissement dans ce dossier. « Je quitte le gouvernement la tête haute, par respect pour l’article 166 de notre Constitution. Mais je reste serein : la vérité finira par triompher », a-t-il déclaré à la sortie de l’audience à la présidence.

Nommé en mai 2024, avec une posture affichée de réformateur, notamment dans la lutte contre la corruption et l’humanisation du système carcéral, Mutamba voit son image sérieusement écornée par cette affaire. Pour de nombreux observateurs, cette démission marque un tournant dans la volonté de l’État congolais de faire preuve de rigueur dans la gestion des deniers publics.

Le ministre démissionnaire est désormais interdit de quitter Kinshasa et placé sous contrôle judiciaire en attendant les suites de l’instruction.

Cette affaire relance le débat sur les mécanismes de contrôle des finances publiques et sur l’indépendance de la justice en RDC. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour réclamer une enquête élargie à tous les acteurs impliqués dans le projet de la prison de Kisangani.

En attendant, le président Félix Antoine Tshisekedi devra procéder rapidement à la nomination d’un nouveau ministre de la Justice, à un moment où le pays prépare plusieurs réformes majeures dans le secteur judiciaire.

[Gabon : Finances publiques] Henri Claude Oyima donne le cap d’une nouvelle gouvernance

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Sous l’égide du ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, la capitale gabonaise a abrité, ce mardi 17 juin 2025, l’ouverture officielle de la 14e session du Cadre Permanent de Concertation des Trésors Publics (CPC-TP) de la CEMAC. Ce rendez-vous stratégique réunit les hauts responsables des administrations financières, les acteurs du secteur bancaire et les opérateurs des marchés de capitaux de la sous-région.

C’est sur le thème  « Réformes fiscales et pérennité du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC », que se tient depuis le mardi 17 juin dernier ledit évènement. Dans son allocution circonstancielle, le ministre d’État a salué la contribution déterminante du Gouverneur de la BEAC ainsi que l’implication active des partenaires techniques et institutionnels dans la consolidation de l’espace financier communautaire.

[Gabon : Finances publiques] Henri Claude Oyima donne le cap d’une nouvelle gouvernance

Au cœur des discussions, des réformes structurantes visant à renforcer la mobilisation des ressources internes, gage d’une souveraineté budgétaire renforcée ; moderniser les outils de gestion fiscale via la digitalisation, permettant une meilleure traçabilité des flux et une réduction des coûts administratifs ; l’harmonisation des dispositifs fiscaux, pour offrir aux investisseurs un cadre plus lisible, équitable et sécurisé. Pour Henri-Claude Oyima, ces avancées constituent des piliers indispensables à la confiance des marchés et à l’attractivité du marché sous-régional des titres publics.

Cette rencontre se tient dans un climat de refondation économique, porté par la volonté politique du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, d’instaurer une gestion vertueuse des finances publiques. L’accent mis sur la discipline budgétaire, la transparence et l’optimisation de la dépense traduit cette dynamique nouvelle.

Les travaux traiteront tout au long de cette session, entre autres, de la diversification de l’offre de titres publics, de l’extension de la base des investisseurs, de l’amélioration des dispositifs de refinancement, ainsi que de l’ajustement du cadre réglementaire des changes, afin de favoriser un climat financier plus compétitif, stable et résilient.

Cette 14e session du CPC-TP s’impose ainsi comme un levier stratégique de transformation du paysage financier régional, en catalysant une meilleure synergie entre États membres, tout en jetant les bases d’une croissance inclusive portée par des réformes cohérentes et une gouvernance renforcée.

[Gabon : Réseau routier] Edgard Moukoumbi plaide pour la création d’un fonds pour l’entretien et l’investissement routier

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Le ministre des Travaux publics et de la Construction a présenté, mardi 17 juin, un projet de loi portant création du Fonds autonome national d’entretien et d’investissement routier (FANEIR) devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale de la Transition. Un texte ambitieux, qui entend mettre fin à des années de sous-financement chronique de l’entretien routier et amorcer une restructuration durable du réseau routier gabonais.

Dans de nombreuses régions du pays, les routes sont très dégradées. Le bitume cède sous les intempéries, l’herbe repousse lentement sur d’anciens axes abandonnés et dans certains villages reculés l’accès à la ville devient un parcours du combattant. Résultat : l’exode rural s’intensifie, les zones agricoles s’isolent et les activités économiques s’essoufflent.

Le FANEIR, présenté, par Edgard Moukoumbi, comme une réponse structurelle à cette situation, vise à créer un mécanisme financier autonome spécifiquement dédié à l’entretien, la modernisation et l’investissement dans les infrastructures routières. Il s’agit d’un outil juridique pensé pour sortir des logiques budgétaires traditionnelles et permettre une planification à long terme, loin des financements ponctuels souvent jugés insuffisants. La présentation du projet s’est déroulée dans un contexte institutionnel marqué par un renforcement du dialogue entre les pouvoirs exécutif et législatif.

Un enjeu économique et social

A l’appui de l’entretien technique, la circulation routière constitue un tissu économique et social du Gabon. Les voies de communication sont en réalité les vecteurs de plusieurs services sociaux et économiques. Reliant les producteurs aux marchés, les usagers aux centres de santé et aux services administratifs, des routes praticables en toutes saisons sont une source de bien-être pour les populations. Dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays, la dégradation des voies freine le développement, isole les communautés et accentue les inégalités territoriales.

La création du FANEIR, si elle est adoptée par le Parlement, devra s’accompagner de garanties de transparence dans la gestion des ressources et d’un suivi rigoureux de l’exécution des projets. Le succès de ce fonds dépendra également de la capacité du gouvernement à mobiliser des financements nationaux et internationaux dans la durée.

[Gabon : Réseau routier] Edgard Moukoumbi plaide pour la création d'un fonds pour l’entretien et l’investissement routier

Vers une nouvelle ère pour les routes gabonaises ?

Avec le FANEIR, le Gabon pourrait enfin amorcer un tournant dans la gestion de ses infrastructures routières, en misant sur une approche planifiée, financée de manière autonome et alignée sur les priorités de développement. Le texte sera prochainement débattu en séance plénière. D’ici là, les regards sont tournés vers l’Assemblée nationale et le gouvernement.