L’effervescence habituelle a laissé place à un calme pesant au sein des établissements de Libreville. Après deux semaines d’un mouvement de grève qui a paralysé le système éducatif, les portes du Lycée Jean Hilaire Obame Eyeghe ont rouvert ce mercredi 21 janvier. Ce retour, fruit d’un bras de fer persistant entre le corps enseignant et la tutelle, s’est toutefois déroulé dans une atmosphère de vide. Si le portail est de nouveau ouvert, le constat fait en cette matinée est sans appel : les couloirs demeurent déserts et les salles de classe à moitié vides.
La crise qui secoue le secteur trouve son origine dans la colère des enseignants qui, depuis quatorze jours, observent un arrêt de travail pour protester contre le non-paiement des primes et des vacations. Si une assemblée générale a acté le principe d’une reprise progressive, la méfiance et le sentiment d’abandon restent palpables au cœur des salles de professeurs. Le démarrage s’avère d’autant plus laborieux qu’une météo capricieuse s’est conjuguée à un réel déficit de communication sur la date effective du retour.

Un calendrier de reprise contesté par la base
Sylvain Oyono, professeur de philosophie, ne cache pas son amertume face à cette situation. (Il explique avoir « eu cours en classe de 1ère » mais déplore que sur « une cinquantaine d’élèves, seuls 15 étaient présents ». Selon l’enseignant, si « la pluie du matin a certainement joué », il existe également « un problème de calendrier » car, si le retour global était officiellement fixé au 26, l’annonce d’une pré-reprise ce mercredi a semé la confusion. Il qualifie la situation de « déplorable », tout en conservant l’espoir « que tout rentrera dans l’ordre lundi prochain ».
Malgré cette atmosphère de flottement, certains élèves ont répondu à l’appel, parfois accueillis par des évaluations surprises dès leur arrivée. C’est le cas en classe de 1ère S, où Jonathan a pu suivre son premier cours de mathématiques. Le jeune lycéen confie que son) « évaluation s’est bien passée », tout en précisant avec lucidité que sur 74 élèves, ils n’étaient que 34 en classe.
Un rendez-vous manqué
Pour d’autres, la journée a rimé avec attente et déception, révélant les failles de cette organisation précipitée. Arange , une autre élève, témoigne de ce rendez-vous manqué en expliquant n’avoir eu qu’un seul cours sur les trois prévus. Elle regrette que l’information sur la reprise n’est pas bien passée au point qu’ils n’étaient qu’une quinzaine en salle, une issue qu’elle juge « vraiment dommage ».
Si le lycée tente de relancer la machine, le Collège d’Enseignement Secondaire (CES) Jean Hilaire Aubame est resté, pour sa part, totalement silencieux aujourd’hui. Pour ces élèves plus jeunes, le rendez-vous est officiellement fixé au lundi prochain. La semaine à venir sera décisive pour l’établissement, car tout dépendra désormais de la satisfaction des revendications financières des enseignants et de la capacité de l’administration à remobiliser des effectifs encore dispersés.