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Gabon : Coup de pression des députés sur la gestion des hôpitaux publics

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Auditionnée par l’Assemblée nationale, la ministre de la Santé a défendu la régularisation juridique des grands CHU du pays. Face au feu roulant des questions des députés, elle a dû s’expliquer sur la précarité de l’accueil, les coûts prohibitifs des soins et la gestion des urgences.

La modernisation du système sanitaire gabonais a franchi une étape charnière au Palais Léon Mba. Le 4 juin 2026, la Commission de la Santé, de l’Education, des Affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale a passé au crible la gestion des hôpitaux publics. Face aux députés, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Joséphine Nkana Ayo épouse Bivigou, est venue défendre cinq textes cruciaux destinés à solidifier l’architecture juridique des fleurons hospitaliers du pays.

Cinq structures majeures sorties du flou juridique

Au cœur des débats : la ratification des ordonnances fixant la création, l’organisation et le fonctionnement de quatre institutions stratégiques. Sont concernés les Centres hospitaliers universitaires de Libreville (CHUL), d’Owendo (CHUO) et Mère-Enfant Fondation Jeanne Ebori (CHUMEFJE), ainsi que le Laboratoire national de santé publique.

Selon la ministre, ces établissements stratégiques opèrent depuis plusieurs années dans un vide juridique, sans cadre formellement conforme aux lois en vigueur. Cette anomalie fragilise leur gouvernance globale et paralyse leur gestion administrative. L’adoption de ces nouveaux textes doit définitivement régulariser leur statut et leur conférer une assise légale incontestable.

En marge de ce chantier institutionnel, le gouvernement muscle sa stratégie contre le tabagisme de nouvelle génération. Le Pr Elsa Nkana a défendu le projet de loi ratifiant l’ordonnance n°0020/PR/2026. Ce texte encadre strictement l’usage des dispositifs de vapotage pour protéger la santé publique, ciblant en priorité la jeunesse.

L’épreuve de la réalité du terrain

Toutefois, les parlementaires ont rapidement ramené la ministre aux réalités brutes du quotidien des usagers. L’ambiance feutrée de la commission a laissé place à un flot d’interrogations pressantes sur la lenteur de la prise en charge des urgences, le manque d’empathie à l’accueil et le coût prohibitif des prestations.

Le sort du CHU Mère-Enfant (CHUMEFJE) a cristallisé les tensions. Plusieurs élus ont vigoureusement dénoncé le fardeau financier des consultations et des hospitalisations imposé aux jeunes mères. Dans un contexte économique global difficile, ce coût exclut de fait de nombreuses familles gabonaises de l’accès aux soins essentiels.

Vers la fin de l’impunité pour les soignants ?

Pour apaiser la contestation, le Pr Elsa Nkana a assuré que l’exécutif déployait déjà des mesures correctives. Dans la foulée du récent séminaire national sur l’éthique et la déontologie médicale, le ministère a activé un bureau des plaintes permanent. Cette instance doit recueillir les signalements des usagers et veiller à l’application rigoureuse de sanctions contre les agents indélicats.

Cette audition parlementaire expose le double défi qui attend le gouvernement : mener à terme la mue administrative des structures de santé, tout en répondant à l’urgence sociale d’une médecine accessible, de qualité et enfin humanisée.

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