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France : Face à la diaspora, le président Oligui Nguema défend les réformes de la Cinquième République gabonaise

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Au cours de sa visite d’État en France, le président de la Republique, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est adressé, ce mardi 21 juillet, aux Gabonais de la diaspora. Face à un auditoire particulièrement attentif, le chef de l’État a longuement défendu l’arsenal de réformes engagées depuis l’avènement de la Cinquième République. Parmi les sujets les plus brûlants de son grand oral : la suspension temporaire des réseaux sociaux et la révision du Code de la nationalité.

Évoquant l’épineuse question de la suspension des réseaux sociaux, Brice Clotaire Oligui Nguema a d’emblée reconnu que cette décision pouvait être perçue comme restrictive par une partie de la population. Il a toutefois martelé qu’elle répondait à des impératifs de sécurité nationale et de cohésion sociale, essentiels pour bâtir un État de droit solide.

La sécurité nationale face au défi du numérique

« Ces mesures, qui peuvent paraître contraignantes, et je vous comprends, répondent à des impératifs de sécurité nationale et de cohésion sociale. Les réseaux sociaux, qui sont un outil puissant de communication, peuvent aussi devenir des vecteurs de désinformation, de manipulation et de division », a-t-il déclaré pour justifier la position de Libreville.

Le chef de l’État a insisté sur le fait que cette coupure est une mesure strictement temporaire et dépourvue de tout caractère arbitraire. Selon lui, elle vise avant tout à garantir un climat politique apaisé, à assurer la fiabilité des informations diffusées et à endiguer la propagation des discours de haine susceptibles de fragiliser l’unité nationale.

Le Code de la nationalité sous la loupe des réformes

Le président de la République est ensuite revenu sur un autre chantier législatif majeur : la révision du Code de la nationalité. Une réforme qu’il juge indispensable au regard des récentes évolutions institutionnelles du pays. Le nouveau texte portera notamment sur un durcissement des conditions de naturalisation ainsi que sur les dispositions relatives à la déchéance de nationalité.

Pour légitimer cette initiative, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé l’histoire politique récente du Gabon, soulignant qu’une proportion importante de hauts responsables publics issus de la naturalisation avaient accédé au pouvoir « au mépris de toutes les conditions légales prévues ».

Consolider l’unité sans exclure

Cette situation impose, selon le chef de l’État, de colmater les brèches juridiques et de renforcer les règles encadrant l’accès à la nationalité gabonaise. Soucieux de rassurer son public, le président a toutefois précisé que cette réforme ne poursuivait « aucune intention d’exclusion » envers les communautés d’origine étrangère.

Entre ferveur patriotique et doutes de la diaspora

Dans l’assistance, l’allocution présidentielle a suscité des réactions contrastées, mêlant ferveur patriotique et vigoureuses interrogations. Si les déclarations sur la restauration des institutions et la souveraineté nationale ont été accueillies par des salves d’applaudissements nourries, les mesures restrictives ont provoqué des murmures d’inquiétude.

Plusieurs compatriotes installés en France ont exprimé leurs craintes quant à la pérennisation du blocage des plateformes numériques, perçues comme un canal vital pour garder le lien avec leurs proches restés au pays. De même, les futures clauses liées à la déchéance de nationalité ont suscité des demandes de clarification de la part des binationaux, soucieux de ne pas voir leurs droits restreints par ricochet.

En concluant son allocution, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa détermination à mener à bien ces transformations structurelles. Pour l’Etat gabonais, l’enjeu reste le même : préserver la stabilité des institutions et consolider l’unité nationale à l’aube de cette nouvelle ère politique.

Par Agnès Laplumacerbe, Envoyée spéciale à Paris

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