Face aux défis de l’attractivité territoriale, la municipalité de Mounana fait le pari du partenariat public-privé. Le maire, Emerick Cédric Maka Tongo, vient de lancer un appel d’offres pour confier l’exploitation de son principal complexe d’hébergement à un opérateur privé, avec une double exigence : rentabilité financière et création d’emplois locaux.
Mounana amorce un virage stratégique dans la gestion de ses infrastructures. La municipalité de cette ancienne cité minière de la province du Haut-Ogooué a officiellement ouvert la voie à la libéralisation de son patrimoine. Le 25 juin dernier, le maire Emerick Cédric Maka Tongo a formalisé cette ambition en lançant un appel à manifestation d’intérêt. L’objectif affiché est limpide : confier les clés du Motel municipal à un professionnel du secteur privé, capable de transformer cet actif dormant en un véritable levier de croissance pour la commune.
Un joyau communal à parachever
Idéalement situé au quartier Omoi-Lékamba, à un jet de pierre de l’esplanade de l’hôtel de ville, le Motel municipal dispose d’un potentiel hôtelier indéniable. L’infrastructure compte actuellement dix chambres climatisées opérationnelles, dotées de salles d’eau privatives. Cependant, le site demeure un chantier à ciel ouvert sur plusieurs aspects.
Le futur repreneur ne se contentera pas de gérer l’existant : le cahier des charges de la municipalité lui impose de lourds investissements initiaux. L’opérateur sélectionné devra financer et finaliser les travaux de trois chambres encore inachevées, sécuriser le périmètre en érigeant la clôture définitive du site, et moderniser les équipements. Au-delà du bâti, une clause sociale stricte a été intégrée : le gestionnaire aura l’obligation de recruter prioritairement sa main-d’œuvre parmi la population locale, offrant ainsi une bouffée d’oxygène au marché de l’emploi des jeunes Mounanais.
Un ticket d’entrée strict pour les investisseurs
En échange de l’exploitation exclusive de cette vitrine communale, la mairie exige un retour sur investissement direct. Le repreneur devra s’acquitter d’une redevance mensuelle fixe de 500 000 francs CFA versée aux caisses municipales. Une entrée d’argent régulière qui permettra à l’édilité de financer d’autres projets de proximité.
Pour éviter les déconvenues et garantir la pérennité du site, les critères de sélection des candidats s’avèrent particulièrement rigoureux. L’appel d’offres s’adresse exclusivement aux personnes physiques ou morales de droit gabonais capables de justifier d’une expérience minimale de deux ans dans l’hôtellerie ou la restauration de standing. Les candidats devront montrer patte blanche sur le plan administratif et financier, en prouvant leur régularité vis-à-vis de l’administration fiscale et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), tout en démontrant qu’ils ne font l’objet d’aucune procédure de faillite.
Faire du tourisme un relais de croissance post-uranium
Les opérateurs économiques intéressés ont jusqu’au 10 juillet 2026 pour déposer leur dossier de candidature au secrétariat de la mairie. À travers cette mise en concession, la municipalité cherche à rompre avec les méthodes de gestion étatiques du passé, souvent synonymes de dégradation des infrastructures publiques.
Pour Mounana, l’enjeu dépasse le simple cadre d’un établissement hôtelier. Il s’agit de structurer une offre d’hébergement crédible pour attirer les cadres de passage, les touristes et les investisseurs. En redonnant vie à ce motel, Emerick Cédric Maka Tongo espère créer un effet d’entraînement sur le commerce de proximité et inscrire durablement Mounana sur la carte des destinations économiques dynamiques de la région.
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