Brazzaville accueille une réunion d’urgence des experts de la santé d’Afrique centrale afin de renforcer la prévention face au regain de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. L’objectif est clair : empêcher toute propagation de l’épidémie au sein de l’espace communautaire.
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) refuse de céder à l’improvisation face au péril sanitaire. Réunis au Centre international de Kintélé à Brazzaville, les experts sanitaires des six États membres se penchent sur l’élaboration d’une stratégie commune rigoureuse. Cette mobilisation générale vise à contenir les risques de propagation de la maladie à virus Ebola (MVE), suite à la résurgence inquiétante de l’épidémie en République démocratique du Congo (RDC) voisine.
Cette rencontre d’urgence, orchestrée par la Commission de la CEMAC, matérialise la feuille de route adoptée par les ministres de la Santé de la sous-région. L’enjeu est de taille : il s’agit de consolider les dispositifs de prévention, de surveillance épidémiologique, d’alerte précoce et de riposte rapide. L’accent est particulièrement mis sur les points d’entrée frontaliers, zones critiques où la fluidité de la circulation des personnes accroît la vulnérabilité des États face aux menaces virales.

L’approche « Une Seule Santé » : le bouclier communautaire
Durant les travaux, les spécialistes des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale croisent leurs expertises autour de l’approche holistique « Une Seule Santé» (One Health). Cette synergie interdisciplinaire est désormais érigée en pilier incontournable de la lutte contre les pathologies émergentes et transfrontalières, liant la santé des populations à celle de leur écosystème.
Le Gabon réaffirme son leadership sanitaire en participant activement aux sessions via une délégation de haut niveau du ministère de la Santé. Libreville a déployé ses principaux cadres de la préparation et de la riposte : le directeur de l’Institut d’épidémiologie et de lutte contre les endémies, le directeur du Laboratoire national de santé publique, le directeur adjoint du Centre des opérations des urgences de santé publique, la cheffe du Service national d’éducation et de promotion de la santé, ainsi que le point focal de l’Institut des maladies infectieuses Professeur Daniel Gahouma.
Le front uni des institutions face au virus
Présidée par le ministre congolais de la Santé et de la Population, la cérémonie d’ouverture a bénéficié de l’assistance des représentants de l’OMS Afrique, de la Commission de la CEMAC et des partenaires techniques et financiers. Les allocutions protocolaires ont convergé vers une vérité géopolitique immuable : aucun État ne dispose, de manière isolée, des ressources nécessaires pour terrasser une menace biologique qui ignore superbement les lignes de démarcation territoriales.
Les débats techniques s’articulent autour de l’évaluation critique des capacités de détection aux postes-frontières, de la cartographie des besoins prioritaires de chaque pays et du retour d’expérience de la gestion de crise en RDC. Parallèlement, une importance majeure est accordée à la communication sur les risques et à l’engagement communautaire, leviers indispensables pour garantir l’adhésion des populations locales aux protocoles sanitaires d’exception.
Vers une forteresse sanitaire régionale
Au-delà de la simple gestion de crise, cette table ronde brazzavilloise ambitionne de transformer la coopération bilatérale en un véritable rempart institutionnel pérenne. Face à la dangerosité du virus Ebola, la CEMAC pose les jalons d’une gouvernance sanitaire intégrée.
À Kintélé, le mot d’ordre est à la fermeté opérationnelle : l’anticipation stratégique, la coordination technique et la solidarité financière s’imposent désormais comme les premières lignes de défense de l’Afrique centrale pour préserver la sécurité de ses peuples et la stabilité de ses économies.
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