À Dakar, le Gabon vient de recevoir une reconnaissance internationale qui conforte son ambition de replacer les langues nationales au cœur de l’école. Une distinction qui récompense une vision éducative défendue avec conviction par la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq.
Le Gabon a marqué un point important dans sa politique éducative le 3 juillet à Dakar, au Sénégal, à l’occasion de la réunion du Comité de coordination internationale du projet « École et langues nationales » (ELAN). Le pays y a été distingué pour les avancées enregistrées dans l’intégration des langues nationales au sein de son système éducatif, sous l’impulsion de la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq.
Devant les participants, la ministre a rappelé que les langues maternelles constituent un instrument essentiel de transmission des savoirs et de préservation de l’identité culturelle. « Les langues nationales, c’est d’abord un patrimoine », a-t-elle affirmé, appelant à protéger les idiomes aujourd’hui menacés. Citant Nelson Mandela, elle a replacé l’enfant au cœur de cette ambition : « Lorsque vous parlez à un enfant dans sa langue, vous touchez à son cœur. » Pour elle, cet apprentissage doit commencer dès les premières années de scolarisation afin de consolider durablement les acquis.
Une stratégie portée personnellement par Camélia Ntoutoume Leclercq
Cette consécration internationale récompense un travail de fond conduit personnellement par Camélia Ntoutoume Leclercq. Sous son leadership, un atelier national stratégique a permis de définir les orientations de l’enseignement des langues nationales, tandis qu’une collaboration étroite avec les linguistes et les enseignants-chercheurs a renforcé les bases scientifiques de cette politique.
La ministre a également impulsé la création de la Fédération gabonaise des activités culturelles en milieu scolaire (FEGACS), l’élaboration d’un calendrier national des activités socio-éducatives et le lancement du festival culturel scolaire Festi-School, présenté à Dakar comme un cadre permettant aux élèves de découvrir leur histoire, leur arbre généalogique et leur identité à travers le chant et les activités culturelles. Cette dynamique s’accompagne du retour des objets d’art au CEP, de la traduction de l’hymne national dans plusieurs langues locales, de l’institutionnalisation de la Semaine des langues nationales, ponctuée par la remise de distinctions aux « Gardiens de ses Cultures », ainsi que d’une étude sociolinguistique conduite avec la Francophonie dans le cadre du projet ELAN. Autre illustration de cet engagement, la ministre intègre désormais, dans ses discours officiels, des remerciements prononcés dans différentes langues nationales. À Dakar, elle a réaffirmé sa vision en soulignant que « Nous devons commencer très tôt, dès la petite enfance, car c’est là que l’enfant mémorise l’essentiel de sa langue », avant de rappeler le fil conducteur de son action : « Nos langues, nos racines, notre avenir éducatif. »
Le défi d’un enseignement durable des langues nationales
Cette reconnaissance renforce la volonté du Gabon de poursuivre son plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers afin d’amplifier cette dynamique, conformément à la vision du président de la République, chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait des langues nationales un levier de réussite scolaire et de préservation du patrimoine culturel.
Mais l’essentiel reste à construire. Pour produire pleinement leurs effets, les langues nationales devront être enseignées dès le pré-primaire et accompagner les élèves tout au long de leur parcours. Cette dynamique s’inscrit dans la vision du président de la République, visant à faire du système éducatif gabonais un modèle plus performant, plus inclusif et davantage enraciné dans les réalités nationales. C’est dans cet élan que la ministre a pu déployer tout son potentiel créatif en multipliant les réformes et les initiatives en faveur de la valorisation des langues nationales. Le cap demeure clair : inscrire durablement cette ambition dans les politiques publiques afin que les langues maternelles deviennent à la fois un héritage vivant, un facteur de cohésion nationale et un puissant moteur de réussite éducative.
