Près de trois semaines après le début d’une série d’incendies criminels à Malibé 1 (Akanda), dont Gabonclic en avait un large écho, le pyromane présumé court toujours, plongeant les riverains dans la peur et le sentiment d’abandon. Les habitants dénoncent l’absence de résultats de l’enquête policière, qui fait suite à la destruction par le feu d’un véhicule le 16 juin dernier.
L’obscurité n’apporte plus le repos aux habitants du quartier Malibé 1, dans la commune d’Akanda. Elle charrie désormais l’angoisse. Près de trois semaines après les premières révélations du média Gabonclic documentant une série d’incendies volontaires, le mystérieux pyromane qui sème la terreur dans la zone demeure insaisissable. Face au silence des enquêteurs et à la répétition des passages à l’acte, la colère commence à supplanter la peur au sein d’une population qui se sent cruellement livrée à elle-même.
Une tentative de meurtre économique avortée à l’aube
Le dernier incident en date, survenu le week-end dernier, confirme que le criminel est loin d’avoir désarmé. Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 juillet 2026, aux environs de 4 heures du matin, le pire a été évité de justesse chez Jhoel Dondia, un riverain installé à proximité immédiate de la précédente victime.

« Le chien aboyait furieusement depuis 4 heures du matin. Lorsque je suis enfin sorti, j’ai découvert un gros matelas enfoncé de force sous ma voiture, une Kia Sportage », confie-t-il, la voix encore tremblante. Tout indique que la vigilance de l’animal a mis le suspect en déroute avant qu’il ne puisse craquer une allumette. « C’est avec la peur au ventre que je décris cette situation. Il faut absolument que les autorités fassent quelque chose », alerte-t-il.
Un mode opératoire récurrent et destructeur
À Malibé 1, ce témoignage n’est pas une simple anecdote de voisinage. Il s’inscrit dans un protocole criminel désormais bien identifié par les résidents : le ciblage systématique des véhicules garés devant les concessions à des heures hautement stratégiques, lorsque le sommeil est le plus profond.
Cette méthode a déjà fait des ravages. Le 16 juin dernier, c’est un véhicule de marque Mitsubishi Pajero, propriété de Raymond Founa, qui s’était embrasé devant son domicile. Le sinistre, d’une violence extrême, avait entièrement calciné l’automobile avant de lécher les murs de l’habitation adjacente. Selon la plainte formelle déposée auprès de la Direction des enquêtes criminelles de la Police judiciaire (PJ), les occupants du logement ont frôlé l’asphyxie et le drame humain.
Le spectre de l’abandon et de la justice privée
L’absence de résultats visibles ou de communication officielle de la part des forces de sécurité commence à faire d’importants dégâts psychologiques. Pour les sinistrés et leurs voisins, ce vide institutionnel ne fait qu’alimenter l’audace et le sentiment d’impunité du criminel. Aucun suspect n’a été publiquement identifié à ce jour, et aucune interpellation n’a été annoncée.
Dans les ruelles de Malibé, chaque bruit suspect, chaque craquement nocturne ou chaque silhouette entrevue dans la pénombre déclenche une alerte générale. Les habitants s’organisent comme ils peuvent, mais la situation devient intenable à long terme.
Une question lancinante brûle désormais toutes les lèvres : combien de temps encore le quartier devra-t-il vivre en apnée avant que la police ne mette hors d’état de nuire le «pyromane de Malibé » ? Car derrière chaque tôle calcinée ou chaque tentative avortée, ce sont des familles entières qui redoutent que le prochain incendie ne se solde par une tragédie humaine irréparable.
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