Face à l’exaspération grandissante des populations privées de gouttes d’eau au robinet, l’Exécutif passe à la vitesse supérieure. Alliant déploiement militaire sur le terrain et baisse drastique des prix, cette opération d’envergure nationale vise à court-circuiter les dysfonctionnements internes de la SEEG pour étancher la soif de la capitale.
Le constat de carence ne pouvait plus durer. Dans un contexte social rendu électrique par les coupures d’eau à répétition, le sommet de l’État a choisi la méthode forte. C’est au lendemain d’une réunion de crise sans précédent au Centre de formation Jean Violas, entre le Président de la République et les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), que le couperet est tombé. Face aux représentants de l’État, les employés de la SEEG ont publiquement admis les graves dysfonctionnements internes qui paralysent le réseau public. En contrepartie, ils ont scellé leur engagement à soutenir des réformes structurelles profondes. Mais en attendant que les chantiers de fond portent leurs fruits, les Librevillois ont soif. L’Exécutif a donc officialisé le lancement immédiat de l’opération « État d’urgence de l’eau ».
L’armée appelée en renfort logistique
Pour faire face à l’urgence humanitaire latente, les autorités n’ont pas hésité à militariser la logistique de distribution. Placée sous la supervision directe de la Vice-présidence de la République et du ministère en charge de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, l’opération s’appuie sur le bras armé des Forces de défense et de sécurité. Une armada de 55 camions-citernes militaires et civils a été réquisitionnée pour engager une véritable bataille du ravitaillement.

Ce ballet de citernes est programmé pour saturer les zones les plus critiques du Grand Libreville. Les quartiers périphériques comme les centres urbains denses verront défiler les convois : de Nzeng-Ayong à Akanda, en passant par Owendo, le Centre-ville, Akébé, Bikélé, Glass ou encore Lalala. Aucun secteur sinistré ne doit être oublié par cette boussole humanitaire d’urgence.
Le business de la pénurie cassé par décret
Au-delà du défi technique, le gouvernement s’attaque de front aux spéculateurs qui profitaient de la détresse des ménages. Jusqu’ici, le prix d’une livraison de cuve d’eau par des opérateurs privés pouvait grimper jusqu’à 10 000 francs CFA, étranglant les budgets des familles les plus modestes. Par une mesure de régulation tarifaire immédiate et impérative, l’État a ordonné le plafonnement de ce service à 3 000 francs CFA.
Pour fluidifier la logistique et éviter l’anarchie des files d’attente, des numéros verts sectorisés vont être activés. Chaque bassin de résidence disposera de sa propre ligne d’appel pour centraliser les besoins des riverains et optimiser les rotations des camions-citernes.
Un test de transparence sous haute surveillance
Échaudées par les scandales de gestion passés, les autorités ont pris les devants pour sanctuariser l’opération. Des « mécanismes de contrôle rigoureux » ont été instaurés à chaque étape de la chaîne de distribution afin de couper court aux risques de détournement de la ressource ou de favoritisme. L’Exécutif en appelle d’ailleurs à la vigilance citoyenne, incitant les populations à collaborer activement avec les agents déployés sur le terrain pour dénoncer tout abus.
Au sommet des priorités nationales, cette opération coup de poing se veut le premier jalon d’une reprise en main totale des services publics fondamentaux. Pour le gouvernement, il ne s’agit plus seulement de colmater les brèches d’une tuyauterie défaillante, mais de sanctuariser l’accès à l’eau potable comme un droit constitutionnel inaliénable pour chaque citoyen gabonais. La bataille de l’eau du Grand Libreville ne fait que commencer.
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