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Conseil des ministres délocalisé de la ville pétrolière [5/6] Port-Gentil 2010-2026 : Oligui Nguema doit-il faire mieux qu’Ali Bongo ?

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Seize ans séparent deux Conseils des ministres délocalisés à Port-Gentil. En mars 2010, Ali Bongo avait choisi la capitale économique pour lancer une série de mesures : GOC, réforme du financement public, soutien à l’industrie du bois, lutte contre la corruption, interdiction des sachets plastiques et engagements pour Port-Gentil. En 2026, la comparaison s’impose. Non pour réhabiliter l’ancien régime, mais pour mesurer ce que le nouveau pouvoir doit faire de plus.

Le Conseil du 4 mars 2010 ne s’était pas limité au symbole du déplacement : il avait produit des décisions identifiables. La Gabon Oil Company devait renforcer la présence de l’État dans le secteur pétrolier ; l’Institut du pétrole et du gaz devait contribuer à la formation de compétences nationales ; les structures de financement public étaient réorganisées ; une caisse de relance et une caisse de plus-value étaient annoncées ; un fonds de 20 milliards de FCFA accompagnait la transformation de la filière bois ; Port-Gentil bénéficiait d’une convention de 43 milliards de FCFA avec l’AFD.

Certaines décisions ont effectivement laissé des traces. La GOC a été créée et a commencé à participer à la production pétrolière à partir de 2012. L’IPG, décidé à Port-Gentil, a ensuite fonctionné et formé des techniciens et ingénieurs pour la filière pétrolière. Mais tout le programme de 2010 n’a pas été exécuté à la hauteur des annonces.

Mais l’autre leçon est celle des promesses qui s’enlisent. L’École supérieure de commerce, annoncée pour être réalisée en quelques années, est devenue un symbole de chantier interminable. Les réformes doivent donc être évaluées sur leurs résultats, pas seulement sur leur adoption.

C’est ici que se situe le véritable défi d’Oligui Nguema. Faire mieux ne signifie pas multiplier les décisions. Il faut décider juste, financer, fixer des échéances, désigner les responsables, publier les indicateurs et rendre compte. Un Conseil des ministres réussi ne se mesure pas au nombre de pages de son communiqué, mais au nombre de décisions qui survivent à la cérémonie.

Au reste, en manque de popularité, complexé et en proie probablement aux esprits des nombreuses victimes de sa gouvernance, Ali Bongo s’était attaché, pour moins de 72 heures, les services de Lionel Messi. Le footballeur argentin et lui se sont rendus à Port-Gentil le 18 juillet 2015 pour poser la première pierre du nouveau stade prévu pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2017. Coût de l’opération, pas moins de 10 milliards de Fcfa. Une somme qui aurait pu servir à la construction des écoles. D’où l’urgence de sélectionner les priorités.

Les populations attendent toujours des réponses sur l’eau, l’électricité, la santé, l’emploi, la justice et les infrastructures. Les annonces sans suivi ne suffisent plus.

Pour le symbole, Ali Bongo avait déjà marqué l’histoire en faisant de Port-Gentil le premier théâtre de son dispositif de Conseils des ministres délocalisés. Seize ans plus tard, Oligui Nguema est attendu sur autre chose : la preuve. Le prochain Conseil devra montrer, par ses décisions et leur exécution, qu’une nouvelle République peut faire mieux.

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