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Gabon : Les députés de l’UDB à l’école de l’efficacité parlementaire

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Comment mieux légiférer, contrôler l’action publique et défendre les intérêts du Gabon lorsque les mécanismes du travail parlementaire sont encore à assimiler pour une partie des élus ? C’est autour de cette exigence que le groupe parlementaire de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) a réuni ses députés, les 11 et 12 septembre 2026, dans le cadre d’un séminaire consacré à l’éthique, à la déontologie, aux pratiques parlementaires et à la diplomatie parlementaire.

Avec 102 députés sur les 145 que compte l’Assemblée nationale, l’UDB dispose d’un poids politique qui lui confère aussi une responsabilité particulière dans le fonctionnement de la XIVe législature. L’enjeu, pour son président de groupe, Julien Florent Assoumou Akue, est donc de dépasser la simple présence en séance pour installer une culture du travail parlementaire.

« Pour l’atteinte de nos objectifs, la formation est une caution au rendement. » Cette formule de Julien Florent Assoumou Akue résume à elle seule la philosophie de la rencontre. Dans une Assemblée renouvelée, où une nouvelle génération d’élus découvre les exigences du mandat, la connaissance des procédures ne peut être réduite à une formalité. Elle conditionne directement la capacité à examiner un texte, défendre un amendement, contrôler l’action du gouvernement ou encore porter les préoccupations des circonscriptions.

L’éthique comme première ligne de responsabilité

Le séminaire a d’abord ramené les élus à une dimension souvent moins visible du mandat : les obligations attachées à la fonction. Le Dr Marcellin Mve Ebang, enseignant à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université Omar Bongo et ancien responsable parlementaire, a consacré son intervention à l’éthique et à la déontologie.

Son exposé, fondé notamment sur l’article 177 du règlement de l’Assemblée nationale, a rappelé les exigences d’intégrité, de probité, de dignité et d’exemplarité qui encadrent le comportement des parlementaires. Autrement dit, le mandat ne se résume pas à disposer d’un siège dans l’hémicycle. Il impose une conduite à la hauteur de la fonction et une discipline compatible avec les responsabilités confiées par les électeurs.

De la procédure au travail concret

La deuxième séquence, consacrée aux pratiques et aux relations parlementaires, a permis d’entrer davantage dans la mécanique du travail législatif. Animée par le Dr Ghislain Claude Essabe, directeur des Relations parlementaires de l’Assemblée nationale et secrétaire administratif de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, elle a porté sur les procédures et les rapports entre parlementaires et institutions.

Derrière cette technicité se trouve une réalité : un député mal outillé risque de subir la procédure là où il devrait pouvoir l’utiliser pour exercer pleinement son mandat. La formation cherche donc à rapprocher la théorie du travail quotidien des élus, notamment dans l’élaboration de la loi et le contrôle de l’action publique.

La diplomatie parlementaire, autre terrain de responsabilité

L’ouverture du Parlement gabonais sur l’extérieur a constitué l’autre volet du séminaire. Ancien député et ancien ministre des Affaires étrangères, Noël Nelson Messone a partagé son expérience de la diplomatie parlementaire, en insistant sur la nécessité pour les élus de mieux investir les réseaux et organisations interparlementaires.

Conférences parlementaires, groupes d’amitié et différentes plateformes internationales peuvent en effet constituer des espaces où se défendent les intérêts du Gabon, au-delà des débats strictement nationaux. Le Parlement panafricain, les organisations interparlementaires ainsi que les réseaux parlementaires associés à la Banque mondiale, au FMI ou encore à l’OCDE ont notamment été évoqués comme des cadres d’action possibles.

Une formation qui devra maintenant produire des effets

La présence du président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, ainsi que de membres du Sénat, a accompagné cette première étape. Mais l’essentiel se mesurera moins à la tenue du séminaire qu’à ses conséquences dans l’hémicycle.

Car la question posée par cette initiative est finalement celle-ci : les connaissances acquises seront-elles visibles dans la qualité des lois produites, la pertinence du contrôle parlementaire et la capacité des élus à défendre les intérêts de leurs électeurs ?

La réponse ne pourra pas être apportée par des discours. Elle devra se lire dans le travail parlementaire.

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