Trente ans de carrière au sein de Comilog et du Groupe Eramet, déroulée entre le Gabon, la France et la Nouvelle Calédonie, sept ans après avoir pris les commandes du premier producteur mondial de manganèse, Léod-Paul Batolo pourrait vivre ce mercredi 16 septembre 2026 son dernier conseil d’administration à la tête de Comilog. Un conseil qu’il a lui-même préparé, et auquel il prendra part.
Selon des sources bien introduites au sein du groupe Eramet, l’administrateur directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué quitterait non seulement Comilog, mais l’ensemble du groupe français. La décision serait déjà arrêtée. Elle pourrait être rendue officielle à l’issue du conseil d’administration convoqué ce mercredi 16 septembre 2026. À ce stade, ni Comilog ni Eramet n’ont confirmé cette information, et aucun communiqué n’a été publié.
Sept années de résultats
Nommé le 5 décembre 2018 par le conseil d’administration de Comilog, sur proposition d’Eramet, Léod-Paul Batolo prend officiellement ses fonctions le 1er janvier 2019, en remplacement du Français Hervé Montegu. Natif de Moanda, ingénieur et docteur en mécanique des fluides, entré dans la maison en 1997, il devient le deuxième Gabonais à diriger l’entreprise après Marcel Abéké.

Son bilan industriel parle de lui-même. À son arrivée, Comilog produisait environ 4,8 millions de tonnes par an et occupait la deuxième place mondiale. Cinq ans plus tard, la production dépasse les 7 millions de tonnes et l’entreprise s’est installée au premier rang mondial du manganèse à haute teneur. Cette montée en puissance s’appuie notamment sur l’ouverture, en octobre 2020, du plateau Okouma, après 58 ans d’exploitation exclusive du plateau historique de Bangombé.
La performance s’est doublée d’une exigence sécuritaire rare dans le secteur : le taux de fréquence des accidents est passé de 3,3 fin 2019 à moins de 1, faisant de Comilog une référence nationale et internationale. En 2024, malgré un marché mondial déprimé, l’entreprise affiche encore un chiffre d’affaires de 718,1 milliards de FCFA. Elle pèse plus de 2 000 emplois directs et près de 600 milliards de FCFA injectés chaque année dans l’économie gabonaise. En juin 2024, le conseil d’administration lui avait renouvelé sa confiance pour un mandat de quatre ans.
Au-delà des performances économiques, il faut mettre également à l’actif de Batolo la mise en place d’un fonds RSE qui a contribué à transformer le visage des villes de Moanda, Mounana et Bakoumba par des investissements en infrastructures routières, éclairage, adduction d’eau, soutien aux communautés. Le succès de la RSE a conduit l’entreprise à étendre les bénéficiaires dans d’autres localités de la Province du Haut-Ogooué et le reste du Gabon.
Et maintenant ?
Reste la question qui agite Libreville. Alors que les rumeurs d’un remaniement imminent se font insistantes, Léod-Paul Batolo pourrait-il rejoindre le gouvernement ? Son profil, technicien reconnu, gestionnaire de résultats, familier des grands équilibres industriels, en ferait un candidat naturel pour un portefeuille économique ou minier. À moins qu’un autre groupe international, dans un secteur où les managers de ce calibre sont rares, ne l’ait déjà approché. Les prochaines heures diront laquelle de ces hypothèses résiste aux faits.













