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Gabon : Scandale des jus MOZO et Gold, l’AGASA frappe le marché, la Douane au cœur des soupçons

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Un simple signalement citoyen sur les réseaux sociaux a suffi à ébranler la chaîne de contrôle sanitaire au Gabon. Le 9 septembre dernier, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a procédé à la saisie conservatoire de plusieurs cargaisons de jus des marques MOZO Juice et Gold. Derrière cette opération coup de poing, une anomalie chromatique suspecte et un vide juridique majeur qui posent une question sécuritaire brûlante : comment des produits non autorisés franchissent-ils impunément les frontières nationales ? Investigation sur les failles d’un système poreux.

L’affaire commence là où l’État a failli : sur les réseaux sociaux. Alertés par la vidéo virale d’une consommatrice pointant du doigt l’aspect visuel aberrant de ces boissons, les services de l’AGASA ont dû réagir dans l’urgence. L’opération de retrait visait à identifier et intercepter des lots de MOZO Juice et Gold dont la conformité est aujourd’hui lourdement remise en question.

Si la réactivité de l’agence est à saluer, elle met en lumière une dépendance inquiétante vis-à-vis de la vigilance populaire. Le constat des inspecteurs sur le terrain s’est avéré accablant : une modification suspecte de la coloration interne des jus. Une anomalie qui suscite l’ironie et l’inquiétude : quelle était la formule chimique initiale de ces boissons pour que leur aspect vire ainsi à l’œil nu ? À ce jour, l’AGASA concède que ses doutes reposent principalement sur cette altération physique, laissant planer le spectre d’une toxicité invisible que seules des analyses en laboratoire pourront confirmer.

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Le grand mystère des douanes : la porosité des frontières en question

Le nœud du problème dépasse la simple sécurité alimentaire pour toucher à la souveraineté économique et douanière du Gabon. Les premières vérifications de l’AGASA ont révélé une faille administrative majeure : les établissements importateurs de ces jus ne disposent d’aucune autorisation réglementaire d’importation.

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Dès lors, l’interrogation vire au réquisitoire. Si aucune autorisation n’a été délivrée par les autorités compétentes, par quels mécanismes logistiques ou de complicité ces montagnes de cartons ont-elles traversé les cordons douaniers du pays ? À moins que l’AGASA et la Direction générale des Douanes ne feignent de découvrir une production clandestine locale, l’hypothèse de réseaux de contrebande ou de passe-droits institutionnels s’impose d’elle-même. Cette affaire expose l’urgente nécessité d’auditer la coordination entre la surveillance des frontières et le contrôle sanitaire en aval.

Le principe de précaution entre salubrité publique et procès d’intention

Consciente de la portée économique de son intervention, l’AGASA tente de jouer la carte de la pondération. L’agence rappelle que la saisie « conservatoire » ne vaut pas condamnation de dangerosité absolue, mais s’inscrit dans un protocole d’évaluation des risques. Les investigations en cours devront déterminer l’innocuité réelle des liquides et tracer la genèse de l’anomalie de coloration.

Cependant, la méthode interroge. En exposant ces marques sans analyses toxicologiques préalables, les autorités ne cèdent-elles pas à la pression de la rue numérique au risque de détruire des commerces sur la base d’une potentielle dénonciation calomnieuse ? L’équilibre est précaire entre la protection légitime du consommateur et la préservation de la présomption d’innocence des opérateurs économiques.

L’attente du verdict : un vide anxiogène pour le consommateur

En attendant le verdict des éprouvettes, l’AGASA se décharge une nouvelle fois sur le civisme des Gabonais, les appelant à une « vigilance accrue ». Une posture qui agace l’opinion publique : l’État doit-il attendre que des produits frelatés fassent des victimes dans les hôpitaux pour acter scientifiquement leur dangerosité ?

Dans son communiqué officiel, la direction de l’agence promet que « les conclusions des investigations feront l’objet d’une prochaine communication ». Une promesse de transparence destinée à rassurer un marché de plus en plus méfiant envers les denrées importées. Mais en attendant cette clarification, le flou est total. Que doivent faire les consommateurs ? boycotter massivement par précaution ou s’improviser laborantins ? Quant aux commerçants dont la trésorerie est gelée par cette saisie, aucun calendrier de réhabilitation ou de destruction ne leur a encore été signifié. Une gestion de crise en pointillés qui démontre que, si le poison est parfois dans l’assiette, le dysfonctionnement est bel et bien dans l’administration.

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