L’école gabonaise ne manque pas seulement de discours ; elle manque de moyens, d’équipements, de maintenance, d’orientation et parfois de cohérence entre les ambitions affichées et les réalités du terrain. Le prochain Conseil des ministres délocalisé doit faire de l’éducation une priorité structurante et adopter, pourquoi pas, un véritable plan Marshall de l’éducation.
La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, ne ménage pas ses efforts pour traduire dans le système éducatif la vision portée par Brice Clotaire Oligui Nguema. Rendre l’école plus pratique et rapprocher la formation des besoins du pays est pertinent. Mais une transformation durable exige un engagement collectif, budgétaire et pluriannuel.
Le Gabon a besoin d’un plan qui commence par l’essentiel : des établissements sûrs, propres, équipés et entretenus. Laboratoires, ateliers, bibliothèques, salles informatiques, équipements sportifs, internats, sanitaires, eau et électricité doivent être considérés comme des instruments pédagogiques, et non comme des accessoires. Une école qui enseigne les sciences sans laboratoire, la technologie sans atelier ou le numérique sans connexion reste condamnée à expliquer le monde avec des moyens du siècle passé.

Le plan Marshall devrait également agir sur les enseignants. Recrutement selon les besoins réels, formation continue, accompagnement des débuts de carrière, gestion plus rationnelle des affectations et amélioration des conditions de travail doivent aller ensemble. Les effectifs par classe doivent aussi être traités.
L’orientation scolaire doit être un autre pilier. Le Gabon ne peut continuer à valoriser certaines filières tout en découvrant tardivement les besoins de son économie. Les secteurs du pétrole et du gaz, du bois, de l’agriculture, de l’élevage, des mines, de l’énergie, de la maintenance industrielle, du numérique, de la santé et des métiers portuaires nécessitent des compétences. L’école doit donc préparer davantage de jeunes à ces métiers, sans opposer enseignement général, technique et professionnel.
Enfin, un plan Marshall doit être chiffré et contrôlé : objectifs annuels, crédits identifiés, établissements prioritaires, délais et évaluation publique. Les projets abandonnés ou interminables doivent être recensés avant de multiplier les annonces.
À Port-Gentil, ville industrielle et portuaire, l’éducation peut devenir le symbole d’une nouvelle doctrine : investir dans les infrastructures, les enseignants et les compétences pour préparer le Gabon de demain. Le Conseil des ministres ne doit pas seulement parler de l’école ; il doit lui donner les moyens de réussir.













