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[Gabon : Après les affaires de l’île Mbanié et de Plaine Orety] L’urgente nécessité d’une véritable politique d’archivage

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Le 12 juin 2025, dans un libre  propos, le Révérend prophète Max Alexandre Ngoua, sociologue et Commandeur de l’Ordre national du Mérite, a lancé un appel à la conscience nationale. Son diagnostic est sans appel : le pays souffre d’un profond déficit de mémoire administrative et institutionnelle.

Alors que le Gabon est traversé par une série de tensions sociales, juridiques et diplomatiques, une problématique souvent négligée refait surface avec force : l’archivage. Plus qu’une simple question technique ou administrative, c’est un enjeu de gouvernance, de souveraineté et de justice sociale.

Selon l’UNESCO, « les archives sont une source essentielle de connaissance, de mémoire collective et un outil de gouvernance responsable ». Or, selon les propos du Révérend prophète, dans plusieurs dossiers récents, l’absence d’archives fiables a gravement compromis la transparence et la crédibilité de l’État. Aucune preuve médicale officielle n’a été communiquée dans l’affaire de l’exfiltration d’une famille vers l’Angleterre, jetant un doute sur les fondements de la justice. Aucun document authentifié sur la souveraineté de l’île Mbanié, affaiblissant la position diplomatique du Gabon. Aucune liste des personnes indemnisées dans le cadre du déguerpissement de Plaine Orety, provoquant une crise sociale majeure. Pour le Révérend Ngoua, cette carence chronique révèle « un État sans mémoire, sans transparence, un géant aux pieds d’argile ».

Pour une politique nationale d’archivage digne de ce nom

Face à ce constat, plusieurs mesures s’imposent pour bâtir une véritable politique publique de l’archivage. Entre autres : la revalorisation des métiers d’archiviste et de documentaliste, pourtant formés à l’École normale supérieure, mais souvent relégués au second plan ; le déploiement de solutions hybrides (numériques et physiques) dans toutes les administrations ; la construction de dépôts d’archives modernes, sécurisés, équipés et accessibles selon des protocoles clairs et la création d’un nouveau siège des Archives nationales, à la hauteur des ambitions d’un État moderne.

Une mémoire spirituelle et politique à reconstruire

Dans une lecture historique et spirituelle, le Révérend Ngoua rappelle que, dans la Bible, les Livres des Chroniques étaient des archives royales utilisées pour gouverner avec sagesse, rendre justice et transmettre l’histoire. Il appelle ainsi le Gabon à retrouver cette sagesse ancienne, en l’adaptant aux réalités contemporaines.

Un enjeu pour la Ve République

L’entrée du Gabon dans la Ve République, marquée par l’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema, offre une opportunité historique pour poser les fondations d’un État documenté, crédible et responsable. Car, au-delà des crises conjoncturelles, le fil conducteur des dysfonctionnements actuels est clair : l’absence d’archives fiables et accessibles.

Il est temps que le gouvernement gabonais érige l’archivage en priorité nationale. Il y va de la confiance des citoyens, de la solidité des institutions et de la transmission d’une histoire claire aux générations futures. Comme dit la sagesse : « Un pays sans archives est un pays sans racines. »

[Gabon : Accidents de la route] L’hécatombe silencieuse qui devrait interpeller les autorités

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Les routes de Libreville et de ses environs sont devenues, au fil des mois, de véritables pièges mortels. À peine le temps des douleurs d’une tragédie consolées qu’une autre survient déjà.

Entre négligence, incivisme et infrastructures déficientes, les accidents de circulation s’enchaînent à un rythme alarmant. Une situation préoccupante qui exige bien plus que des discours, elle appelle de la part des autorités à des actes concrets, visibles et durables.

Trois accidents en moins d’un mois

Le 9 juin dernier, un grave accident s’est produit dans le quartier Plein Ciel, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville. Si les circonstances exactes restent inconnues, des témoins évoquent une collision particulièrement violente.

Moins de deux semaines plus tôt, le lundi 26 mai 2025, une autre catastrophe a paralysé la circulation à hauteur de l’échangeur d’Awendjé. Là encore, l’imprudence et la vitesse excessive seraient en cause. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des véhicules gravement endommagés et font état de huit blessés, suscitant la consternation des riverains.

Mais l’accident le plus tragique est sans doute celui survenu le mercredi 15 mai, vers 4 heures du matin. Un véhicule a violemment percuté l’arrière d’un grumier en panne, stationné sans signalisation au PK 9. Le bilan est lourd : un mort sur le coup et trois passagers grièvement blessés, transportés d’urgence à l’hôpital militaire Omar Bongo. Ce drame, pourtant évitable, souligne l’urgence le renforcement des contrôles, mais aussi d’imposer des règles strictes pour la circulation des poids lourds, notamment pendant la nuit.

Un sursaut du ministre des Transports

Dans un communiqué officiel, daté du 22 mai 2025, le ministre d’État en charge des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a tenu un discours ferme dans lequel il a déclaré: « L’heure n’est plus à la compassion. Elle doit maintenant passer à l’action, à la rigueur et à la responsabilité. »

Le ministre d’Etat a aussi annoncé un durcissement des sanctions, avec des peines d’emprisonnement allant d’un à douze mois et des amendes pouvant atteindre 300 000 FCFA, même pour les délits routiers considérés comme « moins graves ». Mais à quand la mise en œuvre effective de ces mesures ? Et surtout, suffiront-elles à mettre fin au laxisme ambiant, à l’irresponsabilité des conducteurs et à l’anarchie qui règne sur nos routes ?

Un appel citoyen à l’action concrète

Ce que les Gabonais attendent désormais, ce ne sont pas de nouvelles promesses, mais des résultats tangibles. Les contrôles doivent être renforcés, les sanctions appliquées sans faiblesse et la prévention intensifiée, que ce soit dans les médias, les établissements scolaires ou les transports publics. Il est urgent de lancer des campagnes de sensibilisation régulières, de réhabiliter la signalisation routière, d’encadrer plus strictement la circulation des grumiers et de sécuriser les routes, de jour comme de nuit. Car derrière chaque accident, il y a des familles brisées, des vies perdues.

Démolition des habitats anarchiques situés derrière l’Assemblée nationale : L’indignation de l’Union Nationale, rompt-elle le pacte républicain avec Oligui Nguema ?

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Alors que Libreville est secouée par les pleurs des déguerpis de Plaine-Orety, une voix inattendue s’élève… mais pas pour agir. L’Union Nationale, parti de Paulette Missambo, présidente du Sénat et alliée du régime en place, choisit la voie de l’indignation tardive et trouble. Entre duplicité politique et silence institutionnel, le malaise est profond.

Dans un contexte de tensions urbaines marquées par des scènes de casses, de pleurs et d’expulsions brutales, l’Union nationale (UN) a rompu le silence. Le 7 juin 2025, ce parti de l’ancienne opposition, aujourd’hui partenaire du régime, a fait une déclaration dénonçant avec vigueur les opérations de déguerpissement entamées depuis le 2 juin dans les quartiers de Plaine-Orety et Derrière-l’ambassade de Chine à Libreville. Selon le communiqué, ces évacuations menées « avec une rare violence » ont laissé « des milliers de familles sans-abri », au moment même où la capitale vit au rythme des examens scolaires.

L’UN, tout en reconnaissant la nécessité de repenser l’urbanisme de Libreville, fustige la méthode : « brutale », « inhumaine », voire « méprisante pour la dignité humaine ». Le parti exige, notamment, deux choses : que les deux chambres du Parlement interpellent le ministre de l’Habitat, à travers la création d’une Commission d’enquête parlementaire, et que l’État indemnise équitablement les victimes de ces déguerpissements. Une posture qui semble de bon sens dans un État démocratique. Mais qui, au regard du positionnement de l’UN et de sa présidente, sème surtout le doute.

L’ambiguïté d’un double discours

La déclaration du 7 juin soulève une question fondamentale : comment le parti dirigé par Paulette Missambo, actuelle présidente du Sénat et proche soutien de Brice Clotaire Oligui Nguema — qui l’a nommée à cette fonction dès le 15 septembre 2023 — peut-il appeler à une interpellation parlementaire, alors que cette même Paulette Missambo préside l’une des deux chambres concernées ? Cela pose un sérieux problème d’éthique, d’intégrité politique et aussi de cohérence institutionnelle.

Est-elle étrangère aux décisions de l’Exécutif ? Si oui, cela signifie que le Sénat, deuxième institution de la République, est marginalisé ou dysfonctionne. Si non, alors la sortie publique de l’Union nationale ressemble davantage à une opération de communication, voire à une récupération politique opportuniste, qu’à une réelle volonté de changement ou de protection des populations sinistrées. Pire encore, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, de la Fonction publique et de la Santé sous Omar Bongo, entre 1990 et 2007, ne peut ignorer l’historique du dossier Plaine-Orety, qui remonte à cette époque. Elle connaît donc le fond du problème. Elle sait que la question foncière dans ces zones est ancienne, mal gérée et régulièrement instrumentalisée. Pourquoi, alors, n’avoir pas contribué à une solution durable à l’époque, ni aujourd’hui en tant qu’acteur majeur de la 5e République ?

En tant que présidente du Sénat, représentant les collectivités locales, elle aurait dû, depuis le premier jour des casses, convoquer le gouvernement, exiger des comptes et guider la réponse institutionnelle. À défaut d’agir, elle fait signer un texte, oubliant qu’elle est surtout garante du dialogue entre l’Exécutif et le peuple.

Une déclaration de trop ?

En définitive, cette prise de parole de l’Union nationale, aussi bienveillante soit-elle dans la forme, révèle surtout un malaise démocratique : quand les institutions parlent sans agir, et quand ceux qui peuvent apaiser préfèrent dénoncer sans agir, le peuple perd confiance. En ce sens, cette  » indignation  » ressemble à une pièce de théâtre politique, jouée au mauvais moment et avec de mauvais acteurs.

Une comédie républicaine, dans laquelle Paulette Missambo peine à faire oublier qu’elle est, aujourd’hui plus que jamais, comptable du sort des déguerpis.

Gabon : Henri Claude Oyima remballe les anciens codes des conférences budgétaires

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Le nouveau ministre d’Etat, ministre de l’Économie, des Finances, des Participations, de la Dette, en charge de la lutte contre la vie chère, a surpris ses collaborateurs le mardi dernier lors de la toute première séance de travail collective des entités sous-tutelle destinée à plancher sur la méthodologie de la conférence budgétaire. Et rien ne passera comme avant. Voilà pourquoi !

Le 03 mai dernier, lors de sa prestation de serment devant Dieu et devant les Hommes, Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouveau président de la République plébiscité avec plus de 94 % du suffrage électoral exprimé, invitait les Gabonais, ses compatriotes à « rêver grand ». Question : mais comment « rêver grand » si on continue, au quotidien, à faire la même chose tout en espérant des résultats différents ? Sauf à se mentir à soi-même, cela relèverait du miracle. Et à ce sujet, un miracle se produit une fois tous les trois siècles. Parce que, allons-y réveiller le défunt Albert Einstein, physicien théoricien allemand pour s’en convaincre : « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ».

C’est pourquoi, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Gabon est riche mais les populations sont pauvres avec des structures collectives de prise en charge de l’individu quasiment inexistantes : systèmes de l’éducation et de santé en lambeaux, réseau routier en boue… Il faut donc faire « quelque chose ». Et cela très rapidement. Et, pour cela, il faut sortir de « l’habitude », des « anciens schémas », de « l’expérience » … Ce « on a toujours fait comme ça » qui a montré ses limites.

Gabon : Henri Claude Oyima remballe les anciens codes des conférences budgétaires
Pour développer le pays, il y a lieu de gérer les fonds avec parcimonie.

Une grande réunion avec le nouveau patron de ce département ministériel

Mardi dernier, dès potron-minet, les responsables (intérimaires) des entités sous-tutelle du ministère de l’Economie, des Finances, des Participations, de la Dette, en charge de la lutte contre la vie chère, étaient sur le pont. A 10h, ils avaient une grande réunion avec le nouveau patron de ce département ministériel, Henri Claude Oyima. Point, entre autres,  à l’ordre du jour : revisiter les fondements conceptuels des conférences budgétaires ministérielles en vue de l’élaboration du projet de loi de finances.

Selon nos informations corroborées par plusieurs participants à ce tour de table, de 10 h à 14 h, Henri Claude Oyima et ses collaborateurs ont passé en revue, chapitre par chapitre, ligne par ligne, l’ossature d’une conférence budgétaire. « Dès le début de la réunion, dit l’un des participants, à peine nous prenions la parole pour expliquer comment nous procédions auparavant que le ministre nous a demandé de tout remballer ».

On ne peut chercher à dépenser ce qu’on n’a pas

Contrairement à l’approche par « dépenses », servie chaque année par « les experts du budget », Henri Claude Oyima préfère celle « des recettes » pour les conférences budgétaires. Son constat est simple : on ne peut chercher à dépenser ce qu’on n’a pas ; mais plutôt ce qu’on a. Avec 4000 milliards de Fcfa de dépenses projetées et 1000 milliards de Fcfa estimés de recettes, par le passé, comment ne pas s’étonner des budgets exécutés uniquement à hauteur de 10% ? Dès lors, il faut rechercher des exemples de développement à travers le monde. Et très rapidement le curseur est pointé sur : Doubaï et Singapour. Des exemples à suivre pour sortir de la cacophonie des années passées.

Tout au long de cette réunion, dans une démarche collaboratrice, les participants ont examiné les gisements de recettes, régie financière par régie financière, pour aboutir à un montant potentiellement « atteignable ». A partir de cet instant, une fois ce montant connu – en fonction de la vision et des instructions du président de la République, chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema – des coefficients seront affectés à chaque département ministériel. Exemples 25 % des 4400 milliards de Fcfa de recettes affectées à l’Education ; 15 à la Santé ; 5% aux Sports ; 10% à la Défense…. Et chaque responsable des départements ministériels viendra, conscient du budget qui lui a été alloué, proposer ses dépenses.

Gabon : Henri Claude Oyima remballe les anciens codes des conférences budgétaires
Pour développer le pays, il y a lieu de gérer les fonds avec parcimonie.

Ce qui permettra d’obtenir une loi de finances conforme à la réalité des recettes et des dépenses. Voilà la nouveauté !

Idriss Ngari dans l’au-delà : L’homme qui vécut pour servir, adieu au Général du peuple

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L’homme n’est rien dans le néant. Certains vivent tout simplement, peu existent pour servir les autres. Idriss Ngari avait choisi la deuxième option. Mardi 27 mai 2025, au Maroc, le Gabon a perdu l’un de ses fils les plus engagés, le général « Tonnerre ». Un militaire de rigueur, un homme de vérité, un bâtisseur de destinées, une légende vivante qui entre désormais dans l’éternité. Alors qu’il sera enterré ce samedi à Ngouoni, sa terre natale, ses obsèques aujourd’hui ont fait salle comble. Symbole, de son vivant, d’un homme au service de son prochain. Parcours d’un militaire exceptionnel.

Né le 2 avril 1946 à Ngouoni, dans la province du Haut-Ogooué, Idriss Ngari fut bien plus qu’un homme d’État ou un militaire. Il fut l’incarnation même du service. Sa vie est une ode à la discipline, à l’honneur et à une fidélité inébranlable envers la République gabonaise.

Formé au sein des meilleures institutions militaires, il gravit, à une vitesse fulgurante, les échelons de l’armée jusqu’à devenir Chef d’état-major des Forces armées gabonaises entre 1984 et 1994. Ce poste, hautement stratégique, marquera le début d’un long et loyal compagnonnage avec l’État.

À partir de là, il entra de plain-pied dans la haute administration politique du pays. Le général occupa successivement des fonctions ministérielles de premier plan : ministre de la Défense nationale, ministre de l’Intérieur, ministre des Travaux publics, ministre des Transports, ministre du Tourisme, ministre de la Santé. Peu de Gabonais auront autant servi sous autant de gouvernements et dans autant de domaines névralgiques. Idriss Ngari, c’était la constance, la compétence, la loyauté.

Humainement, ceux qui l’ont côtoyé parlent d’un homme droit, franc, rigoureux, mais profondément bienveillant. Un soldat des institutions, un frère pour les siens, un père pour toute une génération de jeunes officiers et d’administrateurs qu’il a formés et accompagnés.

Ngouoni, le chef-d’œuvre d’un visionnaire

Mais au-delà des hautes sphères du pouvoir, c’est dans sa ville natale que le Général a imprimé sa plus forte empreinte. Ngouoni ne serait pas Ngouoni sans Idriss Ngari. Quartiers tracés avec précision, logements sociaux accessibles, voiries entretenues, hygiène urbaine exemplaire… Tout dans cette ville porte l’empreinte du bâtisseur qu’il fut.

Il ne s’est pas contenté de commander ; il a fédéré. Par l’association Tsoumou (Entente), il a su créer un écosystème de solidarité, de développement et d’ascension sociale pour les fils et filles de Ngouoni. Aujourd’hui, Tsoumou c’est une institution : hauts cadres, fonctionnaires, étudiants, entrepreneurs, chômeurs… tous trouvent en elle un pilier de l’espérance.

Qu’il s’agisse de promotion dans l’administration, d’obtention de bourses, d’insertion dans les forces de défense et de sécurité, ou de soutien social, Idriss Ngari a tissé une toile de sécurité, d’entraide et d’ambition pour sa communauté et au-delà. Il a rendu Ngouoni incontournable. Il a fait plus que construire une ville : il a façonné un peuple.

Il était un père protecteur pour tout le monde. A titre d’exemple, lorsque le 29 août 2014 Jeannot Kalima est placé en détention préventive à la prison centrale de Libreville, lui, Idriss Ngari pique une grande colère. Il menace, glisse une source digne de foi, avec vigueur de faire des révélations à « La Loupe », votre canard si son ancien directeur de cabinet n’est pas relaxé. Ce qui fut fait parce que le mis en cause n’avait rien à se reprocher mais il était simplement victime de la vendetta d’Ali Bongo contre ceux qui, même en coulisses, dénonçaient la mauvaise gouvernance du Gabon.

Un guerrier courageux, une voix libre

Certes, sa proximité familiale avec Omar Bongo Ondimba et son alliance matrimoniale avec la famille présidentielle (son mariage avec Ambroisine Olemi, sœur cadette de Patience Dabany) lui ont ouvert certaines portes. Mais la grandeur d’Idriss Ngari réside ailleurs : dans son courage à dire la vérité, même quand elle dérangeait.

Le 5 mai 2015, dans un hémicycle anesthésié par le silence complice, il osa. Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, il dénonça sans ambages, la mauvaise gouvernance, les lenteurs administratives, les dérives budgétaires. Une prise de parole historique, à une époque où Ali Bongo Ondimba était au sommet de son autoritarisme, soutenu dans la bêtise par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, gendre d’Idriss Ngari, à l’époque.

Le général refusa d’adoucir ses propos, malgré les pressions des obligés de l’enfant roi. Il tint bon. Il choisit ses mots – dans une autre intervention le lendemain – pour éviter la rupture, mais le message passa. Et l’histoire lui donna raison. Le 30 août 2023, grâce à l’action des militaires, le peuple mit fin à un régime décrié. Le courage du général, lui, était déjà gravé dans le marbre.

Un visionnaire au-delà du temps

On dit que les grands hommes pressentent l’Histoire. En 1990, lors des émeutes populaires, il fit déboulonner la statue d’Omar Bongo du Rond-point de la Démocratie pour la protéger… à Ngouoni. Un geste apparemment banal, mais hautement symbolique. Le pouvoir s’était replié chez lui.

Mieux encore, le général avait un protégé : Brice Clotaire Oligui Nguema. C’est lui qui le fit venir à Libreville, l’incorpora dans l’armée, l’envoya au Maroc, le plaça auprès d’Omar Bongo comme aide de camp. Aujourd’hui, ce même Brice Clotaire est président de la République gabonaise. Le mentor n’est plus, mais le disciple guide la nation. Visionnaire, oui. Prophétique, sans doute.

Le chant du souvenir : un hommage éternel

Idriss Ngari n’était pas parfait, nul ne l’est. Mais il était profondément utile. Il a aimé le Gabon avec une force rare. Il a servi son pays, construit sa ville, élevé les siens, façonné un état d’esprit à ses propres, affronté le mensonge. Il laisse un héritage colossal et un vide abyssal : des semences et non des cendres. Il appartient aux uns et aux autres de faire pousser l’amour, maintenir la cohésion dans le socle familial, faire prospérer ses œuvres…

Il va terriblement manquer à Ngouoni et au Gabon. Comme le dit Maximus Decimus Meridius, incarné par Russell Crowe dans Gladiator : « What we do in life echoes in eternity. »
(Ce que nous faisons dans la vie résonne dans l’éternité). Oui, les actions d’Idriss Ngari résonnent. Elles résonneront encore longtemps dans les cœurs, dans les mémoires, dans les murs mêmes de Ngouoni, cette ville qu’il a façonnée, pierre après pierre, rêve après rêve.

Reposez en paix, Général, Monsieur le Ministre, Honorable !

Le peuple vous salue.

[Gabon : Littérature et la culture] « Des fondements essentiels du développement de notre pays », selon Sylvie Ntsame

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Cette maxime est de la directrice générale des Éditions Ntsame, prononcée le 11 juin 2025, à l’occasion d’une visite officielle au siège de l’Union des Écrivains Gabonais (UDEG), marquée par la remise d’un important don pour l’amélioration des conditions de travail des membres de cette organisation.

Mobilier, matériel de bureau, peinture, climatiseurs… le don remis ce jour est considérable. Il s’inscrit dans une démarche de Responsabilité sociale des entreprises (RSE), mais il exprime surtout quelque chose de plus profond : le besoin de renforcer les conditions dans lesquelles naît la parole littéraire au Gabon. « ce geste dépasse la simple générosité. Il reflète notre conviction que la littérature et la culture constituent des fondements essentiels du développement de notre pays », a déclaré Sylvie Ntsame. Un propos fort, qui engage à la fois le secteur privé, les institutions culturelles et les citoyens eux-mêmes.

Mais la chaîne du livre ne s’arrête pas à la production. Encore faut-il que les que les lecteurs existent et que livres soient lus. Car sans lectorat, la littérature tourne à vide. En ce sens, l’action des Éditions Ntsame pose aussi un autre enjeu : celui de la circulation des œuvres gabonaises, de leur visibilité et de leur accès au public.

Aujourd’hui, plusieurs défis se posent : la faible présence des ouvrages locaux dans les librairies, le manque de dispositifs de médiation culturelle, et une politique publique du livre encore trop timide. L’effort des éditeurs, aussi louable soit-il, doit donc s’accompagner d’une stratégie nationale de valorisation de la lecture, en particulier celle des œuvres gabonaises.

En soutenant l’UDEG, les Éditions Ntsame rappellent que les écrivains sont des acteurs sociaux à part entière : ils racontent, transmettent, interrogent. Ils inspirent. Selon la donatrice, offrir des conditions dignes de travail à ces bâtisseurs de récits, c’est investir dans une mémoire collective, une pensée nationale, une parole enracinée. Reste à faire en sorte que cette parole soit écoutée, lue, partagée. Car c’est aussi par les lecteurs que la littérature prend vie.

L’Union des écrivains gabonais, par la voix de son président et de l’ensemble du bureau, a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit des Éditions Ntsame, saluant une « démarche exemplaire » et espérant qu’elle fasse école.

[Gabon : Le casse-tête du manque de monnaie] un fléau qui plombe le quotidien des usagers

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Dans le quotidien des Gabonais, prendre un taxi, un clando ou faire des petites courses devient un véritable parcours du combattant, non pas à cause du trafic ou de l’affluence, mais pour une raison bien plus terre à terre : le manque de pièces de monnaie. Une situation qui, loin d’être anecdotique, impacte fortement la fluidité des transactions et alimente tensions et frustrations, notamment dans le secteur des transports.

Dans les rues de Libreville, la scène est presque toujours la même : le client tend un billet de 1000 ou 500 FCFA pour payer un trajet ou faire un achat, le commerçant ou le chauffeur répond, avec la même rengaine : « Je n’ai pas la monnaie. »

Cette réponse, devenue un refrain lassant, oblige souvent le client à chercher désespérément de la petite monnaie, à négocier avec d’autres passagers ou à se rabattre sur un autre taxi ou commerçant.

Pour Nathalie Assengone, une employée de bureau à Libreville, c’est un casse-tête quotidien  « Chaque matin, je dois jongler entre trouver un taxi et m’assurer que j’ai assez de pièces. Si je donne un billet de 1000, le chauffeur refuse ou me demande d’attendre qu’il trouve de la monnaie, ce qui me met souvent en retard », dit-elle.

Des pratiques abusives qui alimentent les tensions

Le manque de pièces de monnaie n’est pas qu’un simple désagrément, il devient parfois le prétexte à des abus. Des chauffeurs de taxi ou de clando en profitent pour imposer des conditions arbitraires : refus de prendre un client sans la monnaie ou garder le reliquat. Et parfois, avec une attitude agressive envers les clients qui insistent pour avoir leur dû. Un comportement qui alimente le sentiment d’injustice chez les usagers, déjà confrontés à la cherté de la vie.

Pourquoi cette pénurie de petites coupures ?

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il tend à s’aggraver ces dernières années. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : une mauvaise répartition des pièces par les institutions bancaires, qui préfèrent souvent manipuler de gros billets ; le peu d’attractivité des petites coupures pour les commerçants, qui rechignent à les conserver, craignant de se retrouver avec un stock peu utile ; une gestion informelle des transactions, notamment dans le secteur des clandos, où aucun dispositif d’encaissement formel n’est mis en place. À cela s’ajoute un comportement paradoxal : tout le monde a besoin de monnaie, mais personne ne veut la rendre. Résultat, le cercle vicieux se perpétue.

Face à cette situation, des pistes de solution existent : améliorer la circulation des pièces de monnaie en contraignant les banques à alimenter régulièrement le marché en pièces de 100, 200 et 500 FCFA. Encadrer les pratiques des chauffeurs de taxi et de clando, en imposant des règles strictes sur la tarification et l’obligation de rendre la monnaie. En attendant, ce sont les usagers qui subissent au quotidien. Dans un pays où chaque franc a son importance, le simple fait de ne pas pouvoir récupérer sa monnaie reste une source d’exaspération. Il est temps que ce problème soit pris au sérieux, car au-delà du désagrément, c’est une question de respect des droits des consommateurs et d’équité dans les échanges.

[Gabon : Déguerpissement des habitants] Des familles jetées à la rue, des maisons réduites en poussière, le REDHAC réagit

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Ces derniers jours, dans ce quartier des premier et deuxième arrondissements de Libreville, situés derrière l’Assemblée nationale, les ambassades de Chine et de Russie, les bulldozers sont passés, laissant derrière eux un champ de ruines.

C’est au milieu de ces décombres que Jeanne Clarisse Dilaba, coordinatrice nationale du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), s’est exprimée ce mercredi 11 juin 2025 devant plusieurs médias. Elle dénonce un drame social qui dépasse les murs effondrés : « Ce que nous voyons ici, c’est une profonde absence d’humanité et de compassion. », a-t-elle déclaré.

Selon le REDHAC, ces déguerpissements ont été opérés par le Génie militaire sans qu’aucune information officielle n’ait été diffusée au préalable. Pas d’avertissement, pas de négociation, encore moins de mesures d’accompagnement. Résultat: des familles entières, pour la plupart des locataires, se retrouvent sans abri, livrées à elles-mêmes. « Ce ne sont pas juste des maisons qu’on a détruites, mais des vies qu’on a piétinées», affirme l’organisation. Elle dénonce une opération brutale, conduite dans le silence, sans dialogue ni présence d’acteurs de la société civile ou de défenseurs des droits humains. Pour le REDHAC, il ne s’agit pas d’un simple déguerpissement, mais d’un acte de « déshumanisation silencieuse ».

En plus de l’absence d’information, les personnes expulsées déclarent n’avoir reçu aucune compensation. Un fait qui va à l’encontre de l’article 20 de la Constitution gabonaise, adoptée en 2024. Pire encore, aucune mesure n’aurait été prévue pour les plus vulnérables : femmes enceintes, enfants, personnes âgées ou vivant avec un handicap.

Le REDHAC rappelle que le Gabon est signataire de plusieurs engagements internationaux, notamment les Principes directeurs de l’ONU sur les expulsions forcées. Ceux-ci interdisent les expulsions sans préavis, imposent des compensations équitables, des solutions de relogement et la possibilité de recours pour les victimes. « Personne ne devrait se retrouver sans toit ni secours après une expulsion », insiste Dilaba. Elle plaide pour que les futures opérations soient menées dans le respect des droits humains, avec dignité, sans violence ni précipitation.

Face à ce qu’il qualifie de crise humanitaire, le REDHAC salue l’initiative du député Ella Engonga, qui a déposé une demande d’enquête parlementaire. « Nous espérons que cette commission sera mise en place rapidement », souligne Jeanne Clarisse Dilaba, qui appelle aussi à des mesures urgentes pour venir en aide aux sinistrés et leur redonner un peu de dignité.

Interview de Joscelain Lebama du STRIMM : « Cela fait des décennies que nous voyons nos ressources partir à l’étranger pendant que les routes s’effondrent…. »

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Adoptée en Conseil des ministres, présidé par le chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema, le 30 mai dernier, l’interdiction formelle d’exportation du manganèse à l’état brut vise à impulser une nouvelle dynamique en faveur de la transformation locale des matières premières. Avec en ligne de mire, l’augmentation de la valeur ajoutée nationale et l’amélioration concrète des retombées économiques pour les populations. Dans un contexte où la quête de souveraineté économique et la volonté de rompre avec un modèle extractiviste hérité du passé s’intensifient, cette mesure fait réagir les acteurs du secteur. Pour en comprendre les enjeux et les points de vue des travailleurs, la rédaction de Gabonclic.info a tendu le micro, le mercredi 11 juin 2025, à Joscelain Lebama, secrétaire général du Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques (STRIMM).

Gabonclic.info : Quelle est la lecture du STRIMM de cette nouvelle décision du président de la République ?

Joscelain Lebama : C’est une décision majeure que nous saluons avec enthousiasme. Il était grand temps de tourner la page d’un système de comptoir hérité de l’ère coloniale, où le Gabon se contentait de vendre sa richesse brute sans en récolter les fruits. Cela fait des décennies que nous voyons nos ressources partir à l’étranger pendant que les routes s’effondrent, que les écoles manquent de moyens et que nos hôpitaux peinent à fonctionner. Pendant ce temps, ce sont les grandes métropoles internationales qui prospèrent grâce à notre manganèse. C’est une aberration.

Nous disons stop à ce modèle injuste, inefficace et destructeur de talents locaux. Le STRIMM soutient sans réserve cette orientation politique courageuse portée par le Chef de l’État. Elle est non seulement salutaire, mais nécessaire.

 Quelles peuvent être les effets immédiats pour les travailleurs ?

Il ne faut pas se leurrer : la mutation ne sera pas instantanée. Mais si elle est bien pilotée, cette réforme peut être le début d’un véritable redressement industriel. Nous saluons la décision d’instaurer une période transitoire de trois ans, qui laisse le temps aux industriels de s’adapter et de bâtir des unités de transformation sur place. Mais que cela soit bien clair : cette période ne doit pas servir de prétexte pour prolonger l’exportation du minerai brut. Nous attendons un ralentissement progressif mais ferme de l’exportation à l’état brut, dès maintenant. C’est une exigence de justice économique, mais aussi de cohérence politique.

Interview de Joscelain Lebama du STRIMM : « Cela fait des décennies que nous voyons nos ressources partir à l’étranger pendant que les routes s’effondrent…. »

 Qu’attendez-vous concrètement des opérateurs industriels ?

Nous exigeons un alignement sans ambiguïté avec la vision exprimée par le Chef de l’État. Fini les manœuvres dilatoires, les justifications techniques douteuses ou les jeux d’influence. Soit on accompagne cette nouvelle dynamique, soit on laisse la place à ceux qui y croient vraiment. Les entreprises qui se disent « partenaires du Gabon » doivent aujourd’hui le prouver par des actes. L’heure est à la responsabilité industrielle. Il faut produire autrement, ici et pour le Gabon.

 Le STRIMM a-t-il engagé des démarches officielles ?

Absolument. Nous allons très prochainement saisir les autorités compétentes pour réclamer la création d’un comité de suivi indépendant, où siégeraient les syndicats, les experts du secteur et les représentants de la société civile. Il est indispensable d’instaurer un cadre de veille rigoureux. La parole présidentielle doit se traduire en une feuille de route concrète, avec des échéances précises, des engagements chiffrés et des sanctions à la clé pour les réfractaires. Il ne s’agit pas d’un simple effet d’annonce. C’est une bascule historique.

 Et sur le plan politique, cette mesure pourrait-elle engendrer des tensions ?

À mon avis, non. Les Gabonaises et les Gabonais devraient accompagner le gouvernement dans cette décision, et les partenaires historiques doivent comprendre que le Gabon est un pays souverain. Il n’y a pas de raison qu’il y ait une quelconque ambivalence ou volonté de freiner cette révolution industrielle. Nous sommes restés trop longtemps sous une emprise coloniale. Il est temps que le Gabon sorte de ce système. À mon sens, il n’y aura pas de répercussions politiques.

 Un mot à l’endroit des travailleurs et des populations ?

D’abord, un mot aux travailleurs. Il faut qu’ils s’engagent pleinement dans ce tournant historique. Le Gabon va, pour la première fois, mettre en place un système de transformation locale. Il faut que nous soyons disponibles, ouverts à la formation et prêts à saisir toutes les opportunités qui seront offertes. Aux populations gabonaises, je demande de saluer cette décision historique et d’accompagner le Chef de l’État dans cette démarche souveraine.

Actualité oblige, quelle analyse faites-vous du déguerpissement des populations de Plaine Orety et derrière l’Assemblée nationale ?

Nous devons arrêter d’être démagogues. Les Gabonais ont longtemps réclamé un changement. Nous avons critiqué l’ancien régime et salué l’arrivée des militaires au pouvoir, aujourd’hui au service de la 5ᵉ République. Celle-ci veut répondre aux aspirations des populations à travers des réformes. Oui, les images diffusées ne sont pas belles. Nous avons tous des proches qui habitaient ces zones et cela ne fait plaisir à personne de les voir à la belle étoile. Mais la vraie question est : une indemnisation a-t-elle été versée à ces populations ? Certains affirment qu’ils n’ont rien reçu et que leurs logements ont été détruits. Il appartient au gouvernement de faire la lumière, mais avec le concours des citoyens. Il faudrait que les personnes réellement indemnisées le reconnaissent honnêtement et que celles qui ne l’ont pas été s’organisent, dressent une liste et la transmettent aux autorités pour permettre un dénouement équitable. On ne peut pas vouloir un changement et s’y opposer en même temps. Des projets émergent, des infrastructures sortent de terre. Il faut faire confiance au gouvernement. Je demande à ce dernier de se rapprocher des populations à travers un comité dédié, afin d’établir les responsabilités : qui a fait quoi ? Qui n’a pas fait ce qu’il fallait ? Si de l’argent a été débloqué, où est-il passé ? Il faut sortir de l’esprit de « copains et coquins », pour reprendre les mots du Président de la République. Que les fautifs rendent des comptes ou soient traduits en justice.

Certains fustigent non pas le projet, mais la manière dont les évènements se sont déroulés, quel est votre avis ?

Certains vont peut-être me critiquer, mais nous connaissons nos habitudes au Gabon. Beaucoup construisent sans titre foncier. Le cadastre ou l’urbanisme ordonne l’arrêt des travaux, mais ces personnes continuent, s’installent, puis crient au scandale lorsque les démolitions arrivent. Ce n’est pas sérieux.

Je le répète : j’ai des proches qui habitaient ces lieux. Ce ne sont pas des scènes faciles à regarder, mais il faut établir les responsabilités. Pourquoi une personne indemnisée, à qui une nouvelle parcelle a été attribuée, continue-t-elle de se plaindre ? Soyons de bonne foi.

Il est vrai que certains n’auraient pas été indemnisés ou n’étaient pas concernés mais ont été touchés. Le gouvernement doit assumer et accompagner ces cas spécifiques. L’acte est posé. On ne peut pas revenir en arrière. Il faut désormais dialoguer et avancer ensemble.

Des responsables de ce projet existent, ils sont vivants. Je ne vais pas les citer, mais le Président et son gouvernement savent de qui il s’agit. Ils doivent prendre les décisions qui s’imposent.

Je vous remercie.

40e édition de l’Open de golf de Libreville : Vincent Nyamador vainqueur du célèbre tournoi

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Organisée par la Fédération de golf du Gabon, la 40e édition de l’Open de Libreville s’est jouée du 5 au 9 juin 2025 sur le célèbre green du Golf club de Mindoubé, sanctionnée par la brillante victoire du Ghanéen, qui renoue avec le succès après son couronnement il y a trois ans.

Créée en 2003, la Fédération de golf du Gabon enregistre aujourd’hui près de  400 adhérents. A ce jour, les parcours de Libreville, de Port-Gentil et de Moanda forment l’ensemble des installations de cette discipline sportive.

Le Golf club de Libreville a la particularité d’être très actif, accueillant tous les samedis les pratiquants de ce sport et des curieux. Les enfants débutants sont sous la supervision de professionnels, qui leur prodiguent les principes élémentaires et les conseils, tout en expliquant les rudiments de la discipline ainsi que les règles et l’éthique qui caractérisent ce sport.

Les rideaux sont donc définitivement tombés sur la 40e édition de l’Open de Libreville (du 5 au 9 juin 2025) au cours de laquelle le Ghanéen Vincent Nyamador s’est illustré avec une superbe carte de 65, soit un total de 274 points, synonyme de première place. Il succède au Zimbabwéen Visitor Mapwanya, vainqueur de la 39e édition.

Grâce à cette brillante victoire, Vincent Nyamador a empoché la coquette somme de 5 millions de FCFA, confirmant ainsi son statut de grand nom du golf africain. « J’ai joué mon meilleur jeu tactique. J’ai mes petites notes, je sais exactement où je vais. J’ai donné le meilleur de moi-même. C’est pour cela que je suis le vainqueur de cette compétition », a-t-il déclaré après sa performance.

Côté gabonais, quatre représentants ont figuré sur la liste des 21 gagnants. Léa D. Ndobouela, seule femme engagée dans le tournoi professionnel, a réalisé une belle performance en se classant 12e avec 297 points. « J’ai tenté ma chance parmi les hommes. J’ai débuté cette compétition avec beaucoup de difficultés, mais je sais que je dois encore progresser », a-t-elle confié.

Les golfeurs gabonais Fernand Waga et Pharel Youmbouabomo terminent ex æquo à la 14e place avec 300 points, tandis qu’André Ntoutoum se classe 16e.

Chez les amateurs, Alex illien et Marc Obame terminent ex-aequo avec 73 points chacun, suivis de Jovanih Boungouende, ex-aequo avec Antoine Prunaret.