Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux au chef de l’État, le 8 janvier dernier, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) a rompu avec le simple protocole pour livrer un plaidoyer offensif en faveur de la relance.
Dans son adresse au président Brice Clotaire Oligui Nguema, le patron des patrons, Alain Claude Kouakoua, a dessiné les contours d’une année 2026 placée sous le signe de la performance, à condition de lever les verrous structurels qui entravent encore l’initiative privée.
L’urgence financière : solder le passif pour libérer l’investissement
Le premier axe de cette feuille de route concerne la survie immédiate des opérateurs. Pour la FEG, la relance est intrinsèquement liée à l’apurement de la dette intérieure. Alain Claude Kouakoua a rappelé que les délais de paiement excessifs « assèchent les capacités financières des opérateurs économiques et freinent l’investissement ainsi que la création d’emplois ».
Dans cette optique, le règlement total et définitif de cette créance souveraine demeure, selon lui, indispensable pour redonner du souffle aux entreprises et restaurer une confiance mutuelle entre l’État et ses partenaires privés.
Un environnement des affaires à réformer pour plus de compétitivité
Au-delà de la question monétaire, c’est tout le cadre opérationnel qui est remis en question. Le patronat dénonce une pression administrative multiforme, citant « la multiplication des contrôles, la persistance de la parafiscalité et l’hétérogénéité des pratiques ». Ce climat est aggravé par une économie informelle galopante qui, en plus de fragiliser l’équité, « érode l’assiette fiscale ».
Pour y remédier, la fédération prône une harmonisation des procédures et une meilleure lisibilité des prélèvements. Cette exigence de clarté s’étend au secteur logistique, où la FEG appelle à une réforme de la chaîne portuaire orientée vers la « digitalisation et la responsabilisation des acteurs » afin de réduire les surcoûts qui alimentent la cherté de la vie.
Un pacte social fondé sur l’équilibre et l’adéquation emploi-formation
Enfin, la vision de la FEG pour 2026 intègre une dimension sociale prudente. Tout en reconnaissant la CNSS et la CNAMGS comme des piliers du modèle gabonais, le patronat plaide pour des réformes « concertées, progressives et équilibrées » qui ne sacrifieraient pas la viabilité des entreprises sur l’autel de la protection sociale. Ce partenariat renouvelé doit également s’attaquer au défi de la jeunesse.
Pour Alain Claude Kouakoua, l’adéquation entre les besoins du marché et les dispositifs de formation doit devenir une priorité absolue afin d’offrir des perspectives concrètes aux jeunes tout en répondant aux attentes techniques des employeurs. En se positionnant comme une véritable vigie, la FEG propose ainsi au sommet de l’État un contrat de performance où l’écoute du terrain devient le moteur de la croissance nationale.