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Gabon : L’AGANOR pose les bases d’une révolution avicole

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A moins de neuf mois de l’échéance fixée par les autorités, le Gabon accélère sa marche vers la fin des importations de poulets de chair, prévue pour le 1er janvier 2025. C’est dans cette optique que l’Agence gabonaise de normalisation (AGANOR) a lancé, le 13 avril dernier, un séminaire stratégique consacré à l’adoption des normes encadrant la production locale.

Les travaux se sont déroulés dans les locaux de l’agence, sous la direction de Marina Pemba Mavoungou, Directrice générale de l’AGANOR. Pour cette dernière, il ne s’agit plus simplement d’un projet, mais d’un véritable tournant économique. « Cette mesure d’interdiction des importations de poulets de chair marque une étape décisive pour stimuler l’entrepreneuriat local et améliorer la qualité de la volaille consommée par les populations », a-t-elle affirmé, inscrivant l’initiative dans la vision impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Derrière les discours, une réalité s’impose : produire localement ne se décrète pas, cela s’organise. C’est précisément l’objet de ce séminaire de quatre jours, qui réunit administrations, opérateurs économiques, chercheurs et représentants des consommateurs. La mission est de bâtir un socle normatif solide, capable de soutenir toute la chaîne de valeur, de la fabrication de l’aliment pour bétail jusqu’à la mise sur le marché du produit fini.

Au total, vingt-cinq normes sont en cours d’adoption. Dès la première journée, six textes ont été validés, touchant des segments clés : production d’aliments pour animaux, transport, stockage, distribution commerciale ou encore contrôle microbiologique. Ces standards techniques traduisent une ambition plus large : sécuriser la qualité sanitaire tout en structurant une filière encore embryonnaire.

Le défi de la compétitivité

L’enjeu dépasse la simple substitution aux importations. Il s’agit de bâtir une industrie nationale capable de satisfaire la demande intérieure, tout en créant de la valeur et des emplois. Dans un pays longtemps dépendant des marchés extérieurs pour son approvisionnement en produits carnés, le défi est de taille.

Coordonné par le ministère de l’Agriculture, avec l’appui de celui de l’Industrie, le projet repose sur un équilibre délicat : encourager l’investissement privé sans sacrifier les exigences de qualité et de compétitivité. Une équation que les pouvoirs publics espèrent résoudre grâce à ce cadre normatif rigoureux.

Gabon : L’AGANOR pose les bases d’une révolution avicole
L’AGANOR au cœur de la stratégie visant à réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires.
©️gabonclic.info

Un calendrier serré

Une question demeure : le tissu économique local sera-t-il prêt à relever le défi dans les délais impartis ? Entre contraintes logistiques, coûts de production élevés et accès aux intrants, la filière avicole gabonaise part de loin. Mais pour les autorités, le calendrier est non négociable.

En ouvrant ces travaux, l’AGANOR ne se contente pas d’édicter des règles. Elle trace les contours d’un pari national, celui de l’autosuffisance alimentaire. Un pari ambitieux, dont la réussite dépendra autant de la volonté politique que de la capacité des acteurs de terrain à transformer l’essai.

Les six premières normes validées le 13 avril dernier constituent un socle technique indispensable pour la filière avicole, couvrant la nutrition animale, la logistique thermique, l’hygiène des infrastructures, la sécurité microbiologique, la traçabilité et la certification obligatoire. Ce cadre impose des exigences strictes en matière de stockage, de transport et de contrôle sanitaire pour garantir la qualité des produits.

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