Réunis à Bruxelles, cette semaine, autour du Bureau de la Cour pénale internationale (CPI) et du Groupement des ambassadeurs africains du Benelux (GAAB), plusieurs représentants du continent africain, dont l’ambassadeur du Gabon, Eudes Régis Immongault Tatangani, ont pris part à un échange sans détour sur l’avenir des relations entre l’institution judiciaire international et les Etats africains. Au centre des débats, une question persistante, celle de la confiance.
Placée sous le thème « L’évolution des relations entre la CPI et les États membres de l’Union africaine », la rencontre a été marquée d’entrée par l’intervention du procureur adjoint de la Cour pénale internationale, Mame Mandiaye Niang. Une prise de parole qui a donné le ton d’échanges francs, où les diplomates africains n’ont pas esquivé les questions sensibles. Au cœur des discussions, la perception persistante d’une justice à géométrie variable, régulièrement dénoncée par plusieurs capitales du continent.
Une justice internationale toujours contestée
Les critiques liées à une supposée sélectivité des poursuites ont une nouvelle fois été mises sur la table. Depuis sa création, la CPI est accusée de concentrer l’essentiel de ses procédures sur des pays africains, alimentant un sentiment de déséquilibre dans l’application du droit pénal international.
Au-delà de cette question, les discussions ont également porté sur des obstacles plus opérationnels. L’exécution des mandats d’arrêt internationaux reste un défi majeur, souvent tributaire de la coopération des États. Or, cette coopération, essentielle au fonctionnement de la Cour, demeure inégale selon les contextes politiques et diplomatiques.
Vers un rééquilibrage des mécanismes judiciaires
Face à ces tensions, les ambassadeurs africains ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes judiciaires propres au continent. La montée en puissance d’initiatives comme la Cour africaine de justice et des droits de l’homme s’inscrit dans cette dynamique de réappropriation des outils juridiques.
L’enjeu est double : garantir une justice plus proche des réalités africaines, tout en consolidant la crédibilité du système international. Car, en filigrane, c’est bien la question de l’équité qui se pose. Une justice perçue comme déséquilibrée risque de fragiliser l’adhésion des États et, à terme, son efficacité.
Dans ce contexte, la rencontre de Bruxelles apparaît comme un signal. Celui d’une volonté partagée de dépasser les incompréhensions, en réinstaurant un dialogue franc entre la CPI et ses partenaires africains. Reste à savoir si ces échanges déboucheront sur des ajustements concrets.


