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Gabon : Le champion industriel d’Afrique centrale consolide son trône

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Selon le dernier indice de la Banque africaine de développement (BAD), Libreville bondit de dix places au niveau continental. Un succès porté par la transformation locale du bois et du manganèse, même si des défis structurels majeurs freinent encore une pleine émancipation économique.

Le Gabon confirme son statut de moteur industriel en Afrique centrale. Selon le rapport 2025 de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’industrialisation en Afrique, le pays s’impose non seulement comme le leader incontesté de la zone Cemac, mais réalise aussi une percée remarquable à l’échelle du continent. En gravissant dix échelons, Libreville se hisse désormais à la 12e place sur 54 nations africaines, affichant un score de 0,6021/1. Cette performance permet au pays d’intégrer le club restreint des économies à industrialisation « moyenne-supérieure ».

Le Gabon creuse l’écart avec ses voisins

Dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le leadership gabonais reste incontesté. Le pays distance nettement la Guinée équatoriale (17e), le Cameroun (21e) et le Congo (22e). A l’autre extrémité du spectre, le Tchad accuse un retard critique : relégué en queue de peloton, il figure parmi les dix pays les moins industrialisés du continent avec une note globale de 0,4374/1.

Ce positionnement du Gabon en tête de peloton régional s’explique par une stratégie payante: la valorisation locale des ressources. Le fleuron de cette politique demeure la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. En imposant la transformation sur place du bois et du manganèse, le Gabon a considérablement maximisé la valeur ajoutée manufacturière par habitant.

Des goulots d’étranglement persistants

Toutefois, cette trajectoire ascendante se heurte à des barrières structurelles tenaces. Pour franchir un nouveau cap, le tissu économique national doit surmonter des coupures d’électricité chroniques qui pénalisent la productivité. De plus, l’accès au crédit bancaire reste un parcours du combattant pour les petites et moyennes entreprises (PME), alors que l’économie nationale demeure encore hyper-dépendante des fluctuations des cours du pétrole.

Ces faiblesses locales font écho à la léthargie globale de la zone Cemac. Avec une croissance régionale timide de 3 % en 2024, la sous-région progresse trop lentement pour endiguer une pauvreté qui frappe encore 37 % de la population. Le commerce intra-africain y stagne à un faible taux de 14,4 %. Le paradoxe reste entier : malgré un sous-sol extrêmement riche en matières premières, l’Afrique centrale peine à densifier son réseau d’usines pour s’émanciper des importations.

À l’échelle continentale, l’indice 2025 de la BAD est marqué par un séisme historique. Le Maroc s’empare de la première place africaine, détrônant le géant sud-africain. Selon les analystes de l’institution panafricaine, le succès du royaume chérifien repose sur une modernisation accélérée de son appareil productif et une diversification agressive de ses exportations, devenant ainsi le nouveau modèle à suivre pour le reste du continent.

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