Réunis le 15 avril 2026 à Paris, les membres du G7++ des Amis du Golfe de Guinée ont affiché une volonté commune : intensifier la riposte face aux menaces qui fragilisent les États côtiers. Entre piraterie, pêche illicite et trafics, la sécurité maritime régionale s’impose comme une priorité de l’agenda international.
Placée sous la coprésidence de la France et du Gabon, cette réunion plénière a rassemblé responsables politiques et chefs militaires autour d’un constat alarmant : l’insécurité maritime plombe les économies locales et dégrade durablement les écosystèmes.
Le sommet a été porté par des figures de premier plan, notamment Catherine Vautrin, ministre française des Armées et des Anciens Combattants et Brigitte Onkanowa, ministre gabonaise de la Défense nationale. Sur le réseau social X, Catherine Vautrin a rappelé l’urgence d’une réponse collective : « Ces menaces ne connaissent pas de frontières ». Un message clair visant à transformer la coopération diplomatique en bouclier opérationnel.
Du discours aux actes : le défi du financement
Au-delà des déclarations de principe, les travaux ont ciblé des leviers concrets pour stabiliser une architecture de sécurité encore vulnérable. Coordination opérationnelle : améliorer l’interopérabilité entre les marines riveraines. Pérennisation financière : consolider des mécanismes de financement durables pour sortir des limites structurelles actuelles. Partage d’information : le vice-Premier ministre ivoirien, Téné Birahima Ouattara, a plaidé pour une appropriation totale de la plateforme régionale YARIS, outil clé de la surveillance maritime.
L’héritage de Yaoundé à l’épreuve du terrain
Créé en 2013 sous impulsion britannique, le G7++ soutient la mise en œuvre du Code de conduite de Yaoundé. Ce cadre ambitionne de réprimer la criminalité en mer en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pourtant, plus d’une décennie après, le dispositif peine à couvrir toutes les failles exploitées par les réseaux criminels.
À Paris, les partenaires ont tenté de combler ces lacunes. Si les engagements ont été réaffirmés avec force, leur efficacité se mesurera désormais sur les flots. Car dans le Golfe de Guinée, la sécurité ne se décrète pas : elle se construit patiemment, au rythme d’une coopération internationale mise à rude épreuve par les réalités du terrain.
YARIS : l’œil numérique du Golfe de Guinée
Au centre des débats à Paris, la plateforme YARIS (Yaoundé Architecture Regional Information System) s’impose comme l’outil technologique clé de la coopération maritime.
Son rôle : Connecter en temps réel les centres de coordination nationaux et régionaux. Elle permet de partager des cartes, des alertes de piraterie et de coordonner les interventions en mer.
L’enjeu : pour être efficace, ce système ne doit pas seulement être technique, il doit être «approprié » par les États africains. C’est tout le sens de l’appel de Téné Birahima Ouattara (Côte d’Ivoire) pour un financement pérenne, afin que les marines locales ne dépendent plus uniquement de l’aide internationale pour surveiller leurs propres eaux.


