Après l’énergie et l’alimentaire, l’instabilité géopolitique gagne les rayons de pharmacie. Le leader mondial du secteur, Karex, alerte sur une hausse imminente des prix pouvant atteindre 30 %.
L’intimité n’échappe plus aux soubresauts du monde. Le préservatif, pilier de la santé publique, s’apprête à subir une inflation marquée. Selon Goh Miah Kiat, PDG du géant malaisien Karex (qui produit notamment pour la marque Durex), les coûts de production explosent. Caoutchouc synthétique, lubrifiants, emballages : tous les voyants sont au rouge.
Ce n’est pas la première fois que le marché vacille. En 2010, les intempéries en Asie du Sud-Est avaient déjà fait flamber le cours du latex. Plus récemment, la pandémie de Covid-19 avait paralysé les usines et perturbé la logistique mondiale.
Aujourd’hui, le scénario se répète avec une intensité inédite. À la crise des matières premières s’ajoute une demande mondiale qui grimpe de 30 %, portée par des campagnes de prévention plus agressives.
Le chaos logistique
Le transport maritime agit comme un facteur aggravant. En raison des tensions au Moyen-Orient, les délais de livraison vers l’Europe et les États-Unis ont doublé. Entre les cargaisons bloquées en mer et l’envolée des frais de fret, le marché est en surchauffe.
Ce « cocktail explosif », matières premières chères, logistique désorganisée et forte demande, laisse présager une inflation durable. Une facture que le consommateur final devra, comme souvent, régler à la caisse.
Un enjeu de santé mondiale
Au-delà de l’aspect financier, l’inquiétude est sanitaire. Une hausse des prix risque de freiner l’accès aux protections dans les pays les plus vulnérables. En réduisant l’accessibilité du préservatif, c’est la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non désirées qui se trouve directement menacée.
Dans une économie globalisée, la situation au Proche-Orient rappelle une réalité brutale : aucun produit, aussi essentiel soit-il, n’est à l’abri des secousses géopolitiques.


