L’immeuble Arambo a abrité le 30 mai 2026 le renouvellement des instances de l’organisation professionnelle. Succédant au Dr Emmanuel Ongandaga, la nouvelle équipe médicale hérite d’un chantier d’envergure sur l’éthique et la déontologie des soins.
C’est un scrutin crucial pour le système sanitaire gabonais qui s’est joué ce samedi 30 mai 2026. Réunis en assemblée générale élective dans l’enceinte de l’immeuble Arambo, au ministère de l’Economie à Libreville, les praticiens du pays ont choisi de confier leur destin corporatiste au Dr Maël Ndao Eteno. Elu à la présidence de l’Ordre des médecins du Gabon, ce dernier succède au Dr Emmanuel Ongandaga. Ce passage de témoin intervient à un moment charnière où la profession médicale fait face à des exigences de performance et d’intégrité de plus en plus fortes de la part des usagers.
Une participation ciblée pour une équipe de combat
L’analyse de la feuille d’émargement révèle une mobilisation notable, bien que perfectible, des professionnels du secteur. Sur les 791 médecins dûment inscrits sur les listes électorales, 305 ont effectivement glissé leur bulletin dans l’urne. Un taux de participation suffisant pour conférer une légitimité solide au nouveau bureau exécutif, dont la composition reflète un équilibre entre compétences cliniques et représentativité :
- Président : Dr Maël Ndao Eteno
- Vice-président : Dr Lionnel Ndong Abiaghe (Ambassadeur)
- Secrétaire général : Dr Audin Serge Mavoungou
- Secrétaire général adjoint : Dr Kevin-Dan Rossatanga Indjele
- Trésorière générale : Dr Marina-Doria Mangombi (épouse Mapaga)
- Trésorière générale adjointe : Dr Mariam Matsanga Amoussa (épouse Busughu)
Restaurer la confiance et la déontologie
Le mandat qui s’ouvre pour le Dr Ndao Eteno ne sera pas de tout repos. L’Ordre des médecins ne doit plus seulement être une chambre d’enregistrement administrative, mais s’imposer comme le garant intraitable de l’éthique et de la déontologie. Dans un contexte national marqué par des réformes structurelles de la santé, la nouvelle équipe devra répondre aux critiques récurrentes sur l’accueil hospitalier, la gestion des erreurs médicales et le respect du serment d’Hippocrate.

La défense de la profession passera inévitablement par un assainissement interne. L’encadrement strict de la pratique médicale, la lutte contre l’exercice illégal de la médecine et la régulation du secteur privé font partie des dossiers brûlants posés sur la table du nouveau président.
Un partenaire clé pour les politiques publiques
Au-delà de la gestion interne de la corporation, le nouveau bureau de l’Ordre est attendu au tournant de la diplomatie sanitaire et de la co-construction des politiques publiques avec le ministère de la Santé. Les praticiens réclament de meilleures conditions de travail, des plateaux techniques modernisés et une revalorisation de la recherche médicale locale.
En positionnant des profils stratégiques à l’instar du Dr Lionnel Ndong Abiaghe à la vice-présidence, l’Ordre affiche son ambition de peser dans les débats nationaux et d’accompagner l’Etat dans l’amélioration de la qualité des soins au bénéfice direct des populations gabonaises. La feuille de route est tracée, il reste désormais à la concrétiser sur le terrain des hôpitaux.

