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Union démocratique des bâtisseurs (UDB) : le mammouth a-t-il du plomb dans l’aile ?

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Le parti présidentiel, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), peine à prendre ses marques et tâtonne. Les sorties scabreuses d’un parlementaire UDB en roue libre, tout comme les turpitudes du maire limogé de Libreville, Pierre Mathieu Obame Etoughe, pourtant élu à la tête d’un Conseil municipal composé à plus de 85% de conseillers issus de l’UDB, jettent crûment un doute sur la capacité de ce parti politique à s’imposer sur l’échiquier national.

L’UDB (Union démocratique des bâtisseurs) bat tous les records politiques depuis la fin du parti unique en 1990 au Gabon. Il est majoritaire à plus de 80% au Parlement, dans les Conseils municipaux et départementaux, après le double scrutin législatif et local du 27 septembre 2025. Son fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été plébiscité avec 94,85% de voix à la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle du mois d’avril 2025. Un score jamais obtenu même sous le règne sans partage du parti unique. Seule ombre au tableau (prenez vos mouchoirs) : l’incapacité (congénital ?) de ce mammouth politique de jouer son rôle de parti de gouvernement qu’on attend de lui.

Selon un observateur du landerneau politique gabonais, « l’UDB se comporte comme si elle avait déjà fait le job pour les cinq prochaines années. Elle oublie qu’elle est le parti au pouvoir. Elle manque de dynamisme et de réactivité face aux tensions sociales, aux attaques des adversaires politiques, aucun cordon sanitaire autour de son chef, le chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema, obligeant ce dernier à descendre souvent, comme un général qui mène ses troupes, dans l’arène. » Excusez du peu !

Et pourtant, le 8 mars 2026, le parti avait tenu ce qu’il a appelé « La grande rencontre des bâtisseurs », une occasion qui aurait permis de rebooster le parti. L’autre objectif de cette rencontre était de gommer l’image d’Epinal dans laquelle le parti s’est vautré notamment face à certaines tensions sociales. La crise du secteur éducation et de la santé, ainsi que la suspension des réseaux sociaux par exemple, ont été, pour l’UDB, des moments d’intense silence coupable et de réactivité à rebrousse-poil. Question : Le parti ferait-il l’âne pour mieux brouter le foin ? La passe d’armes vécue lors du dernier Conseil municipal de la mairie de Libreville illustre cette paralysie décisionnelle qui gangrène le parti. Ce spectacle désopilant entache les grands desseins de son fondateur formulés au peuple et confirmés le 12 avril 2025 par un score de 94,85% de vote à la dernière présidentielle.

Union démocratique des bâtisseurs (UDB) : le mammouth a-t-il du plomb dans l’aile ?

Question : le responsable UDB de l’Estuaire avait-il répercuté cette situation délétère à la haute hiérarchie du parti ? Rien n’est moins sûr. Certains conseillers avouent, sous cape, ne pas le connaître. D’autres, pour la plupart, d’anciens transfuges du PDG, sont ignorants des mécanismes prévus en pareille circonstance. Pourtant, des récriminations avaient été formulées au maire. Revus à la baisse, les émoluments des conseillers demandaient à être mensualisés.  Autre pierre d’achoppement, le budget des mairies d’arrondissements. Le maire central avait établi le montant de 70 millions de francs CFA, jugé dérisoire et irréaliste par les concernés qui ont proposé la somme de 500 millions de francs CFA. Les maires d’arrondissements avaient reçu ces propositions avant le Conseil municipal, mais s’étaient abstenus stratégiquement de commentaires pour attendre le jour du grand oral pour s’opposer frontalement au maire central devant l’ensemble du conseil municipal médusé. Circonstance aggravante et regrettable, les frondeurs sont dans leur majorité les maires et conseillers municipaux de l’équipe précédente devenus udbistes.

Ces divergences qui font désordre, auraient dû interpeller les responsables de l’UDB pour procéder à des arbitrages en amont et imposer la discipline de ses troupes lors des travaux du Conseil municipal. Que nenni ! Les dirigeants du parti majoritaire ont préféré faire l’âne et la politique de l’autruche. Ajoutant ainsi à la mauvaise ambiance qui semble miner le management de l’UDB. Jusqu’à quand va durer la chienlit ? That is the question !

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