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 Gabon : Le fossé se creuse entre soignants et patients dans les hôpitaux publics

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Entre négligences présumées, accueil glacial et système à deux vitesses, l’hôpital public gabonais traverse une crise de confiance sans précédent. Pour de nombreux citoyens, se faire soigner dans une structure d’État est devenu une source d’angoisse plutôt que de soulagement.

Le contrat moral semble rompu. Alors que la mission première du personnel soignant reste de soulager et d’accompagner, le sentiment d’insécurité grandit dans les couloirs des établissements publics. Au cœur des critiques : le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), où les usagers dénoncent une déshumanisation des soins.

Le malaise trouve sa source dans un paradoxe frappant. De nombreux observateurs pointent du doigt le comportement de certains praticiens, accusés de réserver leur expertise et leur amabilité aux cliniques privées. Ce système « à double casquette » crée une médecine à deux vitesses : d’un côté, le secteur public délaissé, de l’autre, le privé lucratif où la disponibilité est immédiate.

Pour les patients les plus démunis, cette réalité est vécue comme une injustice sociale profonde. « On a l’impression que si on n’a pas d’argent, notre vie ne vaut rien », s’indigne un usager sous couvert d’anonymat.

Des drames qui libèrent la parole

Sur les réseaux sociaux, la colère ne décolère pas. La mort tragique de Carole Minkoue Obame en octobre 2025, après un accouchement au CHUL, demeure dans toutes les mémoires. Plus récemment, le décès d’un jeune sportif à l’Hôpital d’instruction des armées d’Angondjé, attribué par ses proches à une prise en charge tardive, a ravivé la plaie.

Ces drames, relayés en boucle, ne sont plus perçus comme des accidents isolés, mais comme les symptômes d’un système à bout de souffle où la négligence médicale devient la hantise des familles.

L’urgence d’un choc d’empathie

Pourtant, la base du métier reste l’éthique. L’écoute, le respect et l’empathie ne nécessitent pas de budget colossal, mais une réelle conscience professionnelle. Face à cette crise de foi, l’appel des citoyens est clair : le ministère de la Santé doit passer de la parole aux actes.

Au-delà de la modernisation des équipements, c’est une réforme de l’accueil et une régulation stricte du temps de travail des médecins entre public et privé qui semblent urgentes. Aller à l’hôpital ne devrait jamais être un saut dans l’inconnu, mais l’assurance d’une protection.

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