Alors que le spectre d’une suspension planait sur le football gabonais après le gel du processus électoral, la mission conjointe FIFA-CAF, dépêchée à Libreville, a choisi la voie de la médiation. Un répit stratégique pour une discipline en quête de renouveau.
Pas de « carton rouge » pour le Gabon. Contrairement aux scénarios les plus pessimistes qui redoutaient une mise au ban internationale, la délégation conjointe FIFA-CAF a achevé sa mission d’urgence à Libreville sur une note d’apaisement. Menée par Célestin Yanindji, la mission a privilégié une écoute attentive des griefs locaux plutôt qu’une posture répressive immédiate.
La réforme plutôt que l’arbitraire. Au cœur des échanges, la rencontre avec le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, a permis de clarifier la position de l’État gabonais. Le gouvernement défend la suspension des élections non comme une ingérence, mais comme un « arrêt technique » nécessaire.
« Il ne s’agit pas de suspendre pour le plaisir, mais de poser les bases d’un système plus transparent », a martelé le ministre. Pour les autorités, la priorité est de réviser les mécanismes de gouvernance d’une Fédération gabonaise de football (Fégafoot) essoufflée, avant de retourner aux urnes.
Une lassitude profonde sur le terrain
Cette médiation internationale intervient dans un climat de tension palpable. Entre opacité financière et stagnation des résultats, les acteurs du football local et les supporters ne cachent plus leur ras-le-bol. Le manque de renouvellement à la tête des instances fédérales est devenu, au fil des années, le point de friction majeur.
En prenant acte de la volonté de réforme affichée par Libreville, la FIFA semble accorder un crédit de confiance à la transition sportive gabonaise. Les conclusions de cette mission, désormais sur les bureaux de la FIFA à Zurich, devraient déboucher sur un calendrier d’accompagnement étroit plutôt que sur des sanctions.
L’heure du grand ménage ? La décision de la FIFA de ne pas sanctionner immédiatement est une victoire diplomatique pour le Gabon, mais c’est aussi un défi. Les autorités ont désormais l’obligation de produire des résultats concrets en matière de transparence. Le football gabonais est à la croisée des chemins : soit cette médiation accouche d’une réforme historique, soit elle ne sera qu’un énième pansement sur une plaie béante.


