Du 22 au 29 juin 2025, la capitale gabonaise a vibré au rythme de la 2ᵉ édition du Festival international Cinéma et Liberté. La Baie des Rois et l’Université Omar Bongo ont servi de décor à cet événement culturel, qui a rassemblé un large public autour de projections, d’ateliers, de masterclass, et de concours artistiques. Une semaine marquée par l’échange, la créativité et la passion du cinéma.
Des figures emblématiques du cinéma gabonais ont honoré le festival de leur présence, à l’instar d’Henri Joseph Koumba, Jean Claude M’Paka ou encore Marie Françoise. Le clou de cette édition a eu lieu le samedi 28 juin, avec la cérémonie de clôture et la remise des prix. Un moment fort qui a rassemblé participants et invités autour des talents révélés au cours de la semaine.
La finale du concours d’art oratoire a retenu l’attention du public. Huit candidats se sont affrontés sur le thème : « Le cinéma et son impact : pourquoi les émotions nous touchent ?» La jeune Sephora Koumba s’est distinguée par la force de son texte, remportant la première place. Elle a reçu un billet d’avion pour la Turquie et une enveloppe de 50 000 francs CFA. Les finalistes Mpoutou et Mendome, respectivement 2ᵉ et 3ᵉ, n’ont pas démérité.
Le concours de courts métrages a mis en lumière de jeunes réalisateurs talentueux, encore étudiants pour la plupart. Leurs œuvres ont dénoncé les travers de notre société, comme la corruption dans les universités ou le sexisme dans le monde professionnel. Le jury a décerné le premier prix à « Le cahier des anomalies » de Michael Jeanpert, suivi de « La norme » d’Éric Tolidano (2ᵉ) et « Les rouages du système » de Fred Doukaga (3ᵉ).
Tous les soirs à partir de 18h30, le public a pu assister gratuitement aux projections de films, dont celles des courts métrages primés en clôture. Le festival s’est terminé dans une ambiance chaleureuse et pleine d’enthousiasme, laissant présager une prochaine édition tout aussi prometteuse.
Dans un entretien accordé à la rédaction de Gabon Actu, le 30 juin dernier, le député de la Transition Marcel Libama, syndicaliste et membre de la société civile, est longuement revenu sur un dossier qui suscite abondamment la polémique au Gabon : le maintien en détention de plusieurs proches de Sylvia et Noureddin Bongo dans l’affaire de prétendus détournements de fonds.
Toujours fidèle à lui-même et réputé pour son verbe tranchant, le natif de Franceville (Haut-Ogooué) n’a pas pris de gants pour dénoncer haut et fort la démarche de deux poids deux mesures concernant cette libération aux contours assez opaques. Aux yeux de l’honorable Marcel Libama, le maintien en détention des ex-collaborateurs, supposés complices de l’épouse et du fils d’Ali Bongo demeure injustifiable. Il s’agit notamment de Iyann Ngoulou, Cyriaque Nvourandjiami et bien d’autres.
Plus grave, selon le député de la Transition, l’argument évoqué pour l’élargissement provisoirement de Sylvie Aimée Valentin et Noureddin Valentin Bongo semble inconcevable, dans la mesure où ceux qui sont également à Sans Famille seraient eux aussi souffrants.
Pis, en dépit des assurances du Garde des sceaux, qui a annoncé la tenue d’un procès impartial, le député émet des doutes. Car, dit-il, il ne voit pas ces deux accusés fouler à nouveau le sol gabonais par crainte de se retrouver écroués.
Libreville, 1er juillet 2025 – Dans une note circulaire ferme et sans équivoque en date du 30 juin 2025, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hermann Immongault, a rappelé à l’ordre les responsables des collectivités locales, mettant en exergue l’impératif de respecter les textes en vigueur contre toute velléité personnelle.
L’étau se resserre autour des délégués spéciaux départementaux et communaux qui nourrissent des ambitions électorales. Dans une missive incisive, le patron de l’administration territoriale a souligné que la neutralité de son département ministériel dans le processus électoral était une exigence constitutionnelle. Il a notamment cité le Code électoral qui stipule que « le ministre de l’Intérieur ne peut se porter candidat à une élection politique qu’il organise ». Une disposition qui, selon lui, doit être étendue à l’ensemble des agents relevant de son département ministériel, qu’il s’agisse de l’administration centrale ou celles déconcentrées.
Incompatibilité avec l’engagement partisan
Ainsi, toute autorité administrative directement impliquée dans l’organisation du scrutin, qu’elle soit en poste dans une préfecture, une sous-préfecture ou à la tête d’une collectivité locale, est interdite de briguer un mandat électif ou même d’être membre actif d’un parti politique engagé dans la compétition, à moins d’avoir au préalable renoncé à ses fonctions.
Cette injonction vise à prévenir tout conflit d’intérêts et garantir un processus électoral équitable et transparent, conformément à l’article 323 du même Code électoral, relatif aux conditions de déroulement de la campagne.
Un appel à la transparence et à l’anticipation
Hermann Immongault invite donc les potentiels candidats parmi les délégués spéciaux à faire part, sans délai, de leur intention de se lancer dans la bataille électorale. Et ce, « avant la désignation des membres des commissions électorales ». Cette démarche vise à éviter tout amalgame ou confusion entre le rôle administratif et l’engagement politique.
En outre, conformément aux exigences de la loi organique précitée, le ministre Immongault exhorte les responsables locaux à préparer, dès à présent, leur rapport moral et financier sur l’état de leur collectivité, preuve d’une gestion rigoureuse et responsable avant toute ambition électorale.
Une mise en garde claire avant les joutes électorales
Cette sortie du ministre de l’Intérieur apparaît comme une volonté ferme de moraliser la vie publique en amont des prochaines échéances législatives et locales. Elle s’inscrit dans une dynamique de restauration de la transparence et de la neutralité des institutions, prônée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Les tout prochains jours diront si les intéressés feront preuve de loyauté administrative ou céderont à l’appel des urnes.
Libreville, 30 juin 2025 – Une scène surréaliste, digne d’un scénario hollywoodien, s’est déroulée ce lundi aux alentours de 10 heures, à proximité de l’échangeur de la Cité de la Démocratie. Un véhicule d’auto-école a violemment terminé sa course en contrebas d’un talus après une chute vertigineuse de plus de trois mètres de hauteur.
Depuis plusieurs mois, l’esplanade située en face du Palais de Justice de Libreville est régulièrement utilisée comme piste de fortune pour les cours de conduite. Sur ce terrain improvisé pour les cours pratiques de conduite, les élèves des auto-écoles sous la supervision des moniteurs s’exercent à effectuer diverses manœuvres, souvent sous le regard attentif de leurs proches.
Mais en ce début de semaine, la séance d’apprentissage a viré au cauchemar. Selon les premières déclarations du moniteur, légèrement blessé dans l’incident, l’élève aurait, par inadvertance, maintenu son pied sur la pédale d’accélérateur lors d’une tentative de marche arrière. Malgré ses tentatives pour reprendre le contrôle du véhicule, l’apprenant a brusquement reculé avant de basculer dans le vide.
Un site à haut risque, sans aucune mesure de sécurité
L’accident vient mettre en lumière l’absence de dispositifs de sécurité sur ce site utilisé de manière informelle à des fins pédagogiques. Aucun garde-fou, ni balisage n’encadrent cet espace pourtant fréquenté quotidiennement par des apprenants de la conduite automobile.
Bien qu’à première vue les jours de la conductrice ne soient pas en danger, cet accident soulève de sérieuses interrogations quant aux conditions dans lesquelles se déroulent les formations à la conduite dans la capitale.
Les autorités compétentes, tout comme les promoteurs des établissements d’auto-écoles, sont désormais interpellés. Il est urgent d’identifier et d’aménager des espaces sécurisés, conformes aux normes en vigueur, afin de garantir l’intégrité physique des élèves conducteurs et de prévenir de potentielles tragédies.
Le Conseil des ministres du 20 juin, présidé par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a acté le début d’une sortie progressive de la gratuité des transports publics. Une décision stratégique, justifiée par la nécessité de préserver l’équilibre financier d’un secteur en tension.
Décidée pendant la période de la pandémie de Covid-19 comme mesure de secours, la gratuité des transports dans la commune de Libreville, assuré par la Société gabonaise de transport (Sogatra) et Trans’Urb, apparaît aujourd’hui plus insoutenable à long terme. Il s’agit désormais de faire évoluer le modèle sans briser l’élan de solidarité initial. Ces entreprises publiques supportent des charges lourdes : carburant, entretien, salaires. Et cela, sans ressources en contrepartie. À terme, ce déséquilibre menace leur existence même. L’État, soucieux de la durabilité du service public a donc opté pour une rationalisation progressive.
Vers une tarification sur mesure
Plutôt que de réinstaurer brutalement un paiement uniforme, le gouvernement propose une tarification sociale modulée. Concrètement, il s’agira d’instaurer un abonnement annuel flexible, dont le coût sera adapté à la situation économique des ménages : revenus, composition familiale, statut professionnel… Une formule sur mesure, pensée pour maintenir l’inclusivité du service tout en redonnant un souffle financier au secteur.
Sans réforme structurelle, c’est l’ensemble du système de transport public qui court à sa désagrégation. Préférer l’ajustement progressif plutôt que l’effondrement brutal, tel a été l’option adoptée par le gouvernement. Cette modernisation tarifaire vise à garantir la continuité du service, tout en préservant sa qualité et son accessibilité pour les populations les plus vulnérables.
La Caravane touristique 2025 s’annonce comme un rendez-vous majeur du calendrier national. Le ministère de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation a annoncé le 28 juin dernier, le lancement officiel de la délivrance du visa en ligne.
C’est une première historique : le e-Visa touristique est désormais disponible via une plateforme en ligne dédiée. Pensée pour être simple, rapide et accessible, cette interface permet à tout voyageur étranger de formuler sa demande de visa en quelques clics et de le recevoir en moins de 48 heures.
Accessible du 1er juillet au 30 septembre 2025, cette procédure accélérée s’inscrit dans un écosystème numérique plus large, porté par la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI). L’objectif de cette initiative est double : dématérialiser les formalités administratives et améliorer l’expérience usager pour les visiteurs comme pour les acteurs du tourisme local (hôtels, agences, hôtes, etc.).
Un visa gratuit pour tous les visiteurs étrangers
Dans une volonté claire de stimuler l’attractivité touristique, les autorités ont décidé la gratuité des visas touristiques durant toute la période estivale. Cette mesure exceptionnelle concerne tous les ressortissants étrangers et vise à encourager les flux touristiques vers le Gabon entre juillet et septembre 2025. Couplée à la numérisation du processus, cette décision transforme l’arrivée au Gabon en une expérience fluide et accueillante sans tracas ni surcoût.
Au-delà du simple visa, ce projet s’inscrit dans une stratégie de transformation numérique de l’administration gabonaise. La mise en place d’un système de délivrance électronique démontre l’ambition de l’État à moderniser ses services, à renforcer la cybersécurité des données migratoires et à optimiser les flux d’entrée sur le territoire. Une approche alignée avec la vision portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la digitalisation un pilier de son action publique et un vecteur de compétitivité.
Vers un tourisme plus encadré
En parallèle de l’innovation technologique, une unité de police touristique accompagnera la caravane pour encadrer l’afflux de visiteurs et assurer la protection des sites, circuits et infrastructures. Ce double dispositif, numérique et opérationnel, garantit un accueil professionnel et sécurisé dans un contexte où la confiance numérique est devenue essentielle à l’attractivité des destinations.
À travers le déploiement du e-Visa, le Gabon affirme sa volonté d’entrer pleinement dans l’ère du tourisme intelligent, où innovation, simplicité et efficacité deviennent les nouveaux standards. Une dynamique qui augure une Caravane touristique 2025 tournée vers l’avenir et une ouverture sur le monde.
Libreville, 30 juin 2025 – Une page se tournerait dans l’histoire politique gabonaise. Publiée au Journal Officiel du 27 juin, la Loi n°016/2025 relative aux partis politiques marque une réforme de fond des conditions de création des formations politiques dans le pays. L’objectif affiché est de mettre fin à la prolifération des partis sans ancrage réel.
Désormais, toute nouvelle entité politique devra satisfaire à un cahier des charges exigeant, qui privilégie la transparence, la représentativité et la crédibilité. Il ne s’agira plus de créer simplement un parti sur papier, mais bien de prouver sa légitimité populaire et territoriale.
L’article 25 de la loi détaille les pièces indispensables à fournir dans le dossier de légalisation d’un parti politique, notamment : une demande officielle adressée au ministre de l’Intérieur par les membres fondateurs ; le procès-verbal de l’assemblée constitutive, précisant l’identité complète (noms, prénoms, date et lieu de naissance, profession) des fondateurs ; les statuts du parti définissant ses valeurs, ses objectifs et la structuration de ses instances ; un règlement intérieur clair ; les pièces d’identité certifiées conformes et les extraits de casiers judiciaires (datant de moins de trois mois) de chaque membre fondateur. A cela s’ajoutent la dénomination officielle, le logo et l’adresse du siège social, situé obligatoirement sur le territoire national. Mais surtout, une liste d’au moins dix mille (10 000) adhérents, réparties dans les neuf provinces, avec mention de leur Numéro d’identification personnelle (NIP).
Les partis « gazelles » face à un mur
L’introduction de ces nouvelles exigences risque de bouleverser le paysage politique national. Les partis dits « gazelles », pour la plupart créés à la veille des échéances électorales et dépourvus de base militante, devront désormais franchir l’obstacle majeur : le nombre des adhésions requis et validées avec par le NIP de chaque adhérent. Un véritable ménage, dans un pays où le corps électoral totalise environ 642 000 inscrits, pour d’une centaine de partis politiques naguère reconnus.
Avec cette nouvelle exigence, chaque parti devra engranger près de 2 % des électeurs, tout en démontrant une présence effective dans toutes les provinces du pays. Un seuil élevé, perçu par certains observateurs de la scène politique national comme un outil d’assainissement, alors que d’autres y voient une barrière à l’émergence de nouvelles voix.
Une refondation du pluralisme ?
Avec cette loi, le gouvernement, conduit par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, affiche clairement sa volonté de rationaliser le système partisan, d’en renforcer la légitimité démocratique et de poser les fondations d’un État de droit plus exigeant.
Il reste désormais à observer comment les forces politiques en gestation s’adapteront à ce nouveau cadre législatif. Une chose est sûre : la page du multipartisme de façade semble bel et bien tournée.
L’univers sportif gabonais est dans la tristesse après la disparition de l’attaquant du Vautour Club et international A’, ce dimanche 29 juin à Libreville, à la suite d’un malaise cardiaque survenu lors d’un match amical.
Le drame s’est produit au quartier Likouala, où le jeune footballeur de 23 ans, s’est effondré sur le terrain, alors qu’il livrait, avec d’autres jeunes une partie de football. Malgré un transfert rapide vers un centre hospitalier de la capitale et une prise en charge d’urgence, les efforts des médecins n’ont pas permis de le réanimer.
Ce décès tragique intervient alors que Kevine Klaïne Mbakogo vivait l’une des meilleures saisons de sa jeune carrière. Auteur de 11 buts en championnat, il s’était classé quatrième meilleur buteur du National Foot 1, attirant l’attention des observateurs et du staff technique de l’équipe nationale locale, qui l’avaient convoqué à deux reprises.
Au-delà des chiffres, ce sont la personnalité, le professionnalisme et l’humilité de Mbakogo qui laissent un vide profond. Ses coéquipiers, ses entraîneurs et plusieurs figures du football gabonais, dont le sélectionneur Thierry Mouyouma et l’ancien arbitre Jérôme Efong Nzolo, ont salué la mémoire d’un joueur « exemplaire et travailleur » et promis à un brillant avenir.
De nombreux clubs, à l’instar du CF Mounana et de Bouenguidi Sports, ont exprimé leur émotion sur les réseaux sociaux. La Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) a également présenté ses condoléances à la famille du défunt et ont annoncé qu’une minute de silence sera observée lors de la prochaine journée de championnat.
Ce drame survient seulement deux mois après le décès de l’international Aaron Boupendza, dans un contexte où les questions de suivi médical et de prévention des risques cardiovasculaires chez les sportifs gabonais refont surface. La disparition de Kevine Klaïne Mbakogo, au sommet de sa forme, pose une nouvelle fois la question de la prise en charge sanitaire des joueurs, tant dans en clubs que lors des rencontres non officielles.
Autrefois considérée comme un laboratoire démocratique en devenir, cette région semble s’enfoncer aujourd’hui dans les méandres de l’autoritarisme et du pouvoir à vie. Le Togo et la Côte d’Ivoire donnent des signaux inquiétants nuisibles à la culture démocratique. Et pourtant, ces deux chefs d’Etat devraient comprendre que « Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés », ainsi conseillait le médecin et journaliste français, Georges Clemenceau.
Deux figures cristallisent désormais ce recul démocratique dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest, à savoir : Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, et Faure Gnassingbé, chef d’État du Togo depuis deux décennies. Leur volonté manifeste de s’accrocher au pouvoir, quitte à manipuler les lois fondamentales ou à marcher dans le sang et les corps de leurs concitoyens, pour conserver un pouvoir décrié, suscite l’indignation sur le continent et même à l’international.
Alassane Ouattara : la tentation d’un mandat de trop
À 83 ans, Alassane Ouattara donne l’impression de ne pas vouloir raccrocher les gants. Après avoir déjà bravé les règles de l’alternance en 2020, en se présentant pour un troisième mandat, l’homme fort d’Abidjan laisse planer le doute sur une nouvelle candidature en 2025. Si ses partisans parlent de « stabilité » et de « continuité », ses opposants dénoncent une confiscation du pouvoir et une trahison de l’esprit républicain.
Les tensions politiques sont donc de nouveau palpables en Côte d’Ivoire. Derrière les apparences d’un pays en paix, les libertés publiques sont étouffées, les opposants muselés, et la jeunesse, confrontée au chômage massif, exprime son désarroi sur les réseaux sociaux et dans les cercles universitaires. Pour nombre d’observateurs, une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara ne serait rien d’autre qu’un défi lancé à l’alternance démocratique.
Faure Gnassingbé : le règne sans fin d’un héritier devenu autocrate
Au Togo, le tableau est encore plus sombre. Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, après le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, vient d’achever une nouvelle révision constitutionnelle sur mesure. En instaurant un régime parlementaire et en repositionnant les cartes électorales. Il s’assure de pouvoir rester à la tête de l’État, soit directement, soit par le biais d’une majorité parlementaire à sa solde.
Cette stratégie de « monarchie républicaine » provoque une onde de choc au sein de la population togolaise. Les voix discordantes sont réprimées, les manifestations interdites et les acteurs de la société civile jetés en prison ou contraints à l’exil. La communauté internationale, trop souvent silencieuse, assiste impuissante à cette dérive, pourtant prévisible.
L’Afrique de l’Ouest en otage
Les cas Ouattara et Gnassingbé ne sont malheureusement pas isolés. Ils incarnent un mal profond : celui d’une élite politique africaine qui, refusant toute alternance politique, freine des quatre fers l’émergence d’une nouvelle génération de leaders porteurs d’espoir. Alors que des pays comme le Sénégal tentent, tant bien que mal, de préserver leurs institutions, d’autres sombrent dans une gouvernance de plus en plus autoritaire, au mépris des aspirations populaires.
L’Afrique de l’Ouest mérite mieux. Particulièrement des dirigeants soucieux de préparer la relève, de consolider l’État de droit et de favoriser une gouvernance inclusive. Continuer à tolérer des présidences à vie, c’est condamner la jeunesse africaine à l’exil, à la désillusion ou à la révolte.
À l’aube d’une nouvelle ère, où les enjeux sécuritaires, économiques et climatiques nécessitent des réponses collectives et innovantes, les manœuvres de Ouattara et Gnassingbé apparaissent comme un anachronisme dangereux. L’Afrique de l’Ouest doit se réveiller. Les peuples, les sociétés civiles et les institutions régionales ont le devoir de dire non à l’usure du pouvoir et de réclamer un véritable renouveau démocratique.
Longtemps considérée comme la province la plus frondeuse du Gabon, après l’Ogooué-Maritime, la Nyanga semble s’être rangée aux côtés du pouvoir. Selon les observateurs de la scène politique, les promesses du chef de l’Etat traduites en actes palpables et, surtout, la promotion de plusieurs cadres dans l’appareil du pouvoir ont fini par ramener les Nynois à de meilleurs sentiments.
L’avènement des militaires au pouvoir a eu pour effet majeur le retour progressif de la province méridionale du Gabon dans les couloirs du pouvoir étatique. Ce tour de force de Brice Clotaire Oligui Nguema a été possible grâce, d’une part, à sa politique d’inclusion, où toutes les régions du Gabon bénéficient du même traitement. Et, d’autre part, en considération des actions promises pour la reconstruction de la province, dont plusieurs projets d’importance naguère abandonnés, sont aujourd’hui accomplis et d’autres en cours de réalisation.
La caserne des sapeurs pompiers en construction à Tchibanga.
En juillet 2024, lors de sa tournée présidentielle, le chef de l’Etat, chaleureusement accueilli, s’est rendu dans tous les départements de la province, où il avait échangé avec les populations. A cette occasion, la Nyanga avait été honorée par la pose de la première pierre de la stèle consacrée à Nyonda Makita, guerrier reconnu pour ses qualités de stratège et sa lutte contre les colonisateurs français.
Il faut rappeler que la Nyanga est l’une des contrées en proie à des difficultés multiples. Plus qu’ailleurs, les problèmes liés à la route, à l’accès à l’électricité, à l’adduction en eau potable et aux infrastructures administratives sont très prononcés. Cette partie du Gabon connait aussi un fort taux de chômage, en raison de l’absence d’entreprises locales.
L’arrivée du président de la République dans la province a donc été vue comme porteuse d’espérance car, connu pour son attachement à la réalisation de la parole donnée. A Tchibanga, comme ailleurs dans la province, la population était convaincue qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour le développement du terroir.
Quartier Moutoumba à Moabi, projet de construction d’un nouveau marché municipal avec toilettes publiques.
Réalisations de proximité
Ainsi, durant la campagne de la dernière présidentielle, Brice Clotaire Oligui Nguema avait annoncé la construction du port en eau profonde de Mayumba, comme un projet qui lui tient à cœur. Il avait aussi mis en avant l’effectivité de l’usine de marbre de Doussiegoussou, la mise en place d’une centrale à gaz de 20 MW, l’achèvement et la construction de la route Ndendé-Tchibanga-Mayumba-Ndindi. Autant de projets qui devront faire de la Nyanga une province phare du Gabon.
La réhabilitation des dispensaires de proximité, la construction des hôpitaux spécialisés et la mise en place des mécanismes pour booster l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes, sont quasiment effectives.
A Tchibanga, le candidat Oligui Nguema avait déclaré, solennellement : « Je m’engage comme partout dans le pays, à renforcer les infrastructures de base et à moderniser la gestion de l’énergie et de l’eau pour garantir un approvisionnement fiable et durable. ». Cette profession de foi a été un réel réconfort pour les populations et la reconnaissance de la prise en compte de leurs préoccupations.
Plusieurs cadres dans l’appareil étatique
Brice Clotaire Oligui Nguema ne s’est guère limité à la promesse de réalisation des projets structurants. Il a nommé plusieurs cadres de la contrée à ses côtés, dont le Vice-président de la République, Séraphin Moundounga. Les Gabonais considèrent, dans leur ensemble, depuis le « Coup de libération », le ministre d’Etat Ulrich Manfoumbi Manfoumbi comme son alter ego. Le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, la ministre de l’Entrepreneuriat, du commerce et des PME-PMI, Zenaba Chaning Gninga, Alexis Boutamba Mbina, médiateur de la République et bien d’autres hauts cadres de l’administration, tous natifs de la Nyanga, sont aujourd’hui des collaborateurs très proches du chef de l’Etat.
Bientôt cette ancienne école sera un lointain souvenir.
En tout cas, dans la province, tout le monde est unanime pour reconnaître que depuis la prise de pouvoir par Oligui Nguema et ses compagnons d’armes, beaucoup de choses ont changé la face de la Nyanga. On peut citer, entre autres, la remise à niveau de la subdivision des Travaux publics, l’éclairage des villes dont celle de Tchibanga, la dotation en véhicules aux différents services administratifs, le lancement des travaux de construction de la mairie et de la cité des cadres, la caserne des sapeurs pompiers, la réhabilitation des écoles et le projet de la cité administrative.
Pour la première fois depuis le retour du Gabon au multipartisme, la Nyanga a plébiscité un candidat du pouvoir. En effet, Brice Clotaire Oligui Nguema, premier président de la Cinquième République, a remporté le scrutin avec plus de 98% dans cette province. C’est dire…