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[Gabon : Formation au sauvetage] Les agents du ministère de l’Intérieur initiés aux gestes de premiers secours

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La Direction générale de la protection civile a organisé une session de formation aux Gestes de premiers secours (GPS), à l’intention de ces fonctionnaires, avec pour objectif, renforcer leur capacité de réaction face aux situations d’urgence. La session a été supervisée par la Directrice générale, Armela Dona épouse Nguema.

Du 4 au 5 juillet, les participants seront formés aux techniques essentielles de secours : le bouche-à-bouche, la position latérale de sécurité ou encore la méthode de palpation JOY (Joues, Oreilles, Yeux). Des simulations pratiques ont permis d’ancrer ces gestes de survie. Fred Lionel Mombo, moniteur à la Croix-Rouge gabonaise, souligne l’importance de la précision dans l’intervention : « On peut vouloir aider avec le cœur, mais sans connaissance on risque d’aggraver l’état de la victime », a-t-il déclaré.

[Gabon : Formation au sauvetage] Les agents du ministère de l’Intérieur initiés aux gestes de premiers secours

Mais au-delà de ce cadre institutionnel, le message est clair : la maîtrise des gestes de premiers secours ne doit plus être un privilège réservé aux agents de l’État. Les accidents, comme les chutes, les étouffements, les électrocutions, les arrêts cardiaques peuvent survenir partout et à tout moment dans les marchés, les écoles, les transports ou à domicile.

Or, face à ces situations critiques, la population reste majoritairement démunie. La panique, la peur, ou tout simplement le manque de formation entraînent des erreurs parfois fatales. Un vide de connaissances qui constitue, à terme, un risque de santé publique.

[Gabon : Formation au sauvetage] Les agents du ministère de l’Intérieur initiés aux gestes de premiers secours

Former massivement pour sauver des vies

Face à ce constat, la généralisation de la formation aux gestes de premiers secours apparaît comme une urgence nationale. Les écoles, les entreprises, les quartiers populaires, les zones rurales doivent devenir des cibles prioritaires.

L’intégration systématique de ces apprentissages dans les programmes éducatifs et les initiatives communautaires permettrait de bâtir une société plus résiliente. Car apprendre à sauver une vie ne devrait pas être un luxe, mais un réflexe. Un acte de solidarité. Un engagement citoyen. Il est temps que chaque Gabonais soit en mesure de réagir face à l’urgence. Parce que savoir quoi faire, au bon moment, peut changer bien de choses.

[Gabon : Gouvernance] L’Etat s’apprête à penser son avenir économique à travers un forum inédit

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Les 7 et 8 juillet 2025, Libreville accueillera la première édition de Gabon Economic Forum à l’hôtel le Radisson Blu de Libreville.

Cette initiative du ministère de l’Économie, des finances, de la dette et des participations, chargé de la lutte contre la vie chère vise à poser les jalons d’une transformation profonde du modèle économique national, en réunissant acteurs locaux, experts, chefs d’entreprise et partenaires financiers.

Sous le thème « Transformer l’économie gabonaise pour assurer une croissance durable et partagée », ce forum de haut niveau se veut un moment stratégique de réflexion et d’action collective. Il s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner un souffle nouveau à une économie marquée par la faible croissance, la dépendance pétrolière et la faiblesse des recettes publiques.

Le programme prévoit deux journées riches en panels, ateliers et séances plénières. Les échanges porteront sur des thématiques clés comme le développement des secteurs porteurs, l’essor des PME industrielles, les réformes fiscales ou encore la soutenabilité de la dette publique. L’objectif est clair : aboutir à un plan d’action réaliste, cohérent et adapté aux réalités du pays.

Avec plus de 150 participants attendus, composés d’experts d’universitaires, chefs d’entreprises, bailleurs de fonds, Gabon Economic Forum mise sur la diversité des points de vue pour enrichir le débat. Cette approche inclusive marque une rupture avec les démarches économiques passées, souvent trop technocratiques et éloignées des besoins du terrain.

À l’issue du forum, un rapport général sera présenté. Il servira de socle à élaborer un nouveau programme économique national et à la structuration des futures négociations avec les partenaires financiers du Gabon. Pour les autorités publiques, cette première édition représente plus qu’une simple rencontre d’échanges. Elle constitue un tournant décisif vers une économie plus résiliente, plus inclusive et tournée vers l’avenir.

[Gabon : Insécurité aux abords de la voie ferrée] Un phénomène préoccupant pour les pouvoirs publics

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Lors de sa récente visite, le 26 juin dernier, au point kilométrique 8 (PK8) du réseau ferroviaire, le ministre d’État, ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a pu constater de visu l’ampleur d’une problématique préoccupante : l’occupation sauvage et non maîtrisée au fil du temps en bordure de la voie ferrée.

Des constructions anarchiques, principalement des habitations précaires et des commerces de fortune s’étendent désormais jusqu’à moins de cinq mètres des rails, alors que la réglementation impose un recul minimal de 15 mètres. Ce phénomène n’est pas un simple problème local, mais reflète un défi national majeur lié à l’aménagement du territoire et à la gestion des infrastructures publiques.

Cette urbanisation non planifiée, souvent tolérée dans le passé, entre en conflit direct avec la nécessité de préserver des espaces ferroviaires sécurisés. Le développement urbain doit impérativement s’inscrire dans un cadre réglementaire clair afin de garantir la protection des populations riveraines mais aussi la fluidité et la sécurité du trafic ferroviaire.

Sécurité ferroviaire en péril

Le ministre des Transports a souligné que le respect strict des normes de sécurité est essentiel pour prévenir tout risque d’accident ou d’incident. Car selon, le patron des transports : « Il en va de la vie des populations ». L’installation de constructions illégales à proximité immédiate des rails représente un danger accru, tant pour les habitants que pour les opérations ferroviaires, en particulier dans un contexte où la vétusté des rails de cette voie ferrée a montré ses limites.

Vers une action gouvernementale plus rigoureuse

Face à cette situation, le gouvernement, sous la conduite ferme du ministre des Transports, de la Marine marchande et de la logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, réaffirme sa volonté d’appliquer, sans compromis, la réglementation en vigueur. Une meilleure planification urbaine, associée à un contrôle rigoureux et à la collaboration entre autorités locales, forces de l’ordre et exploitants ferroviaires, apparaît désormais comme une nécessité absolue pour concilier développement territorial et sécurité ferroviaire.

[Gabon : Renforcement des capacités] Un séminaire express pour former les agents des travaux publics

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Le ministère des Travaux Publics et de la construction, par le biais de la Direction générale de l’entretien des routes et aérodromes, a lancé, le 1er juillet 2025 à Libreville, un séminaire de formation et de perfectionnement à l’intention de ses opérationnels. Prévu se  dérouler sur 12 jours, le séminaire a été écourté pour une semaine.

Au total, 42 agents venus des neuf directions provinciales sont concernés : 16 chauffeurs poids lourds, 12 gestionnaires de matériel et 14 mécaniciens. La formation est assurée par Sodim TP, partenaire technique et représentant exclusif de la marque MAN au Gabon.

L’initiative est pertinente : les machines évoluent, se complexifient et nécessitent de nouvelles compétences. Les anciennes méthodes ne suffisent plus. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de savoir conduire ou réparer, mais de comprendre des systèmes embarqués, d’appliquer des protocoles de maintenance normalisés et de maîtriser des outils d’un autre niveau technologique.

[Gabon : Renforcement des capacités] Un séminaire express pour former les agents des travaux publics

Une formation bien pensée, mais la période trop courte

Sur le fond, les modules sont cohérents : présentation et utilisation du matériel, responsabilités des conducteurs, méthodologie d’entretien, politique de maintenance, gestion des pièces détachées… Mais sur la forme, un choix de périodicité étonne : la durée initiale de douze jours prévue pour les mises à niveau a été réduite à une semaine. Peut-on réellement assimiler, en quelques jours, des technologies complexes, pensées pour un usage professionnel intensif ? Une période de formation raccourcie ne compromettrait-elle pas la qualité de l’apprentissage ? Le programme avait été conçu pour s’étendre sur douze jours pour une bonne raison : donner le temps nécessaire à une appropriation sérieuse des connaissances. L’écourter revient à affaiblir l’objectif même du séminaire.

Former vite ou former bien ?

Cette réduction de durée soulève une contradiction : on veut former des agents pour améliorer leur efficacité, mais on ne leur accorde pas le temps nécessaire pour apprendre. La justification ? L’indisponibilité prolongée des opérateurs à cette période de l’année, propice à l’entretien du réseau routier.

Mais former aujourd’hui, c’est travailler mieux demain. Raccourcir le processus, c’est prendre le risque de mauvaises manipulations, de pannes prématurées, voire de gaspillage des ressources investies dans l’achat des nouveaux équipements.

L’humain au cœur de la performance

Les meilleures machines ne peuvent tenir leurs promesses que si les hommes qui les utilisent sont bien formés. Cela demande du temps, de la pratique et un dialogue constant avec les formateurs. Dans un contexte où chaque franc compte, il peut sembler tentant de « gagner du temps ». Mais en matière de formation technique, la précipitation coûte toujours plus cher à long terme.

Réactualiser les agents, c’est investir dans la durabilité des infrastructures et dans la performance des services publics. C’est une démarche stratégique qui mérite rigueur, méthode et temps.

[Mali :  Lutte contre le terrorisme] L’armée récupère un troupeau volé près du Lac Télé

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Dans un communiqué publié, le mercredi 2 juillet 2025, l’État-major général des armées a annoncé que les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené une opération de reconnaissance offensive fructueuse, la veille, dans le cercle de Goundam, région de Tombouctou.

Cette action a abouti à l’interpellation de quatre individus soupçonnés de terrorisme et à la récupération d’un important cheptel. Selon le communiqué de l’État-major général des armées, l’opération a été menée suite à l’exploitation de renseignements, permettant aux unités des FAMa de localiser et d’appréhender les suspects. Deux talkies-walkies ont été saisis lors de l’intervention.

Par ailleurs, les forces armées ont réussi à récupérer 225 têtes de bétail qui avaient été volées à la population. l’État-major rassure que le bétail est actuellement sous bonne garde, en attendant d’être restitué à leurs propriétaires légitimes.

L’État-Major général des armées a salué le professionnalisme des unités engagées dans cette opération, soulignant leur efficacité sur le terrain.

[Angola : Histoire de La reine Nzinga] L’icône de la résistance anti-coloniale qui fit plier les envahisseurs

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Figure légendaire de l’histoire angolaise, la reine Nzinga Mbande, également connue sous le nom de Njinga ou Zinga, demeure une icône incontestée de la lutte contre la domination coloniale portugaise au XVIIe siècle. Stratège politique hors pair, diplomate chevronnée et cheffe de guerre redoutée, elle a incarné avec brio la résistance du peuple Ndongo face aux visées expansionnistes de l’Empire portugais.

Née vers 1583, au sein de la dynastie royale du royaume de Ndongo, actuel Angola, Nzinga fut élevée dans l’art du commandement, de la négociation et de la guerre. Très tôt, elle fit montre d’un tempérament d’exception, mêlant finesse diplomatique et détermination militaire.

À la mort de son frère, le roi Ngola Mbande, elle s’empara du trône dans un contexte de crise politique et militaire marqué par la pression constante des colons portugais, désireux asservir les peuples autochtones et contrôler le lucratif commerce des esclaves.

Contre toute attente, Nzinga retourna la situation à son avantage. En 1622, elle rencontra les émissaires portugais à Luanda pour négocier un traité de paix. Lors de cette audience historique, elle marqua les esprits en s’asseyant sur le dos d’un de ses serviteurs pour compenser l’absence de chaise qui lui avait été délibérément refusée, affirmant ainsi sa dignité et sa souveraineté.

Refusant de se soumettre, elle prit les armes et mena une guérilla farouche contre les troupes coloniales pendant près de trois décennies. Elle s’allia aux Néerlandais, ennemis des Portugais et établit un État fort et autonome à Matamba, d’où elle poursuivit la lutte.

Sa bravoure, son sens politique et sa résilience face à l’adversité ont fait d’elle une figure emblématique du panafricanisme et un symbole de l’émancipation des peuples opprimés. Elle incarne aujourd’hui encore, dans l’imaginaire collectif africain, la force et la résistance féminine face à la tyrannie coloniale.

Reine, stratège, diplomate et guerrière, Nzinga Mbande demeure l’une des rares souveraines africaines à avoir défié, avec une telle efficacité, les forces impérialistes européennes.

[Afrique : Endoctrinement spirituel] Les méthodes radicales pour rallier les Noirs aux religions importées

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Depuis plusieurs siècles, le continent africain est le théâtre d’une intense recomposition religieuse. Loin d’être une simple adhésion spontanée, la conversion massive des populations noires à l’islam et au christianisme s’est souvent opérée par des moyens coercitifs, de conditionnements psychologiques et d’un lent effacement des croyances locales.

De l’époque coloniale jusqu’à nos jours, l’imposition des religions dites abrahamiques ne s’est pas limitée à la seule prédication. Elle a fréquemment emprunté des chemins plus insidieux : dénigrement systématique des spiritualités africaines, assimilation de la « foi indigène » à la sorcellerie et la destruction physique des lieux de cultes traditionnels. À travers les écoles missionnaires, les hôpitaux et la charité chrétienne ou islamique, une nouvelle vision du monde a été méthodiquement inculquée à des générations entières.

Violence symbolique et domination culturelle

La colonisation religieuse fut aussi un levier de domination culturelle. En substituant aux divinités locales un Dieu unique et lointain, les puissances coloniales ont opéré une véritable rupture ontologique. Le fidèle noir devait renier ses ancêtres pour embrasser des figures messianiques étrangères, souvent représentées sous des traits européens ou arabes. Cette représentation a durablement façonné l’imaginaire collectif et engendré un complexe de subordination spirituelle.

L’islam, arrivé plus tôt sur le continent, via les routes transsahariennes, s’est imposé par la persuasion, mais aussi par les armes. Dans certaines régions, les razzias et djihads ont accéléré les conversions, tout comme les alliances politiques entre chefs locaux et érudits musulmans. Quant au christianisme, il s’est déployé en parallèle de la conquête européenne, accompagné d’une œuvre d’évangélisation souvent intransigeante.

Résistances étouffées et renaissance en sourdine

Malgré la pression, certaines sociétés africaines ont opposé une farouche résistance à cette acculturation religieuse et culturelle. Des figures comme Kimpa Vita et la Reine Nzinga en Angola, ou encore les prêtres vodoun du Dahomey ont lutté pour préserver leur héritage spirituel. Mais leurs voix ont souvent été marginalisées, réprimées ou assimilées à de l’hérésie.

Aujourd’hui encore, bien que le christianisme et l’islam soient majoritaires, un renouveau identitaire émerge. De nombreux Africains à  l’instar du jeune animiste gabonais, Bienvenue Nziengui Ntoutoume, (Chocolat des filles) et bien d’autres personnalités, gardiennes de la croyance ancestrale, réinvestissent les spiritualités traditionnelles, les revalorisent et les intègrent dans une quête de réappropriation culturelle. Ce retour aux sources s’effectue dans un contexte de désenchantement face aux promesses non tenues des religions importées, mais aussi d’un besoin croissant d’ancrage dans la foi aux mânes des ancêtres.

[Gabon – Bilan financier de campagne] Geoffrey Foumboula Libeka tance Alain Claude Bilie-By-Nze

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Libreville, 2 juillet 2025 – Dans une publication virulente postée sur sa page Facebook officielle, Geoffrey Foumboula Libeka Makosso, député de la Transition et figure emblématique de la société civile gabonaise, a vertement critiqué l’ancien Premier ministre et ex-candidat à la présidentielle pour son refus de présenter son bilan financier de sa campagne électorale à la Cour des comptes.

Dans un style incisif, Geoffrey Foumboula n’a pas mâché ses mots, dénonçant ce qu’il qualifie de défiance manifeste vis-à-vis des institutions républicaines. « Etre un Homme d’Etat ne se résume pas à cumuler des titres prestigieux. C’est avant tout une posture morale, une rigueur éthique, un engagement à respecter, voire à incarner les lois qui structurent notre République », a-t-il asséné.

Le membre de la société civile s’est appuyé sur l’exemple de figures historiques comme feu Pierre Mamboundou, qu’il cite comme un modèle d’intégrité et de respect des institutions, même en désaccord avec total avec le pouvoir en place.

Revenant sur l’épisode de la crise sanitaire de la Covid-19, Geoffrey Foumboula Libeka Makosso a rappelé que lui et ses compagnons avaient, en dépit des restrictions qu’ils jugeaient abusives, mené leur combat dans le strict respect du droit, obtenant d’ailleurs gain de cause devant la Cour constitutionnelle.

Le cœur de son réquisitoire repose sur l’obligation, inscrite dans le Code électoral, de présenter un bilan financier de campagne devant la Cour des comptes. Une obligation que Bilie-By-Nze, selon lui, ne saurait éluder après avoir volontairement accepté les conditions de participation au scrutin présidentiel d’avril dernier.  « On ne peut embrasser une loi dans ce qu’elle a de favorable, et la rejeter lorsqu’elle impose des contraintes. La loi est un tout. La force doit rester à la loi, y compris pour ceux qui, hier encore, l’imposaient avec arrogance», a-t-il martelé.

En guise de mise en garde aux aspirants des législatives et aux élections locales à venir, le député les exhorte à se préparer à l’obligation de transparence financière, soulignant que cette exigence s’appliquera uniformément à tous les candidats.

Geoffrey Foumboula appelle dès lors à un sursaut d’exemplarité de la part de ceux qui prétendent incarner le renouveau politique : « Ceux qui dénoncent la violation des textes doivent eux-mêmes être irréprochables. Le respect des règles ne doit pas être à géométrie variable », a-t-il déclaré.

Débarcadères clandestins à Libreville : A quoi servaient nos forces de défense et de sécurité ?

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Implantés pendant plus d’une décennie, plus d’une cinquantaine de débarcadères clandestins ont été démantelés dans le Grand Libreville. Derrière cette opération spectaculaire, une réalité alarmante : le laxisme d’un pouvoir – de la légion étrangère – démissionnaire et complice, qui a laissé s’installer une économie de l’illégalité au détriment de l’environnement, de la sécurité nationale et de la souveraineté économique du Gabon.

Le ministre de l’Environnement, Mays Mouissi, a annoncé le démantèlement de cinquante-deux débarcadères illicites à Libreville et ses environs. Cette opération d’envergure, coordonnée avec les ministères de la Pêche, de la Défense, de l’Intérieur et la Garde côtière, marque une étape cruciale dans la lutte contre la pêche illégale, la pollution maritime et le trafic illicite de produits halieutiques.

Ces points d’accostage sauvages étaient de véritables plateformes de pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), mais aussi des lieux d’accumulation de déchets, d’érosion côtière et de déstabilisation écologique. Leur suppression vise à restaurer les équilibres environnementaux et protéger les ressources halieutiques nationales.

Une menace à la souveraineté nationale
Au-delà de l’écologie, ces débarcadères posaient un grave problème sécuritaire. Utilisés pour le trafic de drogue, d’armes, et même d’êtres humains, ils échappaient à tout contrôle douanier. Dans une économie fortement informelle, ces zones offraient un terrain fertile aux réseaux criminels, mettant en péril la stabilité du pays.

Le démantèlement de ces structures est aussi un message fort : le temps de l’impunité est révolu. Mais pour être durable, cette victoire doit s’accompagner de politiques alternatives pour les populations locales qui, par désespoir, se tournaient vers ces activités.

Une décennie d’aveuglement complice
Comment expliquer que pendant quatorze ans, un réseau aussi vaste ait pu s’étendre sans réaction de l’État ? Le système de renseignement gabonais est pourtant réputé efficace. L’explication est politique : sous Ali Bongo Ondimba, la gouvernance a sombré dans un laxisme cynique, laissant prospérer un désordre organisé.

Même Lee White, alors ministre des Eaux, Forêts, Mer, Environnement chargé du Plan Climat et du Plan d’affectation des terres, élevé au rang de « super écologiste mondial », n’a rien vu, rien dit, rien fait. Curieux, pour ne pas dire suspect. À y voir de plus près, il est légitime de penser que ces pratiques destructrices ont bénéficié de complicités au plus haut niveau de l’État. Sinon, comment expliquer le silence autour de la destruction méthodique des mangroves ?

Agir, maintenant
La nouvelle gouvernance semble avoir pris la mesure du danger. Mais il faut aller plus loin. Au-delà du démantèlement, il est urgent de mettre en place des brigades mobiles mixtes (Forces de l’ordre, Pêche, Environnement) pour surveiller les côtes ; un plan de replantage massif des palétuviers détruits ; la régularisation et la modernisation des débarcadères légaux, avec des infrastructures écologiquement viables ; une campagne nationale de sensibilisation aux risques des activités illicites et des alternatives économiques durables pour les pêcheurs artisanaux.

Le Gabon peut, et doit, tourner la page de l’inaction. Cette lutte pour la légalité, la souveraineté et l’environnement doit être celle de tous : citoyens, autorités, société civile. Le pays ne peut plus se permettre un tel aveuglement. Trop de temps a été perdu.

Interdiction de l’exportation du manganèse brut : Quand Eramet crie au scandale, Paris prépare-t-elle déjà sa riposte ?

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Derrière les propos lissés de Christel Bories, PDG d’Eramet, se cache une inquiétude stratégique majeure. L’annonce gabonaise d’interdire l’exportation du manganèse brut, dès 2029, agace Paris. Et si derrière le masque économique, se profilait une riposte politique française déguisée ?

Lors du Conseil des ministres du 30 mai 2025, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris l’une des décisions économiques les plus audacieuses de l’histoire récente du pays : interdire, dès 2029, l’exportation du manganèse brut. Le gouvernement entend désormais transformer cette ressource localement, pour créer de la valeur ajoutée, des emplois, industrialiser le pays et renforcer sa souveraineté économique. Visionnaire et courageuse, cette mesure a été largement saluée par les Gabonais, lassés de voir partir leurs richesses à l’état brut au seul profit des multinationales.

Réaction de Christel Bories : un mépris voilé pour la souveraineté gabonaise

Lors d’une interview, Christel Bories, PDG du groupe français Eramet, a exprimé son scepticisme face à cette réforme : « Le Gabon a annoncé qu’il ne voulait plus exporter du minerai brut à partir de 2029, pour le transformer sur place. Mais c’est impossible, il faut des infrastructures énormes, massives, il faut beaucoup d’énergie. La transformation doit être rentable et là, ils veulent se tirer une balle dans le pied. »

Avant d’ajouter : « L’État gabonais est déjà actionnaire à près de 30 % de notre filiale, ce qui est déjà bien. Faudrait qu’ils revoient leurs calculs pour voir ce qui est le plus rentable pour le pays. »
Sous couvert de réalisme économique, ces propos sont, en réalité, un affront diplomatique. Insinuer que le Gabon « se tire une balle dans le pied », c’est nier sa capacité à construire son avenir. Trouver que 30 % est « déjà bien« , c’est reléguer le pays au rang de figurant dans l’exploitation de ses propres ressources.

La contre-offensive se met en place

Dans notre édition un précédent numéro, nous tirions déjà la sonnette d’alarme : toute tentative d’interrompre l’exportation du manganèse brut provoquerait des réactions hostiles des grands groupes. Nous y sommes. Derrière les propos de Mme Bories, c’est sans doute la voix de l’Élysée qui commence à se faire entendre, discrètement mais fermement. La France, habituée à voir l’Afrique comme son arrière-cour stratégique, voit d’un très mauvais œil cette affirmation de souveraineté. Les pressions ne font que commencer.

Tenir bon pour une souveraineté économique réelle

Face à ces tentatives de déstabilisation, le Gabon doit tenir bon. La transformation locale du manganèse est une opportunité unique. Elle permettra de créer des milliers d’emplois directs et indirects, de bâtir un tissu industriel solide, d’accroître les recettes fiscales, de former des techniciens et ingénieurs et, surtout, de reprendre le contrôle sur ses ressources stratégiques. C’est une voie vers un développement autonome et durable.
La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Transformer nos matières premières sur place, c’est choisir soi-même son destin. Le temps de la soumission est révolu. Place à l’audace gabonaise.