Face à l’accumulation de trois mois d’arriérés de salaires et au mutisme persistant de leur hiérarchie, les salariés de la société agro-industrielle AGROPAG, basée à Ndendé, ont officiellement déposé un préavis de grève ce samedi 1er août 2026. Réunis en collectif, ils conditionnent la poursuite des activités sur le site au versement intégral de leurs dus avant le 5 août 2026. Entre précarité sociale exacerbée pour des dizaines de foyers et risques de paralysie pour cette structure clé de la Ngounié, le climat social atteint un point de rupture critique que seule une intervention d’urgence de la direction générale ou des autorités provinciales semble désormais pouvoir désamorcer.
L’antenne d’AGROPAG à Ndendé, chef-lieu du département de la Dola dans la province de la Ngounié, est au bord de la paralysie totale. Dans un communiqué officiel daté du 1er août 2026, les employés de cette entité agro-industrielle ont formellement transmis un préavis de grève à leur direction générale. Le motif de la discorde : trois mois consécutifs de salaires impayés qui plongent les travailleurs et leurs familles dans une détresse financière alarmante. Sans réaction concrète de leur hiérarchie sous quatre jours, le débrayage sera effectif.
Le quotidien asphyxié de dizaines de familles
Pour les salariés, la situation a largement dépassé le seuil du tolérable. Privés de leur unique source de revenus depuis plus d’un trimestre, les agents se heurtent désormais aux réalités brutales de la précarité : loyers impayés et menaces d’expulsion, difficultés croissantes à assurer la subsistance alimentaire quotidienne, et impossibilité de couvrir les frais médicaux essentiels.
Cette asphyxie financière s’inscrit dans un contexte d’autant plus difficile que les ménages doivent anticiper, d’ici quelques semaines, les lourdes dépenses liées à la future rentrée scolaire. Malgré l’urgence, le collectif des travailleurs rappelle avoir fait preuve de retenue, de patience et de responsabilité réglementaire avant d’en arriver à cette issue légale.
Le « silence méprisant » de la direction générale
Ce qui exacerbe la colère et le désarroi au sein de la base-vie de Ndendé, c’est l’absence totale de dialogue social. Les correspondances se sont multipliées ces derniers mois pour alerter la direction générale sur la détérioration continue des indicateurs sociaux. Au-delà du simple versement des émoluments, les griefs des employés ciblent des conditions d’hébergement jugées insalubres et inappropriées au sein des résidences de la base-vie, ainsi que l’absence chronique de renouvellement des contrats de travail arrivés à terme.
À ce jour, aucune explication technique, aucun calendrier de paiement, ni aucune mesure de transition n’ont été présentés par le sommet de l’entreprise. Ce black-out communicationnel renforce un sentiment d’abandon généralisé et pousse les salariés à radicaliser leur mode de contestation.
Ultimatum fixé au 5 août 2026
Face à cette inertie administrative, le verdict du personnel est sans appel. Un ultimatum strict a été posé : à défaut d’un règlement intégral des salaires dus au plus tard le mercredi 5 août 2026, l’ensemble des activités de production sur le site de Ndendé cessera immédiatement.
Le collectif précise que si la direction s’obstine dans son mutisme après cette date ultime, le mouvement sera intensifié par d’autres voies légales, notamment l’organisation de manifestations pacifiques. Les grévistes tiennent toutefois à rassurer l’opinion sur leur démarche civique, excluant tout acte de vandalisme ou d’incivisme sur les outils de production.
L’objectif affiché n’est pas de couler l’entreprise, mais d’obtenir le respect d’un droit constitutionnel et fondamental : le paiement d’un salaire pour un travail accompli. La balle est désormais dans le camp des décideurs d’AGROPAG, alors que le compte à rebours social est enclenché.
