AccueilInternationalAfriqueSommet de l’APF à Dakar : Le Sénégal pousse l’Afrique francophone à réaffirmer sa souveraineté

Sommet de l’APF à Dakar : Le Sénégal pousse l’Afrique francophone à réaffirmer sa souveraineté

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La 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a ouvert ses portes ce lundi 18 mai 2026 à Dakar. Jusqu’au 20 mai, la capitale sénégalaise devient l’épicentre des débats politiques du continent. Durant trois jours, plus de 200 parlementaires, présidents d’institutions et observateurs internationaux, venus d’une trentaine de pays africains membres, vont croiser le fer autour des grands défis démocratiques, économiques et sécuritaires qui ébranlent l’espace francophone.

Cette année, les assises s’articulent autour d’un thème central et crucial : « La Francophonie parlementaire face aux défis du développement durable et de la démocratie en Afrique ». A la tête d’une importante délégation bicamérale, le président de l’Assemblée nationale gabonaise, Michel Régis Onanga Ndiaye, également président de la section gabonaise de l’APF, prend une part active à ces rencontres de haut niveau.

Michel Régis Onanga Ndiaye lors de l’ouverture de la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF à Dakar.
Michel Régis Onanga Ndiaye lors de l’ouverture de la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF à Dakar.

Au-delà des formules protocolaires d’usage, ce rendez-vous dakarois s’inscrit dans un climat continental électrique. L’Afrique francophone traverse une période de turbulences majeures, prise entre crises sécuritaires endémiques, bouleversements géopolitiques mondiaux et un désir ardent d’émancipation politique. C’est précisément sur ce terrain glissant de la souveraineté que le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, El Malick Ndiaye, a choisi de frapper un grand coup.

Le plaidoyer d’El Malick Ndiaye pour une rupture institutionnelle

En tant qu’hôte de l’événement, le leader du parlement sénégalais n’a pas mâché ses mots. Il a plaidé sans détour pour une refondation globale de la Francophonie parlementaire, estimant que l’institution doit impérativement s’adapter aux nouvelles exigences des sociétés africaines. Selon El Malick Ndiaye, les instances francophones ne peuvent plus se contenter de postures théoriques, elles doivent apporter des réponses concrètes aux aspirations des peuples en matière de sécurité, de stabilité institutionnelle et d’autonomie décisionnelle.

Dans une allocution à forte charge politique, la tête d’affiche du parlement sénégalais a martelé l’urgence de sanctuariser la souveraineté africaine face aux ingérences et aux pressions extérieures. Il a parallèlement exhorté ses pairs à instaurer des mécanismes de concertation beaucoup plus incisifs entre Etats africains pour endiguer les fléaux sécuritaires qui déstabilisent des régions entières du continent.

Ce discours musclé matérialise une dynamique désormais décomplexée au sein du bloc francophone africain : celle d’un continent résolu à traiter d’égal à égal avec ses partenaires historiques et moraux, tout en reprenant le contrôle exclusif de ses intérêts stratégiques.

Le Gabon positionne ses pions sur l’échiquier diplomatique

La séance inaugurale a également vu l’intervention du président de l’APF, Hilarion Etong. Ce dernier a mis l’accent sur le rôle pivot de la coopération interparlementaire pour concevoir et adosser des politiques publiques capables de garantir la paix et l’essor économique du continent.

Pour Libreville, ce déplacement à Dakar revêt une dimension hautement diplomatique. En affichant une présence solide et remarquée à ce sommet, le Parlement gabonais réaffirme son ambition de peser de tout son sens au sein des grandes organisations internationales. Le Gabon entend ainsi s’imposer comme un acteur clé des réformes à venir et influencer directement la trajectoire de la Francophonie politique et institutionnelle.

A l’heure où les délégations entrent dans le vif des commissions techniques à Dakar, un signal fort a déjà été envoyé à la communauté internationale : l’Afrique francophone refuse désormais une Francophonie de vitrine ou purement symbolique. Elle exige une alliance pragmatique, ancrée dans les réalités du terrain et résolument utile à ses populations.

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