Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé, le 5 janvier, le premier Conseil des ministres du premier gouvernement post-transition, quelques heures seulement après la prestation de serment de la nouvelle équipe devant le président de la République et la cour constitutionnel. Pour le chef de l’État, ce rendez-vous n’avait rien d’une simple prise de contact. Il a d’ailleurs d’emblée précisé qu’«il ne s’agit ni d’un moment protocolaire, ni d’une formalité administrative, mais bien d’un acte fondateur de méthode, d’exigence et de responsabilité collective ».
Le ton martial de ce premier conseil traduit une volonté de rupture nette avec les pratiques du passé. Le Président a rappelé avec fermeté que « le peuple gabonais attend désormais de ses gouvernants des résultats visibles, mesurables et durables ». Désormais, le Programme national de croissance et de développement (PNCD) n’est plus un simple document de travail, mais la « boussole exclusive de l’action gouvernementale ». Chaque membre de l’équipe est désormais lié par des « feuilles de route impératives et opposables », transformant les engagements du projet « Bâtissons l’édifice nouveau » en obligations contractuelles, indique le communiqué final lu par le porte-parole du gouvernement.
Un contrat de performance sous haute surveillance
Cette nouvelle ère se caractérise par l’introduction d’une rigueur managériale inédite au sein de l’appareil d’État. Le chef de l’État a instauré un système de pilotage basé sur la redevabilité, affirmant que « la responsabilité ministérielle ne se mesure pas à l’activité, mais aux résultats obtenus ». Pour matérialiser cette exigence, un calendrier précis a été imposé : chaque ministre dispose de trente jours pour soumettre une feuille de route des « cent jours » et de soixante jours pour présenter un « contrat de performance ministériel » assorti d’indicateurs mesurables.
L’action gouvernementale devra se concentrer sur les attentes prioritaires des populations : la baisse des coûts des transports, l’accès à l’eau potable, la sécurité publique et la lutte contre la corruption. Sur ce dernier point, le Président a été particulièrement incisif, appelant à « restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de la République », notamment au sein du secteur judiciaire. En rappelant que « le temps politique n’est plus celui de l’apprentissage, mais celui de l’exécution », Brice Clotaire Oligui Nguema a signifié à ses ministres qu’ils sont désormais en mission sous le regard vigilant de la nation.