Longtemps délaissée, la bretelle stratégique reliant la Poste d’Akébé-Ville au secteur Cosmopark sort enfin de l’ornière. Ce chantier de réhabilitation, attendu depuis des années par les riverains, promet de transformer radicalement la mobilité au cœur de la capitale gabonaise.
A Libreville, certaines routes finissent par devenir de véritables épreuves de patience pour ceux qui les pratiquent. C’était le cas du tronçon reliant la Poste d’Akébé-Ville à Cosmopark. Long d’un kilomètre, cet axe était devenu, au fil des saisons, le symbole d’une dégradation urbaine marquée par des nids-de-poule profonds et une érosion galopante. Mais depuis quelques semaines, le vrombissement des engins a remplacé les grincements de châssis : la renaissance de la voie est en marche.
Le coup d’envoi des travaux a été donné le 31 mars 2026. Sous la supervision du Consortium international des travaux publics (CITP), le chantier ne se contente pas d’un simple replâtrage. Selon M. Diallo, chef de chantier adjoint, l’approche se veut structurelle pour garantir la pérennité de l’ouvrage.
La première phase, cruciale, a porté sur l’assainissement avec l’installation de canalisations modernes et de passages piétons en béton. « L’eau est l’ennemi du bitume », rappelle un technicien sur place. Après le raclage méthodique de l’ancienne chaussée défectueuse, les équipes s’attèlent désormais à la préparation de la couche de roulement. Il s’agira de poser un enrobé de haute densité, un mélange rigoureux de graviers, de sable et de bitume, conçu pour supporter le flux constant de véhicules qui caractérise ce quartier dense.
Une délivrance pour les usagers
Pour les habitants d’Akébé, ce chantier est bien plus qu’une question de génie civil, c’est une question de dignité et de pouvoir d’achat. Durant des années, l’état de la route avait fini par isoler le quartier. Les chauffeurs de taxi, redoutant des pannes mécaniques coûteuses, refusaient fréquemment de s’y engager ou exigeaient des tarifs prohibitifs. « C’était un calvaire quotidien, surtout pendant la saison des pluies », témoigne un commerçant installé en bordure de voie. Et de démontrer sa satisfaction pour le début des travaux : « Voir les machines à l’œuvre nous redonne enfin le sourire. On espère que cela facilitera aussi le ramassage des ordures et l’accès des secours en cas de besoin. »
Si les conditions météorologiques restent favorables, le CITP prévoit une livraison complète du chantier d’ici la fin du mois de mai 2026. Cette réhabilitation s’inscrit dans une dynamique plus large de remise à niveau des infrastructures secondaires de la capitale, indispensables pour désengorger les artères principales.
Alors que les ouvriers s’activent pour finaliser les bordures, l’optimisme est palpable. Une fois le dernier coup de rouleau compresseur passé, l’axe Akébé-Cosmopark ne sera plus un chemin de croix, mais un lien vital et confortable pour des milliers de Librevillois.