Alors que la capitale concentre les investissements, l’état catastrophique des routes et des infrastructures dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, à l’image des réalités dans la Lolo-Bouenguidi, illustre la fracture grandissante entre l’Estuaire et les autres provinces.
Le mercredi 13 mai 2026, Doly Ndama, vice-président du Conseil départemental de la Lolo-Bouenguidi, s’est rendu dans le canton Lolo-Wagna. Objectif : évaluer l’état des axes Peya-Mody et Peya-Ngady. Sur place, le constat est sans appel. Dégradée à l’extrême, la chaussée transforme le moindre déplacement en un parcours du combattant pour les usagers et paralyse l’économie locale.
Cette situation critique relance le débat sur l’inaction du ministère des Travaux publics face au délabrement du réseau routier dans les provinces. Pour ne rien arranger, le pont de Ndanda menace de s’effondrer. A la moindre forte pluie, une rupture de cet ouvrage isolerait définitivement plusieurs villages du reste du département.
Des écoles privées du strict minimum
La crise des infrastructures ne s’arrête pas à l’état alarmant des réseaux routiers. Elle frappe également le système éducatif de plein fouet. A l’école publique de Moulobia, le manque criant de tables-bancs force les élèves à suivre les cours dans un inconfort total. Ces conditions d’apprentissage indignes symbolisent les carences élémentaires auxquelles l’éducation nationale peine à répondre hors des grands centres urbains.

Le cri de détresse de l’arrière-pays
Pour les populations locales, le constat est amer : le développement du Gabon semble s’arrêter aux frontières de la province de l’Estuaire. La centralisation des ressources publiques aggrave l’isolement des provinces, privant les citoyens d’un accès décent aux services essentiels.
Reparti « avec amertume », Doly Ndama a promis de transmettre un rapport urgent à sa hiérarchie et aux autorités provinciales. Cependant, pour les habitants de la Lolo-Bouenguidi, l’heure n’est plus aux rapports ni aux promesses administratives. Ils réclament des actes concrets et immédiats, fatigués de voir tout un pan du pays s’enfoncer dans l’oubli.