La Ve République gabonaise, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, amorce une phase cruciale de reconstruction institutionnelle nécessitant de concilier la matérialisation des grands chantiers d’infrastructure avec des impératif de gouvernance et cohésion nationale. Pour pérenniser cette phase de développement, l’exécutif doit relever les défis de l’inclusivité territoriale, de la transformation locale des matières premières et de la transparence financière. Dans une tribune publiée en ce début de semaine, Papa Koumba Mboula, un notable de la Vallée de la Nyanga, appelle les Gabonais à « accompagner le président Oligui Nguema pour la prospérité du Gabon.
Si le génie civil modernise visiblement Libreville et Port-Gentil, les observateurs pointent du doigt un développement national à deux vitesses. L’urgence se déplace désormais vers le bitumage intégral des axes routiers critiques (Ndjolé-Booué, Minvoul, Mékambo) et l’instauration de politiques d’entretien strictes. Pour réussir, l’exécutif doit imposer une équité budgétaire stricte afin que l’hinterland ne soit plus sacrifié au profit des grands centres urbains.

Sortir de la rente par l’emploi local
Sur le front économique, le tissu social attend toujours l’impact concret des grands investissements sur le chômage des diplômés. Les experts préconisent une territorialisation industrielle : consolider les pôles miniers dans le Haut-Ogooué, développer l’agro-industrie dans l’Estuaire et structurer la filière halieutique dans l’Ogooué-Maritime. Parallèlement, des quotas de commande publique doivent impérativement protéger les PME locales à l’intérieur du pays.

Urgence sanitaire et services de base
Le quotidien à Bifoun, Booué ou Fougamou reste pénalisé par des coupures chroniques d’eau et d’électricité. De plus, la centralisation excessive des plateaux médicaux vers le Grand Libreville asphyxie la capitale tout en fragilisant les provinces. La construction d’hôpitaux de référence régionaux (Franceville, Oyem, Lambaréné) apparaît comme la seule réponse viable pour garantir des soins de proximité.
Transparence et décrispation politique
La viabilité de ce nouveau modèle gabonais dépend d’une gouvernance irréprochable. La population exige la publication régulière des audits financiers et des sanctions fermes contre le détournement des deniers publics. Enfin, la stabilité nationale exigera des gestes politiques majeurs de rassemblement, notamment la libération des prisonniers d’opinion et l’ouverture d’un dialogue permanent avec l’opposition et la société civile.











