Le cinéma africain marque une nouvelle fois l’histoire sur la Croisette. Le long-métrage Ben’Imana, réalisé par la cinéaste rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, a créé l’événement au Festival de Cannes 2026 en décrochant le prestigieux Prix de la critique internationale (FIPRESCI). Derrière ce sacre panafricain se cache une contribution gabonaise majeure : celle de la réalisatrice et productrice Samantha Biffot, dont l’engagement propulse les industries culturelles de son pays vers de nouveaux sommets professionnels.
Décerné par la Fédération internationale de la presse cinématographique, le prix FIPRESCI récompense l’audace et la pertinence des écritures cinématographiques mondiales. Pour l’équipe du film, cette distinction couronne un parcours sans faute au sein d’Un Certain Regard, la prestigieuse section de la sélection officielle cannoise.
Si l’œuvre marque la toute première entrée du Rwanda dans cette catégorie reine, elle symbolise également une consécration historique pour le Gabon. En tant que coproductrice de cette œuvre via sa structure, Samantha Biffot démontre la maturité technique et financière des professionnels d’Afrique centrale.
Le traumatisme du génocide face au miroir de la réconciliation
Sélectionné et salué pour sa mise en scène d’une rare délicatesse, Ben’Imana plonge le spectateur dans le Rwanda de l’année 2012, en plein cœur du déploiement des tribunaux populaires (Gacaca). Le récit suit le destin bouleversant de Vénéranda, une survivante du génocide des Tutsis hantée par le passé. Alors qu’elle tente d’accompagner sa communauté vers la résilience, une crise familiale l’oblige à affronter les traumatismes enfouis et les blessures invisibles léguées à sa propre fille.
Le jury de la FIPRESCI a notamment salué une œuvre majeure qui « met en lumière la résistance face à l’oubli et le besoin impérieux de réconciliation ».
Un signal fort pour le 7e art gabonais
Présente sur le tapis rouge aux côtés de l’équipe du film, Samantha Biffot n’a pas caché son émotion face à l’accueil critique et public réservé au long-métrage. Soutenue sur la Croisette par l’Institut Gabonais de l’Image et du Son (IGIS), la cinéaste incarne le renouveau d’un cinéma national ambitieux et exportable.
Ce triomphe cannois adresse un message clair au marché international : le Gabon ne se positionne plus seulement comme une terre de tournage, mais comme un acteur clé de la coproduction internationale de haut niveau. Avec ce prix critique en poche, les talents d’Afrique centrale prouvent qu’ils ont définitivement leur place parmi l’élite mondiale du septième art.

