Le Gabon souhaite transformer son expérience de transition politique en un véritable outil de diplomatie régionale. Porté par le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, ce plaidoyer a captivé l’audience de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) à Yaoundé, ouvrant la voie à une solidarité interparlementaire renouvelée. Le Gabon a également défendu les réformes de sa Vᵉ République et la régulation des réseaux sociaux comme des outils de préservation de la paix civile.
Le 9 juillet 2026, la capitale camerounaise est devenue le centre névralgique de la diplomatie parlementaire francophone. À l’occasion de la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), Michel Régis Onanga Ndiaye, président de l’Assemblée nationale gabonaise, est monté à la tribune de la Commission politique. Face à un parterre de délégations internationales, il a vigoureusement défendu le bilan de la transition politique gabonaise, tout en plaidant pour une synergie accrue entre les institutions législatives des pays engagés dans des processus similaires.
Un laboratoire politique au service de la diplomatie régionale
Loin de se cantonner à un simple exercice de reddition de comptes, Libreville affiche désormais l’ambition d’exporter son savoir-faire institutionnel. Michel Régis Onanga Ndiaye a ainsi partagé les grandes conclusions de la deuxième Conférence de haut niveau des présidents de Parlements des pays en transition et post-transition d’Afrique, qui s’est tenue au Gabon les 15 et 16 juin derniers.
Ce sommet, qui s’inscrit dans la continuité des jalons posés en 2025, vise à pérenniser un espace de dialogue critique sur la gouvernance démocratique, les réformes institutionnelles et les stratégies de sortie de crise. L’initiative gabonaise a reçu un écho favorable auprès de ses pairs, plusieurs délégations saluant le chemin parcouru par Libreville en deux ans. Ce retour progressif à la normalité constitutionnelle a d’ailleurs scellé la réintégration pleine et entière du Gabon au sein de l’APF et d’autres instances parlementaires mondiales.

Vers un axe Libreville-N’Djamena pour structurer la solidarité africaine
L’étape suivante consiste à donner une dimension permanente à cette dynamique. En parfaite convergence de vues avec son homologue tchadien, Ali Kolotou Tchaimi, le leader de la première Chambre du parlement gabonais a annoncé l’institutionnalisation prochaine de cette conférence. L’objectif serait de bâtir une plateforme durable de coopération interafricaine. « Le Gabon est prêt à accompagner l’APF dans toutes les initiatives destinées à soutenir les parlements des pays encore en transition », a martelé Michel Régis Onanga Ndiaye. Il a appelé à un renforcement immédiat des mécanismes de solidarité, de partage d’expériences et de dialogue direct entre les États de l’espace francophone confrontés à des mutations politiques majeures.
Souveraineté numérique et indépendance de la justice en débat
Cette tribune internationale a également servi de cadre à un exercice de clarification face aux interrogations de la communauté francophone concernant l’État de droit sous la Vᵉ République gabonaise. Interpellé sur la séparation des pouvoirs, le président de l’Assemblée nationale a réaffirmé l’indépendance de la magistrature : « l’exécutif n’intervient ni dans les procédures judiciaires ni dans les décisions rendues par les juridictions ».
Le débat s’est ensuite déplacé sur le terrain hautement sensible de la régulation de l’espace numérique. Roland Matsiendi, quatrième vice-président de l’Assemblée nationale et président délégué de la section gabonaise de l’APF, a pris la parole pour justifier les restrictions imposées aux réseaux sociaux. Selon lui, ces mesures d’encadrement constituent des dispositions strictement temporaires. Elles visent à endiguer la désinformation et à préserver la paix civile, sans pour autant sacrifier le principe fondamental de la liberté d’expression.
En clôturant son allocution, Michel Régis Onanga Ndiaye a formellement invité l’APF à s’associer à la dynamique de Libreville. Pour le Gabon, la coopération parlementaire ne doit plus seulement être une chambre d’enregistrement, mais un levier stratégique au service de la stabilité, de la paix et de la résilience institutionnelle en Afrique francophone.
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