Reçu ce lundi 28 avril 2026 par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’envoyé spécial de l’Union africaine, Albert Shingiro, a posé les jalons d’une résolution pacifique et définitive du vieux conflit territorial entre Libreville et Malabo. Un tournant diplomatique fondé sur le respect du droit international et la coopération transfrontalière.
Le dossier du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée Equatoriale entre dans une phase opérationnelle décisive. Près d’un an après l’arrêt historique rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) le 19 mai 2025, la médiation s’accélère. Au Palais Rénovation, le Chef de l’Etat gabonais a réaffirmé la position de Libreville : la résolution de ce litige séculaire ne passera que par le dialogue et la concertation fraternelle.
Dépêché par la Commission de l’Union africaine (UA), Albert Shingiro n’est pas arrivé à Libreville avec de simples vœux de paix, mais avec un agenda technique précis. Mandaté pour veiller à l’application des conclusions de La Haye, l’émissaire a insisté sur l’impératif de transformer une zone de tension en un espace de stabilité. « L’objectif est de traduire la décision de la CIJ en réalités géographiques et politiques concrètes sur le terrain », a laissé entendre le chef de la délégation. Pour l’UA, il s’agit d’éviter tout enlisement post-judiciaire et de garantir que la délimitation des frontières devienne un pont plutôt qu’un mur entre les deux nations sœurs.
Vers une démarcation technique et humaine
Au cœur des échanges avec le Président de la République, plusieurs propositions structurantes ont été soumises pour sortir définitivement de l’impasse.
Une feuille de route commune : un calendrier précis pour coordonner les actions des deux capitales.
Un mécanisme de démarcation. La mise en place de commissions techniques mixtes chargées du bornage physique des frontières terrestres et maritimes.
La coordination locale. La désignation de responsables territoriaux spécifiquement chargés de la gestion des zones de contact pour prévenir tout incident sécuritaire ou administratif.
L’idée phare de cette médiation reste le projet d’un accord de coopération transfrontalière, visant à transformer les zones autrefois disputées en pôles de développement partagé, au bénéfice des populations locales.
La diplomatie du dialogue comme boussole
De son côté, Brice Clotaire Oligui Nguema a salué la démarche de l’UA, tout en soulignant l’excellence des relations actuelles avec son homologue équato-guinéen. Pour le numéro un gabonais, la souveraineté nationale n’est pas incompatible avec l’intégration régionale. En encourageant la voie diplomatique, le Gabon réaffirme son leadership de paix dans la sous-région Afrique centrale.
Alors que les deux Etats s’apprêtent à engager les opérations délicates de démarcation, cette rencontre de Libreville marque la volonté commune de clore un chapitre de tensions pour en ouvrir un autre, celui de la cohabitation harmonieuse et du respect mutuel des frontières héritées de l’histoire.


