À Franceville, le gouvernement et ses partenaires internationaux ont franchi une étape décisive dans la structuration de la filière manioc. Le 22 avril 2026, soixante-six acteurs locaux ont reçu un appui matériel de grande envergure, marquant une volonté ferme de transformer cette culture vivrière en un véritable moteur industriel et économique.
C’est dans l’enceinte solennelle du gouvernorat de Franceville que s’est jouée, ce mercredi, une partie de l’avenir agricole du Haut-Ogooué. Sous la houlette de Pacôme Kossy, ministre de l’Agriculture, et de Zenaba Channing Gninga, ministre du Commerce, de l’Entrepreneuriat et des PME, la cérémonie de remise d’équipements a concrétisé les promesses d’un appel à projets lancé plusieurs mois plus tôt.
Une bouffée d’oxygène pour les producteurs locaux
Au total, ce sont 18 coopératives, 3 sociétés coopératives (SCOP), une PME et 44 producteurs individuels qui sont repartis avec les outils nécessaires pour passer à la vitesse supérieure. Pour les bénéficiaires, cet appui ne se résume pas à de simples machines : c’est un levier de productivité destiné à réduire la pénibilité du travail et à augmenter les rendements de transformation du précieux tubercule.
Le ministre Pacôme Kossy a d’ailleurs martelé l’enjeu social de cette dotation : « Cette action doit permettre de dynamiser l’économie locale en créant des opportunités d’emploi concrètes, particulièrement pour notre jeunesse et pour les femmes, piliers de cette filière. »
Le manioc, « l’or blanc » stratégique du Gabon
La représentante résidente du PNUD au Gabon, Rokya Ye-Dieng, a rappelé une statistique qui justifie à elle seule l’investissement : le manioc est consommé par plus de 90 % de la population gabonaise. En structurant cette chaîne de valeur, l’Etat ne se contente pas de soutenir ses agriculteurs, il sécurise son assiette nationale.
Ce projet bénéficie d’un alignement planétaire rare. Mis en œuvre avec l’appui de l’Office des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), il est financé par le fonds IBSA (Inde, Brésil, Afrique du Sud).
La présence remarquée des ambassadeurs des trois puissances émergentes souligne l’aspect géopolitique de l’événement.
L’Inde entend faire bénéficier le Gabon de son immense expertise technologique en mécanisation agricole.
Le Brésil, fort de son expérience, mise sur le transfert de compétences et la formation technique des jeunes ruraux.
L’Afrique du Sud, par la voix de son représentant, a insisté sur la nécessité de bâtir des synergies régionales pour que le succès de Franceville inspire d’autres provinces.
A travers ce programme, le Gabon envoie un message sur la transition vers une agriculture de transformation est en marche. Pour les acteurs du Haut-Ogooué, le défi est désormais de transformer cet équipement en croissance durable, afin que le manioc ne soit plus seulement une culture de subsistance, mais un pilier de l’entrepreneuriat national.


