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[USA : « Travel ban »] Visas refusés à plusieurs athlètes sénégalaises, réactions d’Ousmane Sonko

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L’interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de 12 pays édictée la semaine passée par Donald Trump est entrée en vigueur dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin, selon le texte du décret présidentiel. Et déjà, plusieurs membres de l’équipe nationale féminine de basketball du Sénégal se sont vus refuser la délivrance de visa par l’administration américaine.

L’information a été livrée le jeudi 19 juin 2025 par le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, qui a immédiatement pris une décision corrective. « Informé du refus de délivrance de visas à plusieurs membres de l’équipe nationale féminine de basketball du Sénégal, j’ai donné instruction au ministre des Sports d’annuler purement et simplement le stage de préparation prévu aux États-Unis », a écrit Ousmane Sonko sur sa page Facebook ce jeudi 19 juin 2025. Le chef du gouvernement précise que ce stage se tiendra désormais à Dakar, « dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes ».

Ousmane Sonko a par ailleurs exprimé sa profonde gratitude envers la République populaire de Chine, qui a accordé plusieurs dizaines de bourses de préparation aux athlètes sénégalais et à leurs encadreurs, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a toutefois affirmé qu’il n’est pas question de changer de cap concernant la souveraineté du pays.

Alors que la prestigieuse compétition de l’Afro Basket féminin 2025 doit se tenir en Côte d’Ivoire, du 25 juillet au 3 août, des joueuses de l’équipe féminine de basket du Sénégal avaient décidé de rejoindre leurs coéquipières déjà basées aux États-Unis. La presse a comptabilisé onze Lionnes de la Teranga déjà sur place, aux côtés de l’entraîneur, Otis Hughley Jr, de nationalité américaine. Les autorités des États-Unis ont refusé le visa à cinq joueuses et treize membres du staff national sénégalais.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a par ailleurs exprimé sa profonde gratitude envers la République populaire de Chine, qui a accordé plusieurs dizaines de bourses de préparation aux athlètes sénégalais et à leurs encadreurs, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a toutefois affirmé qu’il n’est pas question de changer de cap concernant la souveraineté du pays. « Nous réaffirmons avec clarté et fermeté notre nouvelle doctrine de coopération : une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé. Cette doctrine s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, en harmonie avec la ligne directrice du parti PASTEF, et en droite ligne des orientations stratégiques de l’Agenda national de transformation », a-t-il ajouté.

Cette affaire complexe qui peut susciter une perplexité. Car, selon les médias proches de sources gouvernementales sénégalaises, si le Sénégal figure effectivement dans la liste des 25 pays éventuellement ciblés par les nouvelles mesures américaines, les autorités disposaient de soixante jours pour s’aligner sur les nouvelles exigences. Une période très loin d’être échue, le décret du président américain n’ayant été signé que le 4 juin. En plus, l’équipe sénégalaise assure que toutes les formalités ont été remplies dans les règles. Le président de la Fédération sénégalaise de basket, de son côté,  n’a pas voulu réagir à chaud.

[Gabon : Téléphonie mobile] Moov Africa Gabon Telecom mise en demeure par l’Arcep pour perturbations de réseau

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L’entreprise fait l’objet d’une mise en demeure de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Cette décision fait suite aux importantes perturbations constatées ces dernières semaines sur le réseau de l’opérateur, lesquelles ont suscité de nombreuses plaintes de la part des usagers.

En réponse à cette situation, le président de l’Arcep, Célestin Kadjidja, a convoqué le directeur général de Moov Africa Gabon, Zouheir Jorio, pour obtenir des explications détaillées sur les dysfonctionnements constatés sur le réseau des services et exiger la mise en œuvre de solutions pérennes. Au cours de cet échange, l’autorité de régulation a rappelé à l’opérateur les obligations inscrites dans son cahier des charges, notamment en matière de qualité de service, de couverture réseau et de continuité de service, conformément aux engagements pris lors de l’attribution, le 10 juillet 2017, de la licence technologiquement neutre à Gabon Telecom.

En réaction, Moov Africa Gabon Telecom a reconnu les injonctions de l’Arcep et s’est engagé à mettre en place des mesures correctives appropriées, tout en évoquant le contexte difficile marqué par les délestages énergétiques, qui ne sont pas sans impact sur ses prestations.

À l’issue de la rencontre, Célestin Kadjidja a tenu à rappeler les sanctions prévues en cas de manquement aux engagements contractuels, à savoir : la réduction de la durée de validité de la licence, son retrait pur et simple, ou encore sa suspension.

[Gabon : Enseignement supérieur] Le SNEC-UOB rompt le silence et interpelle le président de la République sur la dette pédagogique

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Alors que les tensions s’exacerbent dans le secteur universitaire, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) est monté au créneau ce mercredi 18 juin 2025, lors d’un direct diffusé sur Gabonclic Info. L’objectif : relancer l’alerte sur les engagements non tenus concernant la dette pédagogique, mais aussi rappeler une série de problèmes structurels qui freinent le bon fonctionnement de l’enseignement supérieur au Gabon.

Devant la presse, les responsables syndicaux ont exprimé leur exaspération face au silence prolongé des autorités, malgré les assurances données par le chef de l’État lors de la rencontre du 2 mars dernier à l’Ecole normale supérieur de l’enseignement technique (ENSET). Le président du SNEC-UOB, prenant la parole après le secrétaire général du syndicat, a tenu à rappeler les nombreux points abordés à cette occasion avec le président de la Transition, aujourd’hui président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Une dette vieille de dix ans, toujours impayée

Parmi les sujets les plus urgents, il y a la dette pédagogique, communément appelée dette de vacations, estimée à deux milliards de francs CFA. Lors de l’échange du 2 mars, le président de la République s’était engagé à en régler 50 % dans un premier temps, soit un milliard de francs CFA. Selon le syndicat, ces fonds auraient bel et bien été virés au Trésor public dès le 10 avril 2025. Mais deux mois plus tard, les enseignants-chercheurs n’en ont toujours pas vu la couleur. « Jusqu’à présent, l’ensemble des enseignants-chercheurs, l’ensemble des responsables d’établissement se demandent à quel niveau se situent ces fonds », a déclaré le président du syndicat.

Plus inquiétant encore, les syndicats disent ne pas comprendre pourquoi les relevés d’identité bancaire (RIB) exigés d’urgence par les chefs d’établissement n’ont pas encore permis le paiement effectif des sommes dues. Le SNEC-UOB s’interroge ouvertement sur ce qu’il qualifie de « dévoiement de la parole présidentielle » par certains membres du gouvernement.

Une série de problèmes non résolus

Au-delà de la dette, le SNEC-UOB a rappelé les douze problèmes structurels exposés au chef de l’État en mars, allant du gel des situations administratives et financières, à l’insuffisance de personnel de rang magistral, en passant par les coupures intempestives d’eau et d’électricité, la fracture numérique, le manque d’équipements de laboratoire, ou encore la caducité des textes régissant l’enseignement supérieur.

Certes, reconnaît le syndicat, des progrès ont été constatés sur certains points, mais la dette pédagogique reste le nœud du problème, d’autant que l’année universitaire touche à sa fin. « Les enseignants-chercheurs attendent ce règlement depuis 2015. En mars 2025, il y a eu une lueur d’espoir. Aujourd’hui, nous sommes dans le doute », a résumé le président du SNEC-UOB.

Un syndicalisme constructif mis à mal

Le syndicat déplore le fait que malgré sa volonté affichée de privilégier un syndicalisme de co-construction, les engagements pris ne soient pas honorés. Le SNEC-UOB dit avoir joué le jeu, renonçant aux grèves, formulant des propositions concrètes et participant activement au dialogue lancé par les autorités. Mais à quelques jours de la fermeture des universités prévue pour le 5 juillet, le ton monte: « Le chef de l’État est connu pour sa parole tenue. Nous croyons à son pragmatisme. Mais nous ne comprenons pas pourquoi, dans ce cas précis, ses instructions semblent bloquées en chemin », a martelé le syndicat.

Avec la fin proche de l’année universitaire, le SNEC-UOB appelle les autorités à clarifier sans délai la situation autour de la dette pédagogique. Pour le syndicat, il en va du respect de la parole présidentielle et de la confiance des enseignants-chercheurs envers les institutions.

[Gabon : Patrimoine national] L’hôtel Le Méridien Ré-Ndama bientôt réhabilité

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Dans le cadre de sa politique de redynamisation des infrastructures stratégiques du pays, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a impulsé la signature d’un accord majeur avec le Groupe Achour Holding pour la réhabilitation de cet hôtel emblématique, situé au cœur de Libreville.

Paraphé ce 18 juin 2025, cet accord marque une nouvelle étape dans la stratégie de relance économique portée par le Chef de l’État. Il s’inscrit dans une dynamique de modernisation du patrimoine national, avec pour objectifs de renforcer l’attractivité touristique du Gabon, en stimulant les investissements privés et créer des opportunités d’emplois pour les Gabonais.

La réhabilitation du Méridien Ré-Ndama, à travers ce partenariat public-privé, reflète la volonté des autorités de faire de Libreville une vitrine hospitalière et économique moderne, à la hauteur des standards internationaux. Le projet prévoit une rénovation complète de l’infrastructure, l’intégration de nouveaux services hôteliers ainsi qu’une valorisation architecturale respectueuse de l’identité locale.

[Gabon : Patrimoine national] L’hôtel Le Méridien Ré-Ndama bientôt réhabilité

Outre son impact économique, ce chantier représente une bouffée d’oxygène pour le marché de l’emploi, avec la mobilisation prochaine de nombreux ouvriers, techniciens et prestataires locaux. Il contribuera également à dynamiser le secteur du tourisme, clé du développement durable et de la diversification de l’économie nationale.

Par cette initiative, le Chef de l’État réaffirme son engagement en faveur d’un développement harmonieux, fondé sur des partenariats stratégiques, au service de la souveraineté économique et du rayonnement du Gabon.

[Département de la Bayi-Brikolo-Aboumi] Le député Jean-Bosco Ndjounga et deux activistes devant les tribunaux pour diffamation.

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Un coup de tonnerre politique secoue Bayi-Brikolo. Deux figures locales, accusées d’avoir diffamé le député Jean-Bosco Ndjounga, dorment en cellule et risquent d’être présentés devant le procureur ce vendredi. En cause : 268 millions de francs CFA, un soupçon de détournement, et une commune – scotchée depuis la nuit des temps à des problématiques existentielles, notamment la route, les soins médicaux, la qualité de structures scolaires -qui en attend Godot.

Le climat politique déjà tendu dans le département de Bayi-Brikolo (Aboumi) vient de franchir un nouveau seuil d’inquiétude. Deux jeunes figures bien connues de la localité, Kouna Kennedy alias « Mouss Youmou » et Imelda Toumbeyi surnommée « la Dame de Fer », ont été interpellées il y a trois jours à Libreville par la Direction Générale des Recherches (DGR). À l’origine de cette arrestation : une plainte pour diffamation déposée par l’honorable Jean-Bosco Ndjounga, député de la Transition et Premier secrétaire du bureau de l’Assemblée nationale, désormais ex-militant du PDG, ex-membre du bureau politique de ce parti.

Dans des audios et vidéos devenus viraux, les deux jeunes leaders remettent ouvertement en question l’intégrité du député. Ils l’accusent d’avoir détourné 268 millions de francs CFA, alloués par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour financer des projets de développement dans le département. Les accusations vont plus loin : ils dénoncent un blocage systématique des fonds et projets, accusant Jean-Bosco Ndjounga de les détourner à des fins personnelles et familiales. Pour eux, le député est devenu un obstacle majeur au développement de la Bayi-Brikolo.

Le député et l’atteinte à son honneur

Cette interpellation n’a pourtant rien de surprenant. Le 13 avril 2025, dans une note officielle adressée aux ressortissants de Bayi-Brikolo, le député avait prévenu : toute atteinte à son honneur serait portée devant la justice. Il affirmait alors avoir été la cible d’attaques malveillantes, et annonçait sa détermination à faire appliquer la loi « avec la plus grande rigueur ». Aujourd’hui, l’avertissement est devenu action.

Mais cette plainte soulève une curieuse interrogation. Randy Oyeni, troisième membre du groupe accusateur et parent direct du député, n’a pas été cité dans la plainte. Pourtant, dans une vidéo diffusée ce 19 juin, il reconnaît avoir proféré les mêmes accusations que ses deux amis. En solidarité, il s’est même rendu à la DGR, réclamant d’être incarcéré à leur côté. Refusé. D’aucuns y voient la peur des représailles familiales de la part du député.

À Aboumi, selon la clameur populaire, ce nouvel épisode ravive les souvenirs d’avril dernier, lorsque Ngoulou Jean-Jacques avait été accusé d’avoir fait la belle avec 5 millions de FCFA destinés aux remerciements post-électoraux. La commune, souvent secouée par des supposés scandales financiers, semble piégée dans une spirale de suspicion et de frustrations.

Sa supposée mainmise sur tous les projets

Élu depuis 2018, Jean-Bosco Ndjounga, aujourd’hui député de la Transition, cristallise toutes les critiques. Sa longévité au cœur des affaires du département, sa supposée mainmise sur tous les projets, et son positionnement central dans la gestion des fonds font de lui la cible naturelle des accusations. Peut-être est-il temps de penser à l’alternance, tant cette concentration de pouvoir irrite une jeunesse en quête de renouveau. Il incarne aux yeux de beaucoup la plaque tournante d’un système local qui ne rend aucun compte.

Aller vers ses électeurs et apporter des clarifications sur lesdits fonds

Pour les populations de Bayi-Brikolo, la solution est simple : au lieu de porter plainte contre les jeunes, en tant que représentant du peuple, Jean-Bosco Ndjounga devrait tout simplement aller vers ses électeurs et apporter des clarifications sur lesdits fonds car étant au centre des décisions sur la localité. Pour preuve : sa visite récente pour inspecter les travaux du futur collège d’Aboumi en lieu et place du ministre de l’Education nationale illustre son aversion du respect des normes de la République. « L’incarcération » de ces deux jeunes n’est pas la solution car à la fin les questions restent posées : Où sont passés les 268 millions de francs CFA ? En l’absence de toute transparence dans la gouvernance des infrastructures publiques, les populations n’ont-elles pas le droit d’interpeller leur représentant, en utilisant leurs propres mots ? Comment ramener la sérénité dans une localité rythmée par les invectives ?

Face à cette batterie de questions, un regard lucide sur la ressource humaine s’impose. En jetant un coup d’œil dans cette « corbeille », les têtes pleines et bien faites ne manquent pas pour relever le niveau de la gouvernance politique du département de Bayi Brikolo. Les citer ? Non, ils se connaissent et ils sont connus.

La désormais affaire Jean Bosco Ndjounga contre ses contempteurs de la Bayi Brikolo est-elle le chant du cygne de son règne politique à la tête de ce département ?

[Interview] Joseph Patrick Souchlaty Poaty : « Nous dénonçons une gouvernance approximative et une gestion opaque des ressources financières du CNOU »

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Depuis quelque temps, un vent de tension souffle au sein du Centre national des œuvres universitaires (CNOU), où les relations entre les agents et la direction générale se seraient considérablement détériorées. Pour comprendre les raisons de ce malaise persistant, Joseph Patrick Souchlaty Poaty, président du Syndicat national des personnels de l’administration universitaire et des grandes écoles du Gabon (SYNAPAUGEG) a accepté de répondre à nos questions.

Gabonclic.info : Monsieur le président, que se passe-t-il actuellement au sein du CNOU ?

Joseph Patrick Souchlaty Poaty : merci pour cette opportunité qui me permet de m’exprimer. En ma qualité de président du SYNAPAUGEG, je tiens à tirer la sonnette d’alarme sur une situation de plus en plus préoccupante. Ce qui se passe actuellement au CNOU, c’est une gestion défaillante de l’institution par la direction générale. Nous observons un net recul dans l’accomplissement des missions fondamentales du CNOU, à savoir : nourrir, soigner, loger les étudiants, favoriser la pratique du sport et développer des activités ludiques en milieu universitaire. Ces responsabilités sont aujourd’hui compromises par une gouvernance approximative et une gestion opaque des ressources financières. Nous dénonçons également la mauvaise répartition des tâches, une absence criante de dialogue social et une considération insuffisante du personnel. Ce qui ne fait qu’alourdir le climat professionnel.

Que reprochez-vous exactement à la tutelle ?

Nous pointons du doigt l’inaction et le manque d’implication de la tutelle dans l’accompagnement du CNOU. Face aux dysfonctionnements internes, nous aurions souhaité une tutelle proactive, capable de jouer son rôle d’arbitre et de facilitateur pour garantir un meilleur encadrement, aussi bien des étudiants que des agents. Or, force est de constater que la tutelle semble absente, voire indifférente à la détresse des personnels et aux besoins urgents des étudiants. Ce désengagement affaiblit considérablement le rayonnement du CNOU et compromet sa mission sociale.

⁠Quelles solutions proposez-vous pour sortir de cette crise ?

Il faut avoir le courage de le dire : on ne peut exceller dans un métier que l’on ne maîtrise pas. Pour restaurer un climat serein et productif au sein du CNOU, il est urgent que cette institution soit confiée à des professionnels de l’administration scolaire et universitaire, formés et expérimentés dans la gestion des œuvres universitaires. D’ailleurs, le CNOU dispose déjà en son sein de ressources humaines qualifiées, prêtes à assumer ces responsabilités avec compétence et intégrité. Il est donc impératif de faire confiance aux experts du secteur, afin de remettre cette structure sur les rails, dans l’intérêt des étudiants et de l’ensemble de la communauté universitaire.

Lumière sur les entrailles de Radisson Blu Libreville : Derrière les murs du luxe, la colère gronde encore

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Une vidéo virale dénonçant l’exploitation des employés gabonais au Radisson Blu Libreville a ravivé les tensions autour de la gestion de cet hôtel. Si les autorités évoquent un contenu ancien, les faits décriés semblent, eux, toujours d’actualité. Décryptage d’une situation incompréhensible à l’heure de la restauration de la dignité du Gabonais.

Tout est parti d’une vidéo choc devenue virale sur les réseaux sociaux au début du mois de juin. Dans ce contenu saisissant, le Radisson Blu de Libreville est décrit comme « l’antre de l’esclavage moderne« , où les travailleurs gabonais subiraient brimades et inégalités au profit d’expatriés surprotégés. Ce témoignage visuel, relayé par un reportage télévisé, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique.

Une vidéo choc relance la polémique : l’État convoque la direction du Radisson Blu

Face à l’ampleur de la polémique, le ministre du Tourisme durable et de l’artisanat, Pascal Ogowe Siffon, a convoqué le 10 juin 2025 Denis Dernault, directeur général de l’établissement, afin d’obtenir des clarifications. Ce dernier a rapidement désamorcé les soupçons en précisant que la vidéo en question date de 2023, et qu’aucun mouvement de grève ou de tension n’a été récemment enregistré au sein de l’hôtel.

Denis Dernault a également affirmé sa pleine coopération avec l’audit en cours, initié par le ministère et les services compétents. « Nous sommes entièrement transparents », a insisté un représentant de la direction, qui a tenu à rassurer de la volonté du Radisson Blu de faire toute la lumière sur sa gestion interne. Objectif affiché : restaurer la confiance et démontrer la conformité de l’établissement avec la réglementation nationale.

Cette position officielle vise à calmer les esprits, mais sur le terrain, les interrogations persistent. Car si la vidéo est ancienne, les dysfonctionnements dénoncés n’auraient pas disparu.

Une réalité sociale qui persiste malgré les années

Le reportage de 2023, dont les extraits ont récemment refait surface, brossait un portrait accablant de la gestion interne du Radisson Blu. Ce n’est pas seulement la date de diffusion qui interroge, mais bien la résonance toujours actuelle de ses accusations.

L’établissement y était présenté comme un « État dans l’État », dominé par une direction exclusivement étrangère : un directeur français surnommé par certains employés « Satan Petit Cœur », un directeur administratif tunisien, un chef technique libanais et même un cuisinier ne parlant ni français, ni langue locale. Aucune présence gabonaise à la tête, une situation vécue comme une insulte à la souveraineté nationale.

Le document évoquait aussi des dépenses douteuses : un forage facturé à plus de 80 millions de FCFA mais inutilisable, des contrats d’entretien de climatisation surfacturés, et la présence d’un bureau de change clandestin au cœur de l’hôtel.

Mais c’est sur le plan social que la fracture est la plus criante. Les expatriés y bénéficieraient de conditions privilégiées : logement, scolarité des enfants à l’étranger, primes faramineuses, billets d’avion pour toute la famille, pendant que les employés gabonais peinent à obtenir une couverture santé ou un traitement équitable.

Le cas du consultant malien Moussa Sidibé, employé sans contrat, ni titre de séjour, pendant quatre ans, est cité comme symbole de l’impunité.

Malgré les tentatives de réquisition de l’hôtel par l’État, « les mêmes réseaux » seraient toujours aux commandes. La vidéo dénonce le silence complice d’une partie de l’administration, incapable – ou refusant – de s’attaquer au système de prédation en place.

Un symbole national mis à l’épreuve

Deux ans après ces révélations, la vidéo redevient virale… et rien ne semble avoir vraiment changé. Le personnel local continue de dénoncer l’arrogance d’une direction qui se croit au-dessus des lois.

L’affaire Radisson Blu dépasse désormais le cadre hôtelier. Elle cristallise les enjeux de souveraineté, de justice sociale et de gouvernance dans un pays en quête de redressement.

Si le gouvernement veut prouver qu’il œuvre réellement pour le respect du droit et la valorisation des compétences locales, l’assainissement du Radisson Blu pourrait bien être un test décisif. Car un État qui ne protège pas ses travailleurs, c’est un État qui abandonne sa souveraineté.

Contactée par nos soins depuis vendredi dernier, la direction générale n’a pas – au moment où nous mettions sous presse – daigné répondre à notre demande d’interview pour donner sa version des faits. Toutefois, nos colonnes restent ouvertes au cas où elle souhaiterait s’exprimer.

[Gabon : Développement rural] Du matériel agricole pour relancer la culture du manioc dans le Haut-Ogooué

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Dans le cadre de sa stratégie pour la souveraineté alimentaire, le gouvernement gabonais a franchi une nouvelle étape en remettant un important lot de matériel agricole aux exploitants du Haut-Ogooué.

Cette initiative, axée notamment sur la relance de la culture du manioc dans le G2 — une zone rurale reconnue pour ses terres fertiles — marque un signal fort en faveur de l’agriculture vivrière. Selon un reportage diffusé au journal télévisé de Gabon 1ère, le 18 juin, la cérémonie officielle a eu lieu en présence du ministre de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural, Odette Polo Pandzou et des autorités administratives locales. À cette occasion, 29 tracteurs ainsi qu’une large gamme d’engins agricoles ont été remis aux acteurs du secteur.

Un appui tangible à la production locale

Cette dotation s’inscrit dans les engagements pris par les autorités de la Ve République en faveur du renforcement de la production nationale et de la réduction des importations alimentaires. Le manioc, pilier de l’alimentation au Gabon, représente un levier stratégique pour atteindre cet objectif.

Malgré une consommation importante sur le territoire, la production nationale peine à couvrir la demande. La relance de la filière manioc dans le G2 vise ainsi à corriger ce déséquilibre, tout en s’inscrivant dans un plan plus large de redynamisation de l’agriculture vivrière. Ce plan englobe d’autres cultures de base telles que le maïs, la banane plantain et l’arachide.

[Gabon : Développement rural] Du matériel agricole pour relancer la culture du manioc dans le Haut-Ogooué

Un potentiel économique à valoriser

Grâce à la mécanisation du secteur agricole, les producteurs locaux pourront améliorer leurs rendements, réduire la pénibilité du travail et gagner en efficacité. Cette dynamique devrait également attirer de nouveaux profils, notamment des jeunes, vers les métiers de l’agriculture.

À moyen terme, les perspectives sont prometteuses : transformation locale du manioc (en gari, tapioca, farine, etc.), création d’emplois ruraux, et développement de chaînes de valeur durables. Des formations en techniques culturales et en transformation agroalimentaire sont également prévues, en collaboration avec les structures spécialisées du ministère.

Un suivi indispensable pour assurer la durabilité

Les coopératives bénéficiaires du don ont salué l’initiative, tout en soulignant l’importance d’un accompagnement à long terme : accès aux intrants, encadrement technique, réhabilitation des pistes rurales et facilitation des débouchés commerciaux. Comme l’a souligné Dave Onguori, représentant des agriculteurs du Haut-Ogooué, « l’appui matériel est un bon départ, nous remercions les autorités pour cela ».

Le gouvernement, pour sa part, réaffirme sa volonté de faire de l’agriculture un levier majeur de développement économique. Le Haut-Ogooué, en tant que zone à fort potentiel, s’inscrit pleinement dans cette vision.

Une politique agricole en expansion

Cette opération dans le Haut-Ogooué constitue une étape majeure dans la relance de la filière manioc. Elle intervient après des actions similaires menées dans les provinces de la Ngounié, de la Nyanga, de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué. Elle témoigne d’une volonté politique affirmée de revitaliser le secteur agricole pour répondre aux besoins alimentaires du pays tout en soutenant les communautés rurales.

[Gabon : Réformes politiques] La nouvelle loi sur les partis adoptée à l’Assemblée nationale

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C’est un tournant majeur dans la vie politique gabonaise. Le mardi 17 juin 2025, la première chambre du Parlement a adopté la loi fondamentale visant à réorganiser en profondeur le fonctionnement des partis politiques. Cette réforme, qualifiée d’« historique » par plusieurs députés de la Transition, introduit de nouvelles normes de représentativité, de transparence et de structuration dans l’espace partisan.

Parmi les dispositions phares du nouveau texte, figure l’obligation pour tout parti politique légalement constitué de justifier d’un minimum de 12 000 militants identifiés par un Numéro d’identification personnel ( NIP). Cette mesure vise à enrayer la prolifération des partis de façade, souvent accusés de n’exister que sur le papier. Et aussi à renforcer la crédibilité des formations engagées dans le débat démocratique.

Derrière cette réforme, les autorités publiques affichent une volonté claire : mettre fin à la fragmentation excessive du paysage politique national et restaurer la confiance des citoyens. Le ministre de l’Intérieur, principal porteur du texte, a défendu devant les députés « une loi de clarification et de modernisation », estimant que « seuls les partis enracinés dans la société et disposant d’une base militante réelle pourront prétendre concourir à l’expression du suffrage ».

Sans surprise, la réforme suscite des réactions diverses au sein de la classe politique. Certains leaders des partis saluent une avancée nécessaire pour « renforcer la démocratie gabonaise ». D’autres formations politiques, en revanche, dénoncent une « loi d’exclusion » taillée, selon eux, pour affaiblir les formations alternatives et maintenir un certain contrôle sur le pluralisme politique. « Imposer un seuil aussi élevé dans un pays où les conditions d’accès aux données d’état civil restent complexes, c’est verrouiller l’espace politique », a réagi un responsable d’un parti opposé à la nouvelle donne.

Cette nouvelle loi aura un impact direct sur les prochaines échéances électorales, notamment les locales et les législatives prévues pour septembre et octobre prochains. Les partis qui ne rempliront pas les critères de représentativité risquent tout simplement d’être exclus des futures consultations politiques.

Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre de l’Intérieur, annonce déjà un mécanisme de vérification rigoureux, avec l’appui de l’Agence nationale des identifications, pour s’assurer de l’authenticité des fichiers des militants transmis par les partis.

Cette réforme marque peut-être le début d’un nouveau cycle dans la vie politique gabonaise, plus encadré mais aussi plus exigeant. Reste à savoir comment les différentes formations politiques s’adapteront à ce nouveau cadre. D’ici là, le débat sur le pluralisme, la représentativité et l’équité démocratique est loin d’être clos.