Les agents de la Police judiciaire (PJ) de Franceville ont arrêté, le 30 septembre, un jeune homme de 25 ans du nom d’Orphé Mbadong, surnommé « Chaka ». Il est accusé d’usurpation de titre, de vols aggravés à répétition, d’association de malfaiteurs et de consommation de drogue. Il a été placé en prison à la fin de la semaine dernière, en attendant la suite de l’enquête.
D’après les premières informations, Chaka est impliqué dans plusieurs vols et actes criminels commis ces derniers mois à Franceville et dans les environs. Les enquêteurs pensent même qu’il ferait partie d’un réseau bien organisé, spécialisé dans les cambriolages et les arnaques violentes. Ce groupe serait aussi lié au trafic de chanvre indien, un commerce illégal qui lui rapporterait beaucoup.
Pour tromper certaines de ses victimes, Orphé Mbadong se faisait passer pour un agent de la PJ. Mais cette fois, la supercherie n’a pas duré. Après son arrestation, il a été présenté à un juge d’instruction au tribunal de Franceville, qui l’a placé en détention préventive après son inculpation.
Les charges retenues contre lui sont graves et pourraient lui valoir de lourdes peines de prison si les faits sont confirmés. L’enquête se poursuit pour déterminer jusqu’où s’étendaient ses activités et pour identifier ses complices éventuels.
La rentrée solennelle des cours et tribunaux pour l’année judiciaire 2025-2026 s’est tenue le 6 octobre au Palais de justice de Libreville, sous l’autorité de la Première présidente (PP) du Conseil d’État, Andréa Apoungo Amvane.
Conformément à la loi organique, elle a organisé et présidé cette cérémonie, à laquelle prenait notamment part le président de la République et président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Brice Clotaire Oligui Nguéma. L’événement était placé sous le thème critique : « Le magistrat et l’État de droit ».
Bilan d’activité en recul, exigence d’impartialité et de déontologie
Dans son allocution, la Première présidente a présenté un bilan d’activité marqué par un recul de la productivité. Entre juillet 2024 et juillet 2025, les juridictions gabonaises ont enregistré 27 605 nouvelles procédures, contre 36 749 l’année précédente, et ont jugé 26 118 dossiers, en baisse par rapport aux 33 745 traités en 2023-2024.
La PP du Conseil d’État, Andréa Apoungo Amvane, lors de son allocution, insistant sur l’appel à l’intégrité et à la transparence.
Cette baisse est expliquée par les grèves des personnels et leur mobilisation lors des scrutins. Néanmoins, la magistrate a salué des progrès, dont l’ouverture du tribunal de première instance de Ntoum, la régularité des sessions criminelles et le fonctionnement du Conseil de discipline des magistrats.
Andréa Apoungo a par ailleurs insisté sur le fait que l’État de droit exige que « l’État lui-même et son administration soient soumis au droit ». Pour y parvenir, le magistrat doit se placer au-dessus des pressions politiques, des influences et des intérêts particuliers, insistant sur l’importance du respect du serment, de la déontologie et de l’impartialité.
« Je ne transigerai ni avec l’opacité, ni avec l’impunité » a averti le président Oligui Nguéma sur sa page Facebook, après sa participation à l’audience de rentrée.
Les fermes recommandations du chef de l’État
Le président Oligui Nguéma a, au terme de la cérémonie, formulé des recommandations claires visant à réformer la justice et à restaurer la confiance citoyenne, dans une publication qui n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux. Il a salué le rôle central des magistrats dans la consolidation de la paix et de la stabilité nationale, soulignant que « sans une justice forte, indépendante et respectée, il ne peut y avoir ni paix durable, ni stabilité véritable ». Selon lui, le thème de cette rentrée illustre la volonté d’ancrer la justice gabonaise dans les valeurs d’intégrité, de transparence et de loyauté qui fondent la refondation républicaine en cours.
Le chef de l’État a ainsi exhorté les magistrats à renforcer l’intégrité et la transparence dans leurs décisions, à combattre toute forme d’opacité et d’impunité, à garantir quotidiennement les libertés fondamentales et à privilégier une justice proche des justiciables et soucieuse des plus vulnérables. Insistant sur la nécessité d’une rupture avec les anciennes pratiques, le Président a affirmé avec fermeté : « Je ne transigerai ni avec l’opacité, ni avec l’impunité. La justice doit redevenir un rempart et non un outil de compromission ».
Cette rentrée judiciaire 2025-2026 s’ouvre sur un défi majeur : l’enjeu principal, selon les autorités, est de consolider la démocratie en bâtissant une justice impartiale, rapide et respectueuse des droits humains.
La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie Sociale (CNAMGS) a sombré dans le chaos ce lundi 6 octobre 2025. Une série de décisions radicales du président du Conseil d’administration (PCA), Alain Claude Kouakoua, suspendant la directrice générale (DG), Nadia Christelle Koye, et ses principaux collaborateurs, a déclenché une riposte immédiate et virulente de la DG, transformant l’institution en champ de bataille. Pour couronner le tout, les partenaires sociaux ont exigé la démission du PCA.
La journée a été marquée par une avalanche de notes et de correspondances. Alain Claude Kouakoua, le PCA, a d’abord signifié à la DG sa « suspension à titre conservatoire ». Il justifie cette mesure en évoquant la constatation d’« un certain nombre de faits graves et répétés mettant en cause le fonctionnement régulier » de l’institution. L’ordre est clair et immédiat. « Dès lors, il vous est expressément interdit d’accéder à vos bureaux et, de manière générale, aux locaux de la CNAMGS », écrit-il.
Dans la foulée, le PCA a désigné le directeur général adjoint, Pierre Moussavou, pour assurer l’intérim. Non content de cette première action, le PCA a ensuite réitéré la suspension de cinq cadres dirigeants nommés par la DG, dont le directeur des finances et de la comptabilité et le médecin conseil. Ces cadres se sont vu, eux aussi, interdire l’accès à leurs bureaux et aux locaux de la CNAMGS, accentuant la sensation de purge au sommet.
Riposte de la DG : « Abus de pouvoir » et non-opposabilité
La DG, Nadia Christelle Koye, n’a pas tardé à répliquer. Dans une note incendiaire adressée au PCA, elle conteste la légalité et le fondement de sa suspension, dénonçant un « abus de pouvoir ». « Un seul Administrateur fut-il le PCA ne peut unilatéralement et abusivement (comme c’est le cas) décider de la suspension du Directeur General », a-t-elle martelé. Elle insiste sur le fait que le respect du principe de légalité aurait requis une décision de l’ensemble du Conseil d’administration.
La DG fustige par ailleurs le non-respect du principe du contradictoire. « Vu que ces actes auraient été, « répétés » pourquoi le Conseil d’administration n’en a-t-il pas été informé ? Pourquoi n’ai-je pas été interpellée à ce sujet par le Conseil d’administration ? », a-t-elle interrogé. Elle conclut en déclarant la note « non opposable », tout en se réservant « le droit d’engager toutes les procédures judiciaires consécutives à cet abus de pouvoir ».
Les partenaires sociaux demandent la tête du PCA
Cette folle pagaille a atteint son paroxysme avec l’entrée en scène des partenaires sociaux. Dans une déclaration fracassante, le président du syndicat national de la CNAMGS, Gaëtan Nkoghe, a dénoncé un « climat délétère » instauré par le PCA, qu’ils accusent d’ingérence et de marginalisation de la DG.
Les syndicalistes ont ouvertement réclamé le départ du président du Conseil d’administration et le retrait du décret n°076, jugé source de confusion statutaire. « La confusion des rôles entre la Présidence du Conseil et la Direction Générale met en péril la stabilité de la CNAMGS », ont-ils affirmé, ajoutant une pression sociale et politique significative à cette crise institutionnelle. Le Conseil d’administration extraordinaire du 8 octobre s’annonce ainsi décisif.
Fruit d’un partenariat historique entamé il y a plus de six décennies avec la signature de la Convention de Yaoundé en 1963, les relations entre l’Union européenne et le Gabon sont aujourd’hui marquées par la franchise et une maturité certaine. C’est dans cet esprit que Cécile Abadie, ambassadeur de l’Union européenne au Gabon, reçoit L’Aube, La Loupe et Gabonclic.Info pour cet entretien. La diplomate détaille les priorités d’une coopération renforcée, axée sur les investissements durables, la gestion des ressources forestières et la bonne gouvernance. Interrogée sur le double scrutin législatif et local en cours, elle a indiqué d’emblée que l’Union européenne « ne s’autorise pas à commenter publiquement son déroulement alors que la campagne pour le second tour est en cours ».
Gaboncli.Info: Suite au premier tour des élections législatives et locales, dont le double scrutin s’est déroulé le 27 septembre dernier, quel regard portez-vous sur la situation politique actuelle du pays ?
Cécile Abadie : L’Union européenne a suivi avec beaucoup d’intérêt ce scrutin, mais ne s’autorise pas à commenter publiquement son déroulement alors que la campagne pour le second tour est en cours. Notre implication a pris la forme d’un soutien à une mission d’observation électorale de la société civile, qui a partagé ses conclusions sur le premier tour, avec neutralité et impartialité.
Après le scrutin du 27 septembre, l’émotion était palpable. Nous avons, naturellement, relevé la déclaration de l’ACER (Autorité de contrôle des élections et du référendum, ndr), puisqu’elle est l’autorité compétente pour analyser le processus, de manière indépendante. Nous suivrons, bien entendu, avec attention les prochaines étapes, notamment le traitement des recours et l’organisation du second tour, qui constitueront des éléments importants face aux préoccupations exprimées par les citoyens, électeurs ou candidats.
La démocratie et la bonne gouvernance sont des valeurs fondamentales pour l’Union européenne. Comment l’UE appuie-t-elle ces principes au Gabon, notamment en matière de renforcement des institutions et de soutien à la société civile ?
L’Union européenne est riche de 27 modèles démocratiques différents et ne cherche à en imposer aucun. Notre objectif, au Gabon, comme ailleurs, est d’accompagner les institutions qui s’engagent dans des réformes politiques et les acteurs de la société civile dont le plaidoyer et l’action de proximité permettent de défendre les droits humains. L’Union européenne a fait le choix de donner sa chance au processus de transition politique et de l’accompagner dans le respect des priorités nationales.
L’Union européenne et plusieurs États membres ont, ensemble, alloué au Gabon un financement d’environ 3.5 millions d’euros, soit 2,3 milliards de francs CFA, qui poursuit deux objectifs : (1) appuyer les réformes institutionnelles, avec de l’expertise et des partages d’expérience, y compris avec d’autres pays africains ; (2) un renforcement des capacités de la société civile et des médias. Sensibiliser les membres du Parlement aux éléments clés d’une réforme constitutionnelle ou bien soutenir le dispositif d’observation électoral citoyen lors des différents scrutins sont des exemples d’activités concrètes mises en œuvre.
Par ailleurs, l’Union européenne soutient chaque année des initiatives portées par des organisations de la société civile intervenant dans des domaines différents (droits humains, lutte contre les violences basées sur le genre, protection des enfants, etc.).
Comment comptez-vous aider le secteur de la Communication au Gabon, au regard de l’importance des médias pour la consolidation de la démocratie dans notre pays ?
Je partage pleinement l’avis selon lequel le rôle des médias est essentiel sur le chemin de la démocratisation, en luttant contre la désinformation et en éclairant le citoyen. C’est la raison pour laquelle, dans le cadre de notre appui à la transition, des activités de renforcement des capacités des médias ont été mises en œuvre, concernant par exemple, les principes de déontologie et de responsabilité journalistique, les enjeux éthiques liés à la rapidité de l’information en ligne ou les bonnes pratiques journalistiques en matière d’utilisation de l’Intelligence Artificielle.
Les visites de journalistes à Bruxelles me semblent être également un élément essentiel de compréhension mutuelle entre nos deux continents. J’espère qu’elles se multiplieront à l’avenir.
Je reste consciente que ces initiatives, même bienvenues, ne peuvent résoudre le défi principal auquel sont confrontés de nombreux journalistes, c’est-à-dire assurer leur indépendance financière et, par là même, leur indépendance éditoriale. C’est un sujet qui mérite l’attention de tous, de l’État comme des partenaires.
Le programme « Erasmus + » a-t-il suscité un intérêt au Gabon ? Quels en ont été les bénéfices ?
Erasmus a été, et reste, l’un des grands succès de l’Union européenne. Chaque année nombre d’étudiants européens découvrent la diversité culturelle de l’Union et renforcent leur bagage universitaire et donc leur employabilité.
Erasmus + a ouvert les frontières de ce programme à d’autres pays et permet une mobilité des étudiants comme des professeurs. Dans le cadre de l’édition actuelle (2023-2025), une trentaine d’étudiants et professeurs gabonais sont, soit en Europe, soit viennent d’en revenir. Ils ont séjourné en Allemagne, en Pologne, en Estonie… C’est une expérience transformatrice sur le plan individuel, une ouverture sur un continent voisin et sur sa diversité culturelle et linguistique, et surtout une grande valeur ajoutée pour consolider un CV. Je vais prochainement rassembler tous ces bénéficiaires, car je suis impatiente d’entendre leur vécu de cette aventure humaine et universitaire.
La diversification de l’économie gabonaise est un enjeu majeur. L’Union européenne accompagne-t-elle ce processus et si oui, dans quels secteurs prioritaires cette coopération se manifeste-t-elle concrètement ?
Cet agenda de diversification et de création de valeur ajoutée est au cœur de l’approche Global Gateway développée par l’Union européenne. Différentes modalités sont utilisées.
Tout d’abord, la combinaison de subventions de l’Union européenne à des prêts d’institutions financières du développement, pour des conditions d’investissement beaucoup plus attractives. L’objectif est de développer les infrastructures qui dynamiseront la connectivité régionale et attireront l’investissement étranger. Une de nos priorités est le secteur de l’énergie, qui est vital pour tout processus d’industrialisation.
Une autre modalité est le soutien à des chaines de valeurs, de l’exploitation jusqu’à la commercialisation. C’est dans le secteur forêt/bois que nous nous investissons particulièrement.
Enfin, l’Union européenne peut octroyer des garanties pour stimuler l’investissement privé, dans des secteurs très variés. Mon objectif est de maximiser le potentiel de ces outils.
Le Gabon a dénoncé l’accord de pêche conclu en 2021 avec l’Union européenne pour cinq ans, estimant que la contrepartie était bien loin du profit qu’en tirait l’UE. Où en êtes-vous avec la renégociation de cet accord ?
Depuis la notification par le Gabon, en juin dernier, de son intention de dénoncer l’accord de pêche, des discussions sur l’avenir de cet accord ont été initiées entre l’Union européenne et le Gabon.
Avant d’entrer en négociation, nous avons jugé utile d’assurer une bonne compréhension du point de vue de chaque partie. Il était donc important, pour l’Union européenne, de rappeler les règles qui encadrent l’activité de la flotte européenne et assurent la transparence, le fonctionnement de l’appui sectoriel octroyé et le rôle des autorités gabonaises dans son exécution. Il était tout aussi important de réaffirmer que cela demeure notre objectif de maximiser l’impact local de l’activité de pêche européenne. Nous souhaitons mieux comprendre les raisons pour lesquelles la flotte européenne et les opérateurs gabonais du secteur ont peu d’interactions, et avoir une meilleure compréhension des défis rencontrés par notre flotte lors de ses tentatives de débarquement.
Pour éclairer les enjeux de cette coopération et documenter les bénéfices de chaque partie, une évaluation indépendante de l’accord 2021-2026 a été réalisée et est accessible à tous sur notre site. Cela constitue une base solide et objective pour nos futurs échanges.
Notre objectif demeure de négocier un accord sur le principe « gagnant-gagnant », afin que les intérêts de chaque partie soient pris en compte. Les consultations n’en sont qu’à leur début, mais je suis encouragée par l’état d’esprit constructif dans lequel le dialogue évolue.
Le Gabon est un acteur clé de la préservation de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique, notamment grâce à sa vaste forêt. Comment l’UE collabore-t-elle avec les autorités et les acteurs locaux pour concilier la protection de cet immense patrimoine naturel avec les impératifs de développement économique et social ? Pourriez-vous nous donner des exemples de projets phares dans ce domaine ?
La transition verte est le fil directeur de notre coopération économique. Notre approche stratégique est de soutenir des infrastructures durables, par exemple pour valoriser le potentiel hydroélectrique, avec plusieurs projets locaux plus ciblés. Il s’agit notamment de l’accompagnement de la filière bois/forêt dans l’objectif qui est cher au Gabon – et auquel nous adhérons pleinement – d’assurer une gestion durable des ressources.
Nous souhaitons aussi soutenir de nouvelles filières pour qu’émerge un tissu économique local, créateur d’emplois décents, dans le secteur agricole, en particulier la filière cacao que le Gouvernement souhaite relancer, ou encore dans l’éco-tourisme.
Ces initiatives s’inscrivent dans une vision partagée, déclinée dans le Partenariat pour les Forêts signé il y a presque un an, à l’occasion de la visite du président de la République à Bruxelles.
Dans le contexte de la déforestation et du commerce illégal du bois, quelles initiatives conjointes sont mises en place pour garantir une gestion durable des ressources forestières et assurer la traçabilité des produits ?
Le Gabon a su maintenir un faible taux de déforestation et compte nombre d’entreprises qui, à travers leurs standards de certification, contribuent à une gestion durable des ressources. Parmi elles, on compte beaucoup d’entreprises européennes qui assurent la transparence de leurs opérations.
Pour que les règles en place soient respectées, et que l’ensemble du secteur adopte de bonnes pratiques, l’Union européenne soutient le Gabon sur deux aspects complémentaires : d’un côté, renforcer davantage la gouvernance du secteur et, par ailleurs, permettre aux entreprises de garder un avantage comparatif en se préparant aux exigences de traçabilité des marchés internationaux, notamment du marché européen.
Compte tenu de la volonté, depuis 2024, du pays d’opérationnaliser son Système national de traçabilité du bois (SNTBG), nous avons développé conjointement, depuis cette année, un soutien au déploiement du système à travers notre programme « EU Forest Governance and Value Chains Programme » mis en œuvre avec la FAO. Cette activité sera renforcée par notre équipe Europe, avec la participation de la France et de l’Allemagne.
De plus, nous avons déployé une assistance technique auprès du ministère des Eaux et Forêts qui a conduit cette année, entre autres travaux, une étude sur la situation et le niveau de préparation des opérateurs au nouveau Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE) qui s’applique au bois, ainsi qu’à d’autres produits tels que l’hévéa, l’huile de palme ou encore le cacao. Plusieurs mesures d’accompagnement ciblées seront ainsi lancées l’année prochaine.
Pour terminer, quels sont les perspectives et les principaux objectifs que l’Union européenne et le Gabon devraient se fixer pour renforcer leur partenariat dans les années à venir ?
L’avenir de cette relation s’inscrit dans le cadre plus large du partenariat Union européenne-Union africaine. Le prochain sommet entre les deux continents se tiendra les 24 et 25 novembre à Luanda (Angola) et donnera une nouvelle dynamique à nos priorités communes : le soutien au multilatéralisme pour la paix et la sécurité ; l’agenda de prospérité par des chaînes de valeur conjointes et une transformation des économies africaines qui permettront à l’Europe de diversifier ses fournisseurs et, enfin, remettre l’humain au centre des préoccupations en donnant des perspectives à la jeunesse. Il me semble que cet agenda résonne totalement avec les priorités et la vision stratégique du Gabon.
Plus spécifiquement, je souhaite que nous puissions accompagner, dans la durée, trois domaines : les investissements qui restent indispensables au dynamisme économique, la gestion durable des ressources forestières pour conjuguer croissance économique et enjeux environnementaux et, bien sûr, l’accompagnement du Gabon sur le chemin de la bonne gouvernance.
Enfin, au-delà des thèmes d’intérêt commun, je forme le vœu que nous puissions continuer à travailler avec méthode, dans le respect mutuel, la confiance, la sincérité et la transparence.
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réuni le 3 octobre 2025 l’ensemble des responsables des régies financières à la présidence de la République. Au cœur des échanges, le retard observé dans la digitalisation de ces administrations, un chantier lancé il y a deux ans pour moderniser la gestion publique et renforcer la transparence.
« Comment restaurer et développer notre économie, et par la même occasion lutter contre la vie chère, si cette opération est à la traîne ? », a martelé le chef de l’État, visiblement agacé par la lenteur du processus. Au cours de la rencontre, le Président a dénoncé plusieurs pratiques qui plombent la performance de ces régies : surfacturations, rétrocommissions et doubles règlements. Autant de dérives qu’il entend éradiquer pour rétablir la confiance et garantir une gestion saine des finances publiques.
Dans la même veine, le président de la République a instruit la réalisation d’un audit des baux administratifs et des ordres de paiement (OP), ainsi que la domiciliation bancaire des comptes d’entreprises opérant dans les secteurs minier et pétrolier. Ces mesures visent à sécuriser les flux financiers et à améliorer la traçabilité des transactions.
Aussi, le chef de l’État a-t-il fixé le mois de décembre 2025 comme délai de rigueur pour la mise en œuvre complète du processus de digitalisation. Une échéance qui traduit sa détermination à engager une véritable rupture avec les anciennes pratiques et à instaurer une culture de redevabilité au sein de l’administration publique.
Malgré les mesures d’interdiction prises par la mairie, le commerce ambulant de produits alimentaires reprend de plus belle à Libreville. Faute de suivi et de contrôle sur le terrain, l’arrêté municipal relatif à l’hygiène et à la salubrité est resté lettre morte. Un constat d’échec qui expose les consommateurs, notamment les enfants, à des risques sanitaires élevés, soulevant de sérieuses questions sur l’efficacité des autorités.
La promulgation de bonnes lois dépend toujours de leur applicabilité. Dans le cas de la mesure salutaire interdisant le commerce ambulant de produits alimentaires, l’application se heurte à des entraves. Les vendeurs ambulants, qui avaient quelque peu freiné leur activité, ont repris leur commerce avec une ardeur redoublée, illustrant le manque d’efficacité de l’arrêté municipal.
Pour la protection des consommateurs, la mairie de Libreville avait justifié cette interdiction en pointant la mauvaise manipulation des aliments et l’exposition des clients à des risques sanitaires élevés. Or, la mesure semble inopérante, faute de suivi sur le terrain. Les saisies menées aux premiers jours de l’entrée en vigueur de l’arrêté n’ont eu aucun effet dissuasif. Ces opérations rappellent celles de « libérez les trottoirs », annoncées à grands renforts médiatiques, mais sans conséquences durables sur les commerçants, qui semblent défier les autorités municipales.
Les abords des écoles, nouveaux foyers de contamination
Pour la santé de la population, et surtout pour la préservation de celle des enfants, les autorités ne peuvent plus se limiter à interdire la vente dans les rues. Les abords des écoles constituent également un lieu où les petits écoliers sont attirés par des sucreries et autres « gâteaux bedoumes », dont les conditions de préparation demeurent un secret bien gardé.
Récemment, des « fabriques » de ces gâteaux ont été découvertes dans des hangars insalubres, aux allures de porcheries, suscitant l’indignation de la population. Trois jours après cette découverte nauséeuse par les services de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), le sort réservé à ce problème de santé publique demeure inconnu. Le spectre de la corruption pèse sur l’issue de l’affaire.
Aujourd’hui, des poussettes remplies de viennoiseries sont tirées à longueur de journée par des marchands dont l’hygiène corporelle et vestimentaire laisse à désirer. Conscients que les consommateurs, et notamment les tout-petits, ne sont pas exigeants sur la propreté, les vendeurs ambulants ne regardent que leur gain, au détriment de la santé de leurs clients.
À quelques jours du second tour des élections législatives prévu le 11 octobre 2025, le ministre de l’Intérieur et président de la Cnocer, Hermann Immongault, a procédé à un recadrage ferme. Dans une adresse en ligne le 5 octobre, il s’est directement adressé aux 77 présidents des commissions électorales pour garantir un déroulement irréprochable de cette étape déterminante de la transition démocratique.
Face aux enjeux de ce second tour, le ministre Immongault a insisté sur l’impératif de respecter les principes fondamentaux qui doivent guider l’action de chaque commission. Il a rappelé avec force la nécessité d’une rigueur absolue dans l’application des procédures, d’une neutralité sans faille vis-à-vis des candidats et des partis, et d’une transparence totale dans toutes les étapes du processus électoral.
Selon lui, ces qualités sont indispensables pour garantir la crédibilité du vote à venir. L’adresse a mis en lumière la responsabilité individuelle et collective qui pèse sur les épaules de ces 77 présidents, garants de la sincérité des urnes.
Le second tour des législatives est perçu comme la phase finale de la transition démocratique du pays. En ce sens, Hermann Immongault a exhorté les responsables des commissions à œuvrer pour un scrutin apaisé et exemplaire.
Son message se veut un appel à la vigilance et au professionnalisme de tous les acteurs afin que ce vote du 11 octobre confirme l’engagement du pays vers une gouvernance démocratique consolidée et acceptée par tous. L’issue de ce scrutin déterminera la composition de la prochaine Assemblée nationale, jouant un rôle déterminant dans l’avenir politique du Gabon.
Ce rappel fait suite aux dysfonctionnements et irrégularités qui ont émaillé le premier tour des législatives et les élections locales, tenues concomitamment. Ces manquements, largement dénoncés par les candidats qui ont appelé à l’annulation du scrutin, ont mis en lumière la défaillance de nombreux présidents de commissions électorales. Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs procédé au remplacement de six d’entre eux le 30 septembre dernier.
La chanteuse gabonaise Annie Flore Batchiellilys traverse une période difficile. Son Centre culturel Mighoma, ouvert le 21 janvier 2025 à Akanda, a dû fermer ses portes faute de moyens financiers. Entièrement financé sur ses propres fonds, le projet n’a pas pu continuer à fonctionner.
« Toutes les charges de fonctionnement étaient devenues un gouffre », a expliqué l’artiste à nos confrères du site en ligne .Com. Depuis cette déclaration, la nouvelle a largement circulé sur les réseaux sociaux. Beaucoup y voient un véritable cri de détresse et espèrent que des personnes sensibles à la culture gabonaise se mobiliseront pour l’aider à relancer son initiative.
Pendant les neuf mois où il a été actif, le Centre Mighoma avait réussi à devenir un lieu de rencontre et de partage. De nombreux artistes s’y produisaient, offrant au public des spectacles mêlant tradition et modernité. Les familles y venaient pour passer des moments agréables et découvrir des talents du pays.
Au-delà des concerts et animations, le centre portait aussi plusieurs petits projets culturels destinés à valoriser la diversité et la richesse du patrimoine gabonais. Aujourd’hui, Annie Flore Batchiellilys garde espoir que son projet trouvera du soutien pour renaître et continuer à faire vivre la culture gabonaise.
Lors d’une conférence de presse tenue le 3 octobre, le sélectionneur des Panthères du Gabon, Thierry Mouyouma, a tiré la sonnette d’alarme : le championnat national doit reprendre au plus vite.
Pour lui, cette relance est essentielle, surtout que le Gabon est qualifié pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) et dispute actuellement les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Thierry Mouyouma s’inquiète des conséquences de l’arrêt prolongé du championnat local, qui devait justement servir à former et préparer les joueurs nationaux. « L’absence de compétition au pays nous pousse à compter presque uniquement sur les joueurs qui évoluent à l’étranger pour garder un bon niveau », a-t-il expliqué. Le coach estime que cette dépendance n’est plus tenable. « On ne peut pas se reposer uniquement sur les expatriés, car les blessures ou les imprévus peuvent arriver à tout moment », a-t-il ajouté.
Avec la CAN qui approche à grands pas, le sélectionneur insiste sur l’importance d’une préparation sérieuse et complète pour que les Panthères soient prêtes à défendre fièrement les couleurs du Gabon.
Le ministère de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation a annoncé ce dimanche la date de la reprise des élections législatives et locales dans les circonscriptions et centres de vote où le double scrutin du 27 septembre 2025 a été annulé. Les électeurs concernés sont désormais convoqués aux urnes le samedi 18 octobre 2025.
Le ministre de l’Intérieur, également président de la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), a officialisé cette décision par voie de communiqué de presse. Cette reprise se fait « conformément au décret numéro 0380/PR/MISD du 1er octobre 2025 », qui porte sur la convocation du collège électoral pour ces sièges spécifiques.
L’annulation du double scrutin du 27 septembre dernier touche quatre zones distinctes, réparties sur le territoire national et dans la diaspora. La reprise du scrutin le 18 octobre concernera donc : le 1er siège de la commune de Ntoum (Estuaire), le 1er siège du département de Lékoni Lékori (Haut Ogooué), la commune de Moabi (Nyanga), ainsi que le centre de vote de Rennes en France, qui représente une partie du 2e siège de l’étranger.
Le communiqué souligne que cette démarche fait suite à une saisine de la Cour Constitutionnelle, visant à garantir la régularité du processus électoral. Dans un souci d’assurer le bon déroulement de cette nouvelle étape démocratique, le ministre lance un appel solennel aux citoyens. Il « appelle au sens patriotique et de responsabilité des uns et des autres afin que ce scrutin se déroule dans le calme et la sérénité », peut-on lire.
Avec l’organisation de ces nouveaux scrutins, le ministère de l’Intérieur confirme sa détermination à corriger les dysfonctionnements du 27 septembre. C’est sous le sceau de la régularité que les regards se tournent désormais vers le samedi 18 octobre.