Face à la crise des déchets qui asphyxie la capitale et ses environs, l’exécutif tape du poing sur la table. Le Grand Libreville traverse une crise environnementale majeure, caractérisée par une accumulation spectaculaire d’immondices.
Dans la grande majorité des quartiers et au niveau des principaux carrefours névralgiques, les décharges sauvages prolifèrent, bravant quotidiennement les calendriers théoriques de collecte. Cette défaillance logistique engendre des conséquences sanitaires alarmantes, favorisant la prolifération de vecteurs de maladies tels que les rats et les chiens errants, tout en infligeant une dégradation sévère au cadre de vie des populations locales. Devant l’urgence, le gouvernement a sommé les municipalités de Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum d’engager une contre-offensive immédiate.
« Nous sommes en guerre » : l’ultimatum d’Hermann Immongault
Réunis le 15 septembre 2026 pour plancher sur le Plan d’action intercommunale, les maires des quatre communes concernées ont été mis face à leurs responsabilités de manière frontale par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Rompant avec les éléments de langage diplomatiques, ce dernier a employé une rhétorique martiale : « Nous sommes en guerre ! », a-t-il lancé à l’endroit des édiles, avant de leur fixer un ultimatum strict de trois mois pour nettoyer de fond en comble leurs territoires respectifs. Pour l’exécutif, l’échéance est fixée à janvier 2027, les communes du Grand Libreville doivent impérativement présenter un nouveau visage. Le message gouvernemental est sans ambiguïté : l’heure n’est plus aux colloques ni aux planifications théoriques, mais à l’action concrète et immédiate sur le terrain.
Fin de la tolérance pour l’incivisme et activation des sanctions
Pour le vice-président du gouvernement, la résolution de cette crise structurelle repose sur deux leviers indissociables : l’optimisation opérationnelle de la collecte des déchets et une tolérance zéro à l’égard de l’incivisme ambiant. Hermann Immongault a formellement instruit les maires de déployer massivement leurs brigades municipales afin de réprimer sévèrement les comportements qui altèrent le domaine public. Visant directement le manque de fermeté constaté jusqu’alors, il a tancé les responsables municipaux : « Quand on dit qu’on doit sanctionner, pourquoi vous traînez ? ». Citoyens négligents et opérateurs économiques hors-la-loi sont prévenus, l’arsenal répressif prévu par les règlements municipaux va être appliqué de manière systématique.
Le compte à rebours est lancé
L’étau se resserre donc autour des administrations locales du Grand Libreville. Au cours des douze prochaines semaines, l’obligation de résultats sera le seul indicateur de performance valable pour les municipalités. Le gouvernement gabonais, sous l’impulsion des orientations du chef de l’État, entend transformer une gouvernance municipale souvent jugée passive en une machine administrative efficace, capable de traduire les décisions politiques en changements tangibles et visibles au coin de chaque rue.
