Face aux inquiétudes des membres du Mouvement national des volontaires, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a choisi l’explication, la transparence et le dialogue direct pour désamorcer les tensions autour des postes budgétaires.
Le climat était tendu ce 18 mai 2026 devant le ministère de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités. Réunis dès les premières heures de la matinée, les membres du Collectif du Mouvement national des volontaires, anciennement Mouvement des chômeurs du Gabon, sont venus réclamer des clarifications sur l’attribution des postes budgétaires promis dans le cadre des engagements pris par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Plutôt que d’ignorer la contestation, la ministre Laurence Ndong a choisi la voie du dialogue direct. Reçus au ministère, les responsables du collectif ont eu droit à une longue séance d’explications sur les mécanismes administratifs qui encadrent les recrutements dans la Fonction publique.
« Les intégrations commencent au Budget »
Dans un discours pédagogique, Laurence Ndong a tenu à démontrer que les blocages dénoncés ne provenaient pas de son administration. « Les intégrations à la Fonction publique ne commencent pas au ministère de la Fonction publique, elles commencent au ministère du Budget », a-t-elle expliqué, rappelant qu’un recrutement implique automatiquement une prise en charge salariale par l’État.
La ministre a insisté sur la nécessité de préserver « la soutenabilité budgétaire » afin d’éviter une explosion de la masse salariale susceptible de fragiliser les finances publiques. « Il vaut mieux que chacun ait un peu chaque mois plutôt que de vouloir prendre beaucoup et ne plus pouvoir payer personne », a-t-elle averti.
Des dossiers arrivés hors cadrage budgétaire
Le membre du gouvernement a également révélé l’origine du retard : bien que les postes aient été accordés en 2024 par le chef de l’État, les dossiers des concernés ne seraient parvenus à la Fonction publique que le 21 janvier 2026, donc « en dehors du cadrage budgétaire prévu ».
« Personne ne s’est assis sur vos dossiers. Personne ne les a bloqués », a assuré Laurence Ndong, évoquant plutôt « des lenteurs administratives héritées d’un système qui a longtemps dysfonctionné ».
Le pari de la transparence et des réformes
Soucieuse d’éviter toute déformation des échanges, la ministre s’est ensuite rendue elle-même devant les manifestants rassemblés au portail du ministère pour leur expliquer, avec détails, les procédures administratives et les solutions envisagées.
Elle a notamment mis en avant la réforme du « guichet unique », destinée à accélérer le traitement des dossiers en regroupant dans une même salle tous les signataires administratifs.
À l’issue de la rencontre, les responsables du mouvement ont salué « des réponses claires et rassurantes ». Une séquence qui traduit la volonté affichée par les autorités de restaurer la confiance entre administration et citoyens. En filigrane, le pouvoir entend surtout démontrer que sous l’impulsion de Brice Clotaire Oligui Nguema, chaque situation administrative héritée du passé sera examinée, régularisée et traitée dans le respect des équilibres de l’État comme des attentes sociales.