Le 28 avril dernier, le siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à Libreville a vibré au rythme des élections professionnelles. Malgré un démarrage laborieux dû à des incidents techniques, le scrutin s’est tenu dans un calme exemplaire, posant les jalons d’un dialogue social renouvelé, bien que marqué par une participation en demi-teinte.
Le décor était planté dès l’aube sur l’ensemble du territoire national. A la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’enjeu était de taille : pourvoir 11 sièges de représentants du personnel, répartis entre trois collèges électoraux (cadres, agents de maîtrise et exécutants). Cinq forces syndicales, (le Synatra, le Sypross, le Syna-CNSS, le Syp-CNSS et le Synapps) se sont affrontées dans les urnes, chacune avec l’ambition de porter la voix des agents au sein de l’institution.

Si l’atmosphère est restée sereine, la logistique a, elle, connu quelques ratés. En début de matinée, les couloirs de la CNSS ne reflétaient pas l’effervescence attendue. La cause ? Des complications organisationnelles qui ont cloué les urnes au sol pendant plusieurs heures. «Nous avons malheureusement rencontré de graves problèmes techniques qui ont retardé l’ouverture du vote », a admis Marc Joël Batchielily, président du bureau de vote. Ce contretemps n’est pas resté sans conséquence : la fenêtre de vote s’étant réduite, une partie des agents, contraints par leurs obligations de service, a dû renoncer à glisser son bulletin dans l’urne.
Une participation au compte-gouttes
Les chiffres traduisent cette journée en dents de scie. Sur un collège électoral de 890 inscrits, seuls 182 votants se sont exprimés, scellant un taux de participation de 16,54 %. Une affluence modeste qui s’explique par ce déficit de temps, paramètre pourtant crucial dans la mobilisation en milieu professionnel.
Pourtant, sur le plan de la transparence, le contrat semble rempli. Le dispositif, encadré par le président du bureau, deux assesseurs et les représentants de la direction générale comme des syndicats, a veillé au grain. « Les résultats seront centralisés par la commission électorale, sous la direction du responsable du capital humain, et communiqués prochainement », a rassuré Marc Joël Batchielily.

L’ombre d’une invalidation ?
Le scrutin est-il pour autant tiré d’affaire ? La question reste en suspens. Avec un taux de participation avoisinant les 16 %, l’interrogation sur la validité juridique de l’élection plane. Certains textes réglementaires imposent en effet un quorum minimal pour valider ce type de consultation.
Il appartiendra désormais aux instances compétentes de trancher : valider le vote au nom de la continuité du dialogue social ou convoquer un second tour pour pallier les couacs du premier. En attendant le verdict officiel, cette journée rappelle qu’en matière d’élection, la mécanique logistique est aussi vitale que l’engagement des électeurs.


