Le présent article a pour vocation de récentrer le débat et permettre que chacun connaisse sa place et y demeure, pour faire sa part. Ainsi, on devrait avancer ensemble vers le développement.
NB Si la base (notre fondation spirituelle, notre intelligence) ne change pas, les fruits ou résultats attendus eux non plus ne changeront pas.
J’ai noté, pour le regretter, que des sujets très sérieux relatifs à notre avenir commun, tels que la Justice, le développement et surtout le niveau des investissements publics et leur pendant : le partage des richesses nationales (les postes administratifs et les revenus budgétaires, particulièrement dans la Bayi-Brikolo), sont souvent traités avec légèreté, nonchalance, voire irresponsabilité, surtout par ceux-là mêmes censés en être les acteurs principaux. C’est à croire qu’ils n’en comprennent ni les enjeux, ni les opportunités, ni la finalité.
Ainsi donc, au mieux, beaucoup de ces gens-là sont hors-sujet, et donc incapables d’apporter des solutions aux problématiques rencontrées ; et au pire, d’autres en font des prétextes pour régler des comptes très personnels à ceux qui décident de faire autrement et mieux.
C’est ainsi que même pour des sujets d’intérêt national, certains, presque toujours les mêmes, s’obstinent à ramener les débats nationaux importants aux niveaux local, clanique, familial et même villagois. Toutes choses qui conduisent à la division des familles et du pays tout entier. Or, notre « Vivre ensemble » est largement tributaire du traitement juste et équitable de tous les défis et problèmes collectifs rencontrés.
Fort de tout cela, Je choisis d’examiner cette problématique du développement de la Bayi-Brikolo par une approche plus globale et novatrice. Je suis bien conscient que l’essor du beau Département de la Bayi-Brikolo n’est pas un cas isolé ; d’autres départements du Gabon subissent les mêmes affres. Normalement, les problematiques de développement, traités avec sagesse et justesse, impulsent le développement du pays. Feu Émile GBAGUIDI, notre émérite Enseignant de Maths au LTNOB, nous rappelait souvent qu’il y a de faux-problème, à vite évacuer, et de vrais Problèmes, auxquels il faudrait apporter de Vraies Solutions. Ainsi en est-il par exemple du développement de la Bayi-Brikolo, ce département qui semble oublié de tous.
En rappel, un francais, « Économiste du Développement « , le célebrissime Réné Dumont, avait en son temps, dans les années 80-90, écrit un bouquin intitulé : « Et si l’Afrique avait refusé le développement ? »
Cette question ou problématique, toujours d’actualité surtout en Afrique Centrale, est toujours pertinente dans nos États, tant aux plans macro-économique que microéconomique. Si donc nous voulons en effet impulser le développement, il nous faudrait identifier très méthodiquement certaines conditions communes à tous les États qui ont fini par se développer, à commencer par une très bonne planification des étapes à court, moyen et long termes. C’est en effet une hérésie de vouloir atteindre les mêmes objectifs tout en refusant de faire ce que les autres ont fait.
Ainsi donc, en quatre point, nous allons répondre aux idées reçues, souvent très opposées de la vérité.
1)- Point sur la grandeur et la solidité des profondes racines culturelles
La Bayi-Brikolo, c’est le terroir d’un Peuple : les Ambahama. Au Gabon, leur base sociologique et culturelle est profonde.. Aboumi est donc leur unique ville, leur Capitale, leur porte d’entrée au Gabon actuel si on tient compte des migrations Bantu.
Toutes les villes du Haut-Ogooué sont historiquement représentatives d’une ethnie originelle. Sauf erreur de ma part. Ainsi, Léconi, Onga, Akiéni, Ngouoni et Bongoville sont des villes Téké. Okondja est Kota. Masuku est Ndumu. Moanda est Awandji. Mounana et Bakoumba sont Nzébi. Boumango est la ville des Wumbu ou Bahoumbou. Quant à Mbungu Baduma, les Ambahama et Aduma se partageraient la paternité. Dans ce microcosme altogovéen, les Ambahama seraient le groupe ethnique le plus nombreux. On les retrouve dans au moins 80% des « villes des autres » du fait des migrations et de l’exode rural. Aboumi leur Capitale est aujourd’hui une bourgade d’environ 3000 âmes, avec un déficit infrastrurel criard. Seuls quelques fonctionnaires y exercent, en plus du personnel des deux petites collectivités locales. On pourrait objectivement affirmer qu’Aboumi est la dernière des villes du Haut-Ogooué en termes de développement. Là-bas, le chômage y atteint les sommets.
Aussi, lorsqu’on regarde à la légère le Département de la Bayi-Brikolo, on serait tenté de croire que les ressortissants de cette région ont tourné le dos au développement. Ce qui est totalement faux. Les Bayi-Brikolois, tous des Ambahama, aspirent eux aussi au développement. Mais la méthodologie choisie semblerait leur faire défaut. Ils sembleraient manquer de leadership, de Vision, de stratégie, d’unité et de cohésion. Bien plus, sans impulsion de l’État, cette mission devient utopique.
2)- Qui doit porter le développement : l’Etat ou les cadres ?
Le vrai faux débat dans la Bayi-Brikolo (Ngami) résulte principalement de la fausse idée selon laquelle ce serait à tous ses Cadres d’impulser le développement à Aboumi, notamment « en construisant leurs maisons au village ».
Distillé insidieusement et pernicieusement dans l’esprit des populations autochtones depuis des décennies, ce raisonnement hérétique et surtout fallacieux s’est transformé en une forteresse, une muraille qui s’est enracinée dans l’entendement des pauvres populations, particulièrement les moins lettrées.
C’est ainsi que les Cadres sont devenus les boucs-émissaires des politiques publiques invisibles à Bayi-Brikolo, à leurs corps défendant. En rappel, il est des missions qui relèvent exclusivement de la compétence de l’État et ses demembrements. Et nul ne peut et ne doit se substituer à l’État. C’est donc à l’État d’assumer cet abandon des populations bien consommé, depuis des décennies, là où la promotion de leur bien-être fait partie de ses missions.
Quant aux Cadres, Livrés à la vindicte populaire Bayi-Brikoloise, ils rappellent opportunement aux politiques qu’aucun texte ne leur impose de construire dans leurs villages respectifs. Cela relève de leur souveraineté, de leur vie privée, de leurs vision et objectifs d’investissement, de leurs intérêts, d’une part. Bien plus, qui mieux que les Cadres sait que la même villa, construite à Franceville coûterait le double à minima, rendue à Aboumi ? Pourquoi ? Parce que l’acheminement des matériaux, en tenant aussi compte du coefficient d’éloignement, de l’état de la route et surtout des frais d’entretien et de gardiennage, font que le coût de revient devient dissuasif. Les Cadres savent évaluer le coût d’opportunité.
3)- Que pèsent financièrement les cadres de la Bayi-Brikolo ?
En utilisant l’allégorie ou métaphore de la boxe, on pourrait dire que chez les Cadres, il y a plusieurs catégories : les poids lourds, les mi-lourds, les super-welter, les welter, les poids plumes, coqs, etc.
Vue comme telle, la bonne question est donc de savoir combien sont-ils ? Que valent et pèsent financièrement les boxeurs Cadres de la Bayi-Brikolo ? Combien sont-ils prêts à investir au village, pour contribuer en priorité au développement de leurs ville et villages, comparativement aux Cadres des autres Départements du Gabon ? Toute la problématique est à ce niveau. Là se situe le vrai débat. Et la réaction du Gouvernement est très attendue sur ce point.
En effet, le Gouvernement devrait publier ses chiffres en fonctionnement et investissement au profit de chaque département. Les gabonais ont le droit de savoir comment localement et annuellement l’État prend soin d’eux et dans quelles proportions.
Pour notre part, sauf erreur ou ommission, au moment où cet article est rédigé, Bayi-Brikolo n’a jamais eu un Fils Président d’Institution constitutionnelle ou Ministre. Aujourd’hui encore, il n’a aucun SG, aucun DG, aucun PCA, aucun Général, aucun leader politique charismatique pour fédérer tout le monde à la base autour d’un idéal républicain.
Bien plus, à Ngami, la pauvreté y est solidement et durablement établie
C’est au point où « les 10 postes électifs réservés », à savoir : le Sénateur, le Député et leurs deux suppléants, les Présidents de Conseils départemental et municipal, ainsi que les 4 membres de leurs bureaux respectifs, qui perçoivent certes des salaires garantis pendant la durée de leurs mandats, mais toutefois insuffisants, ces dix postes aiguisent malgré tout tous les appétits.
En effet, les élections politiques sont ouvertes à tous les profils possibles et leur corollaire qu’est l’argent facile, sont devenues la principale source de revenus. Hors de la politique, point de salut professionnel. La culture du café, source principale de revenus des autoch ayant été abandonnée depuis des décennies par la Caisse Café d’Okondja.
À Bayi-Brikolo, du fait de l’extrême pauvreté, les joutes électorales sont devenues une questions de vie ou de mort, de ruée vers l’or, où tous les coups, même les plus tordus, sont possibles. Et les victoires, souvent obtenues de façon rocambolesque, créent une dangereus jurisprudence sur l’impunité. Les lendemains électoraux à Ngami ont rarement été de tout repos. Tout cela, les autorités politiques nationales le savent depuis toujours.
Quant aux jeunes diplômés mais sans emplois, ils sont aussi desabusés que ceux qui n’en ont pas.
En effet, leurs parents les ont toujours rassurés sur une équation simple, à savoir : » 1 Diplôme = 1 Emploi ».
Aussi, Diplômés une fois devenus, ces étudiants ne comprennent pas pourquoi l’accès au travail leur est désormais interdit quand dans le même temps, leurs collègues d’autres régions eux, trouvent du travail.
Comment dans ces conditions, fait-on alors pour impulser réellement le développement dans la Bayi-Brikolo où même la route est scabreuse ?? Et qui doit le faire ??
4)- Prise de conscience et marche vers l’avant
Aujourd’hui, par pur réalisme, on a fini par comprendre et admettre que tous ces jeunes ne peuvent pas tous devenir des fonctionnaires. Il y a donc lieu de changer de paradigme et de mentalité, en décidant de créer et gérer nos propres affaires et entreprises, à l’exemple de beaucoup d’autres gabonais. Car on peut aussi réussir sans diplômes universitaires.
Dans cette optique et à titre d’exemples, la réussite professionnelle et personnelle de trois (3) jeunes originaires de la Bayi-Brikolo résonne comme un écho positif et encourageant.
Il y a d’abord le cas de la Diva Amanda Amandine Yavavah, La Reine d’Empire, notre fierté nationale et Star internationale. Elle a commencé par le chant. Trente ans plus tard, elle a renforcé et diversifié son portefeuille économique. Outre le chant, Amandine a aujourd’hui une Maison de Production, un Studio d’enregistrement et bar-restaurant avec espace pour le spectacle et le soutien à d’autres jeunes artistes gabonais.
Même si elle vit et travaille à Libreville, Amandine emploie d’aujourd’hui une dizaine de personnes au moins.
Il y a ensuite Pamphile Yanga Ossaloyigha, un homme d’affaires dans le BTP. La prospérité de sa PME à réellement commencé lorsqu’il a définitivement tourné le dos à la Politique politicienne facon Bayi-Brikolo, pour se consacrer principalement à son business. Lui aussi emploie quelques Gabonais.
Enfin, le cas d’une PME familiale créée par des ressortissants d’Aboumi, qui se sont détournés de la Politique et ont ouvert des restaurants de marque « La Paulinette » à Libreville et Franceville. Pour leur approvisionnement en produits frais totalement gabonais, sortis droit des forêts de la Bayi-Brikolo, ils ont sécurisé leur chaîne de production par des Experts es chasse, pêche et cueillette établis à Bayi-Brikolo et ailleurs.
Ces jeunes sont devenus aujourd’hui des modèles, des exemples à suivre. Chacun d’eux évolue dans son domaine. Aucun d’eux n’est universitaire. Certes aucun d’eux n’a encore construit au village. Mais ça viendra avec le temps et la route. Ils nous démontrent tout est une question de foi en son destin et de travail. Il n’y a pas de sot métier, mais de sottes gens.
Se battre pour s’en sortir, les Bayi-Brikolois ont toujours su le faire. Ils ne sont pas moins intelligents que les autres gabonais. Toutefois, sans routes viables et sans marchés, il leur est difficile d’acheminer leurs produits agricoles vers Franceville et les autres villes. Quelqu’un a dit que « la route du développement passe par le développement de la route ».
C’est pour l’avoir très bien compris, que le Candidat Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé durant la campagne pour l’élection du Président de la République en 2025, d’une part à construire un établissement d’enseignement secondaire à Aboumi, dont les travaux avancent normalement en ce moment, et surtout à faire bitumer l’axe routier Alanga-Aboumi-Onga- Akiéni. Pour relier durablement quatre départements. Une double initiative présidentielle que nous saluons très fortement et chaleureusement ici. Car sans éducation et formation, point de transformations, point de développement.
Alors que le Gouvernement s’active à concrétiser ces deux projets structurants, nous dans la Bayi-Brikolo, entrvoyons déjà plus grand et plus loin : un Grand Marché sous-Régional drainant du monde des deux côtés de la frontière avec la République du Congo.
C’est ainsi que sur la même base du modèle économique qui fait la prospérité des populations de la Région des 3 frontières au Nord du Gabon et impactant 3 États : le Gabon, le Cameroun, et la Guinée Équatoriale, nous aspirons à nous inspirer de ce modèle bien intégré.
Nous sollicitons donc très respectueusement le Gouvernement gabonais, dans le cadre de l’intégration économique sous-régionale, de. Prévoir une petite extension d’environ 15 kilomètres de voie, pour nous connecter à la République du Congo, en traversant le fleuve Sébé.
Grâce à cette extension, les populations de la Bayi-Brikolo, de la Sébé-Brikolo, de la Djoué, de la Lékoni-Lékori et même au delà, pourront se retrouver avec celles de la République du Congo, dans une Zone de libre échange du genre le Marché Mondial, mais à l’Est du Gabon.
Pour nous, le Salut par le développement ne pourrait provenir entre autres que de cette opportunité aux avantages multiples. Parmi ceux-ci, la baisse des coûts de construction ou de revient des immobilières. C’est aussi celà que les populations du crû attendent de l’État.
Que chacun fasse sa part, et notre prospérité sera réellement partagée avec justesse.
Basile Hans Nganinga Mali (citoyen Gabonais originaire de Bayi Brikolo)