C’est la principale information que livre l’administrateur directeur général dans ce mini-entretien accordé hier au journal L’Aube. Il se réjouit de cette acquisition, qui vient compléter les activités de Mika Services, portant ainsi à quatre ses filiales, « complémentaires entre elles ». Patrice Revangue Zavrosa donne aussi les raisons et les implications de la reprise de Colas Gabon, en difficultés financières ces dernières années par manque de marchés. Lecture.
L’Aube. Monsieur l’Administrateur directeur général, il semble que votre entreprise, Mika Services, vient de renforcer ses capacités opérationnelles en faisant une importante acquisition. De quoi s’agit-il ?
Patrice Revangue Zavrosa : écoutez, la holding ACK annonce aujourd’hui qu’elle a repris les actions que Colas international détenait dans Colas Gabon. Cela signifie que la holding ACK reprend l’entièreté des activités, le personnel, le savoir-faire et le professionnalisme de Colas Gabon.
Cette acquisition vient compléter nos activités, notamment celles de Mika Services, Transform et SOLEO. Ainsi, la holding ACK gérera désormais quatre filiales, complémentaires entre elles, tout en s’ouvrant également vers des activités
extérieures.
Colas Gabon est connue surtout dans la construction des routes. Allez-vous maintenir ce segment ?
Colas Gabon, c’est surtout une technicité dans le domaine routier : la capacité de fabriquer des enrobés adaptés à un lieu et à une structure précise. Mais aussi de produire des agrégats, c’est-à-dire le gravier qui constitue la sous-structure des routes.
L’objectif de ce rachat est justement de disposer de ces intrants pour Mika Services, mais aussi de les rendre disponibles pour d’autres PME gabonaises ou entreprises qui en auraient besoin.
Nous récupérons également des actifs : des titres miniers, des installations de fabrication, mais surtout un personnel qualifié avec une expérience internationale dans la conception routière.

Colas Gabon était réputée également pour la qualité de ses travaux. Allez-vous maintenir ces standards ?
Bien sûr. Nous maintiendrons ces standards, tout simplement parce que nous conservons la principale force de l’entreprise : son personnel qualifié.
Ce personnel viendra renforcer celui de Mika Services et des autres filiales du groupe.
Pourquoi racheter une entreprise en difficulté, qui semblait en perte de vitesse ?
Disons que Colas avait moins d’opportunités de marché ces derniers temps. À l’inverse, Mika Services a obtenu de nombreux marchés, notamment grâce à sa capacité d’exécution rapide et à la qualité de ses ouvrages. Nous avons ainsi gagné la confiance de l’État.
Dans cette dynamique, il était important pour nous de disposer d’une filiale capable de nous fournir les intrants nécessaires à la construction routière : gravier, enrobé, béton, etc.
Comme dans toute acquisition, il existe des actifs et des passifs. L’enjeu est de valoriser l’équilibre entre les deux. Des ajustements seront nécessaires, ainsi que des investissements et de la formation pour améliorer les performances. Tout cela est prévu dans notre projet de groupe.
Je tiens à préciser que ce rachat a été possible grâce à la vision de notre PDG, M. Alain-Claude Kouakoua, qui a su identifier cette opportunité au moment où Colas souhaitait se recentrer sur d’autres activités.

Mais certaines voix avancent que ce qui vous intéressait dans cette acquisition, ce sont surtout les permis miniers de Colas. Que répondez-vous à ces affirmations ?
Ce n’est pas vrai du tout. Quand on parle de permis miniers, il s’agit des carrières permettant d’exploiter les agrégats pour les routes. Ces permis font effectivement partie des actifs de Colas. Nous aurions pu en demander nous-mêmes, mais le processus aurait été plus long, avec des investissements importants à prévoir pour les installations. Aujourd’hui, grâce à cette acquisition, tout est déjà en place.
Propos recueillis par Constant Mavoungou