Le bras de fer qui paralyse le système éducatif gabonais depuis décembre dernier semble enfin amorcer une phase de détente. Alors que la rentrée des classes après les congés de fin d’année s’est effectuée dans un climat de tension extrême marqué par le durcissement du mouvement mené par le collectif SOS Éducation, une avancée significative a été enregistrée ce lundi 12 janvier 2026. La ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a annoncé la clôture d’une phase préparatoire de négociations cruciale, menée durant tout le week-end pour dénouer cette crise.
L’issue de ces quarante-huit heures de discussions intensives s’est matérialisée par un acte administratif fort. Aux côtés de ses homologues de la Fonction publique et de l’Économie, la ministre a procédé à la signature d’un texte cadre pour sortir de l’impasse. « Nous avons paraphé un arrêté portant création d’une commission interministérielle », a déclaré Camélia Ntoutoume Leclercq, précisant que cet outil juridique est désormais le socle sur lequel reposent les espoirs de reprise des cours.
Un examen approfondi pour mettre fin au conflit
L’enjeu de cette nouvelle instance est de répondre point par point aux revendications de ce mouvement spontané, né de la base, qui cristallise la colère des enseignants. Selon les termes de la responsable du département de l’Éducation, « cet arrêté vise à examiner en profondeur les situations administratives et financières des personnels du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Instruction Civique, afin d’y apporter des solutions durables et équitables ». Cette approche transversale, impliquant les finances et la fonction publique, constitue la réponse de la tutelle au mécontentement exprimé sur le terrain.
Le dialogue, entamé le samedi 10 janvier, a permis de dégager des pistes de résolution qui seront examinées dès les prochaines heures. La ministre s’est d’ailleurs félicitée de la qualité des échanges qui ont prévalu durant cette phase préliminaire. « Au terme de deux jours de travaux intensifs, les commissions techniques ont transmis au Gouvernement des recommandations concrètes, fruits d’un dialogue transparent et constructif avec les représentants des enseignants », a-t-elle souligné dans sa communication officielle.

Vers une phase opérationnelle sous haute supervision
Le calendrier s’accélère désormais pour tenter de mettre un terme définitif à la grève. Dès demain, mardi 13 janvier 2026, la commission interministérielle se réunira au complexe scolaire d’Alibadeng pour entamer la phase opérationnelle des discussions. Ces travaux se dérouleront sous la haute supervision du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, signe de l’importance accordée par l’exécutif à la résolution de ce conflit social.
La ministre a réitéré la volonté des autorités de stabiliser le secteur de manière pérenne pour le bien de la communauté éducative. « Ensemble, nous poursuivons notre engagement en faveur d’une éducation de qualité et de meilleures conditions de travail pour nos enseignants, piliers de la Nation », a conclu Camélia Ntoutoume Leclercq.