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Gabon : Les nouveaux bacheliers face au défi des concours et des frais de dossier

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Alors que les résultats du baccalauréat viennent de tomber sur l’ensemble du territoire national, une seconde compétition, bien plus coûteuse, commence pour les nouveaux diplômés gabonais : celle des concours d’entrée aux grandes écoles. Facturés jusqu’à 20 000 francs CFA par dossier pour un nombre de places extrêmement restreint, ces examens imposent un lourd sacrifice financier aux familles. Entre impératif pédagogique de sélection et soupçons de mercantilisme, l’absence de régulation et de transparence du système pousse aujourd’hui à s’interroger sur l’urgence d’une réforme éthique et sociale sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le second tour du baccalauréat a été proclamé ce samedi 1er août sur l’ensemble du territoire national. Pour les nouveaux lauréats, une autre course s’ouvre désormais : celle des concours d’entrée dans les grandes écoles et les établissements d’enseignement supérieur. Cette dernière étape, présentée comme une sélection académique rigoureuse, pose une question de fond qui mérite d’être examinée : comment peut-on faire payer l’ensemble des candidats lorsque le nombre de places disponibles est dérisoire par rapport au flux de postulants ?

Le coût élevé d’une sélection drastique

Dans les prochaines semaines, les concours vont se multiplier. Pour y participer, les candidats devront constituer un dossier et s’acquitter de frais de participation pouvant atteindre 20 000 francs CFA. Rien de choquant en soi, si ces sommes correspondent à des dépenses administratives clairement établies. Le problème devient éthique lorsque plusieurs centaines de postulants sont autorisés à concourir pour une poignée de places seulement.

Prenons un cas de figure simple : 500 candidats déposent leur dossier, chacun paie 20 000 francs CFA, mais seulement 30 d’entre eux sont finalement retenus. Quelle est la justification d’un dispositif qui pousse 470 candidats à financer une sélection où leurs chances de réussite sont, statistiquement, presque nulles ? À ce niveau, le débat dépasse le simple montant demandé à chaque bachelier, il interroge le modèle même de recrutement.

Un fardeau financier pour les familles

Pour une famille gabonaise, 20 000 francs CFA représentent une somme non négligeable. D’autant qu’à ce montant s’ajoutent les frais de transport, les photocopies, l’établissement des pièces administratives et parfois l’hébergement pour les élèves venus de l’intérieur du pays. Déposer plusieurs dossiers dans différents établissements se transforme rapidement en un gouffre financier. Cette dépense majeure intervient, de surcroît, au moment précis où les parents doivent déjà planifier le budget de la rentrée universitaire.

Dès lors, une autre question s’impose : ces concours sont-ils organisés dans l’unique but de sélectionner les meilleurs profils, ou le système permet-il, accessoirement, de générer d’importantes recettes sur le dos des candidats ? Il serait excessif d’affirmer que les grandes écoles instrumentalisent ces examens à des fins purement mercantiles. Cependant, l’absence de transparence sur le nombre de places réelles, le volume de candidatures attendu et l’utilisation finale de ces frais alimente légitimement le scepticisme général.

Pour une régulation du ministère de tutelle

Le ministère de l’Enseignement supérieur doit impérativement se saisir de cette problématique. Il ne s’agit pas d’empêcher les établissements de filtrer leurs futurs étudiants, mais d’encadrer les modalités de candidature afin de protéger les familles contre une compétition financièrement inéquitable.

Pourquoi, par exemple, ne pas instaurer un système de présélection sur dossier avant d’exiger le paiement des frais de concours ? Pourquoi ne pas plafonner le nombre maximal de candidats autorisés à composer lorsque le numerus clausus est connu à l’avance ? Une filière disposant de 30 places pourrait, en amont, retenir 60 ou 90 candidats sur critères académiques pour la phase finale écrite. Une telle approche remettrait la méritocratie au centre du dispositif : moins de candidatures inutiles, moins de dépenses pour les ménages et une émulation saine.

Transparence et équité sociale

L’État dispose également d’un autre levier : imposer aux établissements une communication publique et rigoureuse. Le nombre de places disponibles, les critères de sélection, le montant exact des frais et leur affectation doivent être transparents. Une règle simple s’impose : le flou financier n’a pas sa place lorsqu’il s’agit de l’avenir de la jeunesse.

Le Gabon a besoin de grandes écoles performantes, mais il a tout aussi besoin d’un système d’enseignement supérieur équitable. Le concours doit être une passerelle vers l’excellence, et non une mécanique financière où la majorité paie le privilège de quelques-uns.

À l’heure où des milliers de jeunes viennent de décrocher leur baccalauréat, le ministère de l’Enseignement supérieur a l’opportunité de réformer ce système. Car si sélectionner 30 étudiants parmi 500 relève d’une nécessité pédagogique, faire payer les 500 sans interroger la moralité du dispositif constitue un débat que les pouvoirs publics ne peuvent plus esquiver.

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