Après deux années d’hibernation, le Réseau des journalistes panafricains (JPAP – section Gabon) veut visiblement revenir dans le jeu médiatique national. Et pour marquer ce retour, l’organisation a choisi une adresse symbolique : l’Assemblée nationale.
Conduite par son président Jean Rodrigue Bighoundou, une délégation du réseau a été reçue le 4 mai par le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, dans le cadre d’une prise de contact institutionnelle. Officiellement, il était question de présenter l’organisation et de solliciter l’accompagnement de la représentation nationale dans sa relance.
Sur le papier, le JPAP se présente comme une organisation professionnelle engagée dans la promotion d’une information de qualité au service du développement et de l’intégration africaine. Une ambition noble dans un environnement médiatique souvent fragilisé par le manque de moyens, la précarité des rédactions et l’érosion progressive de la crédibilité de certains acteurs. Mais derrière les formules institutionnelles, un constat s’impose : le réseau revient de loin. Deux années d’inactivité ont fortement ralenti sa visibilité et son influence dans le paysage médiatique gabonais.
Conscient de cette traversée du désert, le secrétaire général du réseau, Vibrian Asseko Ollomo, a déclaré la volonté de redonner un souffle nouveau à l’organisation. « Notre démarche s’inscrit dans une volonté de repositionnement stratégique, en promouvant un journalisme éthique et en renforçant les capacités des professionnels des médias », a-t-il déclaré. Un discours qui intervient dans un contexte où la profession journalistique tente de se réinventer, entre montée en puissance du numérique, concurrence des réseaux sociaux et prolifération de contenus non vérifiés.
En face, Michel Régis Onanga Ndiaye poursuit sa stratégie d’ouverture aux différents corps intermédiaires depuis son arrivée au perchoir. Le président de l’Assemblée nationale a salué l’initiative tout en invitant le réseau à renforcer sa structuration pour devenir, à terme, un véritable relais de valorisation des politiques publiques et de diffusion d’une information stratégique.
Dans un secteur où beaucoup d’organisations naissent avec enthousiasme avant de sombrer dans l’oubli, le véritable test commencera loin des salons feutrés de l’Assemblée nationale. Sur le terrain. Là où seule l’action fait foi.


