Le Palais Léon Mba, siège de l’Assemblée nationale, a prêté son cadre, vendredi, au rythme de l’histoire. La famille de Georges Damas Aleka y a présenté l’ouvrage biographique « Dans un ciel de concorde : Georges Damas Aleka, un homme dans l’histoire du Gabon ». Cette cérémonie, empreinte de solennité, a réuni le sommet de l’Etat pour célébrer celui qui offrit au pays son âme musicale : l’hymne national, La Concorde.
Devant un parterre de diplomates, de membres du gouvernement et de hautes personnalités, le président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye a salué la mémoire d’un prédécesseur illustre. Il a rappelé le symbole fort de cet hommage rendu dans l’enceinte même que le défunt a présidée durant onze ans, de 1964 à 1975.
Un portrait pluriel : poète, artiste et d’homme d’État
L’ouvrage, présenté avec émotion par sa fille Eveline Damas, lève le voile sur les multiples facettes de ce « père de la Nation ». Au-delà du politique, le livre explore l’univers du poète et de l’homme de culture. Pour l’auteure, cette biographie n’est pas seulement un devoir de mémoire familiale, mais une boussole léguée aux jeunes générations pour qu’elles s’approprient les valeurs de dignité et d’engagement de leur aîné.

Claude Damas Ozima, s’exprimant au nom de la lignée, a dépeint un homme dont l’amour pour le Gabon était la seule boussole. De « L’Homme Noir » à « La Marche de la Rénovation», chaque œuvre de l’illustre disparu témoigne de son rôle architectural dans la construction de l’identité nationale.
L’Etat s’engage pour le patrimoine
Présent à l’événement, le ministre de la Culture, Paul Ulrich Kessany, a réaffirmé l’impératif de transmission. Il a annoncé à cette occasion la volonté du gouvernement de rééditer les œuvres de Georges Damas Aleka, afin qu’elles intègrent durablement le patrimoine éducatif gabonais.

La cérémonie s’est conclue sur une note suspendue : les voix de la chorale « Le Chant sur la Lowé », unies à celles des filles du défunt, ont interprété un chant composé par Damas Aleka lors de son exil au Congo belge. Un moment de grâce qui a rappelé que si l’homme s’en est allé, sa voix, elle, reste éternelle.
L’architecte de La Concorde
Né en 1902 à Libreville, Georges Damas Aleka est bien plus qu’un homme politique. S’il a présidé l’Assemblée nationale de 1964 à 1975, il reste gravé dans l’inconscient collectif comme l’auteur-compositeur de « La Concorde », l’hymne national gabonais adopté à l’indépendance en 1960. Diplomate et écrivain engagé, il a consacré sa vie à l’édification d’une identité gabonaise forte, mêlant modernité politique et racines culturelles profondes.

