Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a infligé une amende de 50 millions de francs CFA au géant français de l’audiovisuel. En cause : le blocage persistant de l’accès gratuit aux chaînes publiques nationales, un dossier ultra-sensible en pleine transition souverainiste.
L’ultimatum du 11 juin 2026 est dépassé, la sanction est tombée. Entre le régulateur burkinabè des médias et Canal+ International, le bras de fer vient de franchir un cap purement financier, mais hautement politique. Selon les informations de l’Agence de presse burkinabè (AIB), le Conseil supérieur de la communication (CSC) a condamné l’opérateur français à une amende de 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros). Le grief est lourd : non-respect caractérisé de ses obligations contractuelles sur la diffusion des chaînes publiques.
Le nœud de la discorde, la gratuité totale de la RTB
Au cœur de cette crise se trouve une question d’accès à l’information nationale. Le CSC reproche au groupe audiovisuel de brider l’accès en clair aux antennes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) sur le territoire national. Pour le régulateur, la règle est pourtant simple : chaque citoyen équipé d’un décodeur doit pouvoir regarder les chaînes publiques. Cet accès doit rester garanti, même lorsque l’abonnement mensuel a expiré, sans aucune condition restrictive ni démarche administrative fastidieuse.
Cette exigence ne sort pas de nulle part. Elle découle d’une convention officielle signée entre le CSC et Canal+ International le 14 février 2025. A l’époque, les deux parties s’étaient accordées sur la nécessité de sanctuariser le service public audiovisuel au Burkina Faso.
Un protocole technique jugé abusif
Malgré un premier sursis accordé pour adapter ses infrastructures, puis une mise en demeure formelle envoyée en avril 2025, la multinationale française n’a pas convaincu le régulateur. Sur le terrain, les équipes techniques du CSC ont constaté la persistance de barrières d’accès.
Pour réactiver le signal gratuit de la RTB après la fin de leur forfait, les usagers burkinabès étaient contraints d’envoyer un SMS de validation. Une étape jugée abusive et illégale par le gendarme des médias, qui y voit une tentative déguisée de restreindre le libre accès à l’information d’État. Le CSC estime que Canal+ a délibérément violé les termes essentiels de leur accord.
La décision du CSC prend désormais la forme d’un compte à rebours rigoureux. Canal+ International dispose d’un délai strict de trente jours pour verser les 50 millions de francs CFA directement aux caisses du Trésor public burkinabè.
Parallèlement, l’opérateur bénéficie d’un second sursis d’un mois pour supprimer définitivement le système d’activation par SMS et libérer totalement le signal de la RTB. L’instance de régulation s’est montrée catégorique : si Canal+ ne se conforme pas à ces exigences dans les délais impartis, des sanctions beaucoup plus lourdes, pouvant aller jusqu’à la suspension de ses activités, seront immédiatement ordonnées.
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